vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1907562 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NATHOO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2019, M. B D, représenté par Me Nathoo, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2012.
Il soutient que :
- la SELARL de kinésithérapeutes Orlykiné, dont il était associé et cogérant, était fondée à se prévaloir en 2012 de l'exonération d'impôt sur les sociétés prévue à l'article 44 octies A du code général des impôts, dès lors qu'elle employait bien un salarié à temps plein dans un local situé dans la zone franche urbaine d'Orly, contrairement à ce qui a été retenu par le service ;
- le bailleur de la SELARL Orlykiné est revenu sur ses déclarations initiales selon lesquelles aucun salarié n'était jamais présent dans le local loué par la société en zone franche urbaine ;
- la SELARL Orlykiné n'avait pas besoin d'une ligne de téléphone fixe, et disposait de l'accès internet mis à disposition par le bailleur des lieux ;
- la circonstance que le gérant de la société a fait adresser les relevés bancaires à son domicile ne signifie pas qu'il n'y avait pas d'activité administrative sur les lieux loués ;
- de nombreuses livraisons de matériaux et de matériels de bureau ont été réalisés à l'adresse de la société.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SELARL Orlykiné, dont le siège est dans une zone franche urbaine, a placé l'exercice de son activité de kinésithérapie, sous le régime d'exonération prévu à l'article 44 octies A du code général des impôts. A l'issue d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, l'administration a remis en cause ce régime. La société relevant des sociétés de personnes, l'administration en a tiré les conséquences sur le revenu global de son cogérant et associé, M. D, en mettant à sa charge des suppléments d'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, imposables à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012. M. D demande au tribunal la décharge de ces suppléments d'imposition, en droits et pénalités.
2. Aux termes des dispositions de l'article 44 octies A du code général des impôts, dans leur rédaction applicable au présent litige : " I. - Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, créent des activités dans les zones franches urbaines définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 (.), ainsi que ceux qui, entre le
1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, exercent des activités dans les zones franches urbaines définies au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la même loi sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones () / Lorsque l'activité non sédentaire d'un contribuable est implantée dans une zone franche urbaine mais est exercée en tout ou partie en dehors d'une telle zone, l'exonération s'applique si ce contribuable emploie au moins un salarié sédentaire à temps plein ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité, ou si ce contribuable réalise au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines () ".
3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable remplit les conditions légales d'une exonération.
4. Les contribuables qui, lorsqu'ils possèdent des locaux situés à l'intérieur d'une zone franche urbaine tout en réalisant des actes en rapport avec cette activité en dehors de cette zone, exercent une activité de type non sédentaire, peuvent se prévaloir de ce dispositif fiscal de faveur, sous réserve que leur activité soit réellement effectuée dans la zone. Lorsqu'un redevable ne réalise pas au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines, l'implantation d'une activité dans une telle zone s'apprécie, pour le bénéfice de l'exonération prévue par l'article 44 octies A du code général des impôts, au regard de l'emploi d'au moins un salarié sédentaire à plein temps ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité.
5. Il résulte de l'instruction que la SELARL Orlykiné, créée le 1er décembre 2011, était domiciliée 38 rue du Docteur G à Orly en 2012, dans un local pris en sous-location situé dans la zone franche urbaine d'Orly. Il n'est pas contesté que l'activité de kinésithérapie était exercée en dehors de ce local, et que la société ne réalisait pas au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines. Selon M. D, l'exonération prévue par les dispositions précitées de l'article 44 octies A du code général des impôts trouvait néanmoins à s'appliquer dès lors que la société employait un salarié sédentaire à temps plein à son siège social. Pour remettre en cause ce régime d'exonération, le service a retenu que l'implantation par la société de moyens matériels en zone franche urbaine n'était pas démontrée. Il a relevé l'absence d'abonnement téléphonique ou d'accès internet contracté à l'adresse du siège social de la société, et se prévaut du droit de communication exercé auprès du bailleur de la SELARL Orlykiné, la SAS Courtain, selon lequel la société Orlykiné n'occupait jamais les locaux loués et ne se voyait donc refacturer aucune charge d'eau et d'énergie. Il est en outre mentionné dans la proposition de rectification adressée à la société, dont des extraits figurent en copie de la proposition de rectification du 8 juillet 2015 adressée à M. D, que les relevés de compte bancaire de la société étaient adressés chez M. A, gérant de celle-ci, ainsi que de nombreuses livraisons de matériel.
6. Pour démontrer la présence d'un salarié à temps plein de la société au local situé dans la zone franche urbaine d'Orly, M. D produit le contrat de sous-location des locaux situé 38 rue du Docteur G à Orly, plusieurs factures libellées à cette adresse, une photographie du local prise depuis la rue, deux photographies de l'intérieur des lieux, et un contrat de travail, aux termes desquels M. C F était employé en qualité d'agent polyvalent à compter du 1er décembre 2011, accompagné de douze fiches de paie pour l'année 2012. Il fait valoir que la SELARL Orlykiné disposait de l'accès internet mis à disposition par le bailleur des lieux, que l'absence de ligne de téléphone fixe s'explique par l'utilisation d'une ligne de téléphone portable, et que la livraison de matériaux et matériels de bureau en 2012 à l'adresse de la société, dont attestent les factures produites, démontre l'occupation effective de celle-ci. Il soutient que l'expédition des relevés bancaires à une autre adresse que celle du siège de la société ne démontre pas l'absence d'activité administrative dans les locaux de celui-ci. S'agissant du droit de communication exercé par l'administration auprès du bailleur de la société, M. D relève que la SAS Courtain ne payait pas ses propres loyers, et produit une attestation en date du 17 juillet 2015 du président de la SAS Courtain dans laquelle celui-ci, revenant sur les déclarations initiales faites au service, affirme d'une part " avoir vu quasi quotidiennement M. C F, venant relever le courrier dans [leurs] locaux ", et fait état d'autre part de ce qu'une consommation effective d'électricité, représentant 38 % du courant consommé depuis janvier 2012, a fait l'objet d'une facture de régularisation en date du
9 juillet 2015, facture produite par le requérant. Une attestation sur l'honneur du président de la SAS Courtain en date du 12 avril 2018, confirmant et précisant l'attestation du 17 juillet 2015, est aussi produite. Deux attestations de facteurs en date du 9 octobre 2015, mentionnant des rencontres depuis 2012 avec M. C F, et deux attestations de restaurateurs sont enfin produites.
7. Toutefois, l'ensemble de ces éléments ne permet pas de démontrer l'effectivité du travail salarié de M. C F, employé de la SELARL Orlykiné, dans les locaux sous-loués par la société dans la zone franche urbaine d'Orly, en dehors des tâches de collecte du courrier. Le service relève à bon droit qu'une seule des factures produites, d'un montant de
75 euros, mentionne une adresse de livraison au 38, rue G à Orly ; que l'abonnement internet supposément partagé par la SAS Courtain n'a jamais fait l'objet d'une refacturation ; que la refacturation de charges d'électricité par le bailleur ne fait état d'aucune ventilation des sommes selon les années et a été émise au cours du contrôle ; enfin que les déclarations contradictoires du président de la SAS Courtain empêchent de retenir ses attestations. Dès lors, le requérant ne justifie pas de la réalité de l'emploi, par la SELARL Orlykiné, d'un salarié dans les locaux sis à Orly en 2012.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 novembre 2022.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026