vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1908922 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SULTAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 octobre 2019, M. A B, représenté par
Me Sultan, demande au tribunal:
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- les déductions de frais kilométriques ont été, à tort, rejetées par l'administration fiscale, dès lors que, contrairement à ce que soutient celle-ci, il n'a pas fait usage du barème kilométrique publié à l'intention des salariés prévu par l'instruction BOI-BNC-BASE-40-60-40-20-2019082, mais qu'il a entendu déduire les frais de son véhicule automobile d'après leur montant réel et justifié, comme l'y autorise cette même instruction ;
- compte tenu des justificatifs des versements de pensions alimentaires pour les années 2014 et 2015 qu'il a apportés à l'administration fiscale, il était en droit de déduire la totalité des pensions alimentaires qu'il a versées au nom de ses 3 enfants ; par suite, c'est à tort que l'administration fiscale a réintégré dans sa base imposable la totalité des pensions alimentaires qu'il a versées en 2014 et le montant de pensions excédant 4 450 euros en 2015.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 octobre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au
14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dumas,
- et les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerce l'activité conseil et expertise en géomatique, cartographie des territoires et systèmes d'information géographique, a fait l'objet d'un examen de comptabilité au titre des années 2014 et 2015. Une proposition de rectification lui a été adressée le
15 décembre 2017. Par un courrier électronique du 11 avril 2018, M. B a présenté une demande de prorogation du délai de 30 jours qui a été refusée par le service au motif qu'elle a été déposée hors délai. Les droits et pénalités découlant de cette proposition de rectification ont été mis en recouvrement le 30 avril 2018. M. B a formé une réclamation préalable le
3 août 2018 pour contester le bien-fondé de ces impositions supplémentaires. Par une décision du 31 juillet 2019, le service a partiellement admis cette réclamation. M. B demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales qui restent à sa charge au titre des années 2014 et 2015.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la charge de la preuve:
2. Aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales: "A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification". Aux termes de l'article L. 57 du même livre: "L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours ()". Aux termes de l'article R. 194-1 du même livre: " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".
3. Il résulte de l'instruction que M. B a été avisé le 19 décembre 2017 du pli recommandé avec avis de réception lui notifiant, à son adresse à Pontault-Combault (Seine-et-Marne), la proposition de rectification en date du 15 décembre 2017. Ainsi, la demande de prolongation du délai, adressée au service par un courrier de son conseil en date du
11 avril 2018, et également transmise par fax et par courrier électronique le même jour, est intervenue au-delà du délai de trente jours prévu par les articles L. 11 et L. 57 du livre des procédures fiscales. L'intéressé doit ainsi être regardé comme ayant donné son accord aux rectifications. Par suite, la charge de la preuve de l'exagération des bases d'imposition incombe au requérant.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession () ". Quelle que soit la procédure d'imposition suivie à l'encontre du contribuable, il lui appartient de justifier que les sommes qu'il a déduites ou entend déduire de son bénéfice non commercial ont constitué des dépenses nécessitées par l'exercice de sa profession.
5. Quel que soit le mode de déduction réel ou forfaitaire des frais de véhicules, il appartient au contribuable de justifier par tous moyens le nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel au cours de l'année d'imposition.
6. M. B soutient que les déductions de frais kilométriques ont été, à tort, rejetées par l'administration fiscale, dès lors que, contrairement à ce que soutient celle-ci, il n'a pas fait usage du barème kilométrique publié à l'intention des salariés prévu par l'instruction BOI-BNCBASE-40-60-40-20-2019082, mais qu'il a entendu déduire les frais de sa voiture automobile d'après leur montant réel et justifié, comme l'y autorise cette même instruction. Toutefois, ainsi que le relève le service dans sa réponse à la réclamation préalable de l'intéressé, ce dernier n'a produit aucun justificatif des frais réels de ses déplacements au cours des années 2014 et 2015, alors que la charge de la preuve lui incombe. Dès lors, il n'est pas fondé à demander une déduction supplémentaire au titre des frais de déplacement des années 2014 et 2015.
7. En second lieu, aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé () sous déduction : () II. Des charges ci-après () 2° () pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil ". Aux termes de l'article 208 du code civil : "Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit ()".
8. M. B fait valoir que compte tenu des justificatifs des versements de pensions alimentaires pour les années 2014 et 2015 qu'il a apportés à l'administration fiscale, il était en droit de déduire la totalité des pensions alimentaires qu'il a versées au nom de ses 3 enfants et que c'est donc à tort que l'administration fiscale a réintégré dans sa base imposable la totalité des pensions alimentaires qu'il a versées en 2014 et le montant de pensions excédant 4 450 euros en 2015. Toutefois, contrairement à ce que soutient l'intéressé, qui se borne à reformuler un moyen déjà développé lors de sa réclamation préalable, le service, dans sa réponse du 31 juillet 2019 et au vu des justificatifs qu'il a produits, n'a admis aucune pension alimentaire versée à la mère de ses trois enfants au titre de l'année 2014, et uniquement 1 549,80 euros de versements à ce titre au cours de l'année 2015, au lieu des 6000 euros déclarés au titre de cette même année. Dans la présente instance, le requérant ne produit aucun justificatif permettant d'établir qu'il aurait versé une pension alimentaire à la mère de ses enfants au cours de l'année 2014 ou qu'il lui aurait versé plus de 1549,80 euros à ce même titre au cours de l'année 2015, alors que la charge de la preuve lui incombe. Dès lors, il n'est pas fondé à demander une déduction supplémentaire au titre des pensions alimentaires qu'il aurait versées au cours des années 2014 et 2015.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions du requérant aux fins de décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Dumas, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°190892
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026