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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1908790

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1908790

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1908790
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSULTAN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2019 et le 29 mai 2020, M. B, représenté par Me Sultan, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017 à hauteur du bénéfice du dispositif " Scellier " au titre des investissements immobiliers réalisés en 2012 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il a souscrit et respecté au titre du dispositif " Borloo neuf " un engagement au moins équivalent à celui du dispositif " Scellier ", ce qui autorise une modification rétroactive de ses déclarations de revenus.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 mars 2020 et le 12 février 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 19 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Allègre,

- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a acquis les 23 août 2011 et 18 décembre 2012 deux bien immobiliers situés à Massy (Essonne) et a entendu bénéficier de la réduction d'impôt dite " Borloo neuf " prévue par l'article 31 du code général des impôts au titre des années 2015, 2016 et 2017 à raison de la location de ces logements. L'administration lui a refusé le bénéfice de cette réduction d'impôt au motif qu'elle n'était applicable qu'aux investissements réalisés entre le

1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009 et a procédé à la rectification de ses revenus. M. B demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge.

2. Aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts, dans sa version applicable aux investissements considérés : " I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () / III. - L'engagement de location mentionné au I doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit que le loyer ne doit pas excéder un plafond fixé par le décret prévu au troisième alinéa du h du 1° du I de l'article 31. / IV. - () La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année puis sur l'impôt dû au titre de chacune des huit années suivantes à raison d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années () ".

3. Les dispositions qui instituent un régime fiscal optionnel et prévoient que le bénéfice de ce régime doit être demandé dans un délai déterminé n'ont, en principe, pas pour effet d'interdire au contribuable qui a omis d'opter dans ce délai de régulariser sa situation dans le délai de réclamation, y compris celui prévu à l'article R*196-3 du livre des procédures fiscales. Il en va autrement si la loi a prévu que 1'absence d'option dans le délai qu'elle prévoit entraîne la déchéance de la faculté d'exercer l'option ou lorsque la mise en œuvre de cette option implique nécessairement qu'elle soit exercée dans un délai déterminé.

4. Les dispositions précitées du l'article 199 septvicies du code général des impôts ne prévoient pas la déchéance de la faculté d'exercer l'option à défaut de l'avoir exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Par suite M. B peut prétendre au bénéfice des dispositions prévues par l'article 199 septvicies du code général des impôts à condition toutefois qu'il ait pris, puis respecté, au titre de son option en faveur de la réduction d'impôt dite " Borloo neuf ", un engagement au moins équivalent à celui qui est imposé par les dispositions précitées.

5. Les dispositions d'incitation fiscale à l'investissement prévues par l'article 199 septvicies du code général des impôts dites " Scellier ", consistent, pour les propriétaires ayant acquis un bien entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, en une réduction d'impôt subordonnée à l'engagement du contribuable de louer le logement nu à usage d'habitation principale à une personne autre que lui-même ou un membre de son foyer fiscal pendant une durée minimale de neuf ans. L'engagement de location doit comporter, en outre, une mention prévoyant que le montant du loyer ne peut pas excéder le plafond fixé par décret.

6. Il résulte de l'instruction que l'administration conteste que M. B respecte les conditions d'éligibilité au dispositif " Scellier ". En réplique, M. B n'apporte aucune pièce permettant d'établir qu'il a, dans le cadre du dispositif " Borloo neuf " pris, puis respecté un engagement au moins équivalent à celui qui est imposé par le dispositif " Scellier ". Par suite, c'est à bon droit que le service a refusé de lui accorder le bénéfice de ce dernier dispositif.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Allègre, premier conseiller,

M. Pradalié, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 22 juin 2023.

Le rapporteur,

E. ALLEGRELe président,

D. LALANDE

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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