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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1909233

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1909233

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1909233
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantWENISCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 14 octobre 2019, 27 mai 2020 et 16 avril 2021, M. et Mme C A, représentés par Me Wenisch, doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mis à leur charge au titre des années 2013 et 2014.

Les requérants soutiennent que :

- ils doivent obtenir communication des pièces relatives à la vérification de comptabilité de la SARL FB Sécurité ;

- les charges de la société ont été réglées à partir du compte bancaire personnel.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 mars 2020 et 19 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision de rejet de la réclamation préalable ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 février 2023 :

- le rapport de M. B ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) FB Sécurité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, à l'issue de laquelle elle a été rendue destinataire d'une proposition de rectification le 5 décembre 2016, selon la procédure de taxation d'office. Ayant constaté que M. C A, en sa qualité d'associé, avait perçu des sommes de cette société au cours des années 2013 et 2014, l'administration a adressé à celui-ci et son épouse une proposition de rectification le 12 décembre 2016. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre de ces mêmes années ont été mis en recouvrement les 31 mars, 30 avril et 30 juin 2017. Une réclamation d'assiette a été présentée le 4 juillet 2019 et rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date du 21 août suivant. Par la requête précitée, les intéressés sollicitent la décharge de ces impositions.

Sur la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".

3. A supposer qu'en demandant communication des principales pièces de procédure de la vérification de comptabilité de la SARL FB Sécurité, les requérants invoquent la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, il résulte de l'instruction qu'aucune demande de communication de telles pièces, qui au demeurant sont atteintes par le secret fiscal, n'est intervenue avant la mise en recouvrement des impositions en litige. Dans ces conditions, le moyen précité ne peut qu'être écarté.

Sur la charge de la preuve :

4. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification (), le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".

5. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C A n'ont pas produit d'observations dans le délai de trente jours à compter de la notification de la proposition de rectification du 12 décembre 2016. Il incombe donc aux requérants, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, de démontrer le caractère exagéré des impositions en litige.

Sur le bien-fondé des impositions litigieuses :

6. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".

7. Il résulte des mentions de la proposition de rectification du 12 décembre 2016 que l'administration a constaté que l'examen du compte bancaire ouvert auprès du Crédit Lyonnais au nom de la SARL FB Sécurité a montré que M. C A, associé de cette société, avait perçu de cette société par virements les sommes cumulées de 14 909 euros en 2013 et de 105 076 euros en 2014. Le service en a conclu que les sommes en cause constituaient des revenus distribués au sens de l'article 111 c du code général des impôts.

8. Si les requérants soutiennent que la société ne disposant d'aucun chéquier, le règlement des charges de la société en cause était effectué à partir de leur compte bancaire personnel, ils n'apportent aucune pièce justificative à l'appui de leurs allégations, alors que la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions leur incombe.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme C A ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. et Mme C A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

P. B La présidente,

I. BILLANDON

La greffière,

C. BOURGAULT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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