LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1909801

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1909801

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1909801
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantDBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2019, M. A C, représenté par Me Pitcho, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2019 par lequel le président du syndicat mixte pour l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères (SIETOM) de Tournan-en-Brie a prononcé sa mutation d'office ;

2°) d'enjoindre au SIETOM de Tournan-en-Brie de le réintégrer dans ses précédentes fonctions ;

3°) de condamner le SIETOM de Tournan-en-Brie à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;

4°) de mettre à la charge du SIETOM de Tournan-en-Brie une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué, en tant qu'il constitue une sanction déguisée, décision individuelle défavorable, est insuffisamment motivé ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière ;

- il est entaché d'erreurs de fait, les manquements qui lui sont reprochés n'étant pas matériellement établis et au regard de son comportement exemplaire depuis vingt ans ;

- il est entaché de détournement de pouvoir ;

- l'illégalité de l'arrêté attaqué constitue une faute de nature à engager la responsabilité du SIETOM, sur le fondement de laquelle il a le droit d'obtenir réparation de son préjudice moral, notamment en raison de l'état anxio-dépressif dont il souffre consécutivement à la mesure contestée, ainsi que de son préjudice économique lié à la perte de ses traitements du fait de son placement en congé de maladie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2020, le SIETOM de Tournan-en-Brie, représenté par son président en exercice et par Me Rouquette, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les moyens invoqués par M. C sont infondés :

- la mesure contestée n'étant pas illégale, l'ensemble des prétentions indemnitaires de M. C doivent être rejetées.

Par ordonnance du 14 février 2022, la clôture d'instruction a été reportée au 14 mars 2022 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2006-1691 du 22 décembre 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Junguenet, substituant Me Rouquette, représentant le SIETOM.

Considérant ce qui suit :

1. M A C, titulaire du grade d'adjoint technique principal de 1ère classe, depuis le 1er juillet 2001, a exercé les fonctions de responsable de la gestion de la déchetterie de Pontault-Combault depuis le 1er octobre 2012, et dont la gestion a été transférée, à compter du 1er avril 2018, de la communauté d'agglomération Paris Vallée-de-Marne au syndicat mixte pour l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères (SIETOM). A la suite d'une enquête diligentée par le syndicat, M. C a fait l'objet, par arrêté du président du SIETOM du 6 décembre 2018, d'une mesure de suspension de ses fonctions à compter du 14 janvier 2019. Par un arrêté du 12 juin 2019, le président a prononcé sa mutation d'office, à compter du 1er juillet 2019, sur un nouveau poste afin d'assurer le contrôle des collectes des ordures ménagères sur le territoire du SIETOM. Par courrier du 12 août 2019, M. C a demandé le retrait de l'arrêté du 12 juin 2019 ainsi que la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Par décision du 2 septembre 2019, le président du SIETOM a rejeté ses demandes.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, lors de sa reprise en gestion de la déchetterie de Pontault-Combault à compter du 1er avril 2018, le SIETOM, intrigué par la faiblesse des ressources générées par la revente de matériaux issus de la déchetterie gérée sous la responsabilité du requérant et soupçonnant des vols de matériaux, a diligenté une enquête, confiée à un détective privé, afin de procéder à un contrôle du fonctionnement de la structure. Il résulte des conclusions de cette enquête, réalisée au mois d'octobre 2018 que les trois agents en fonction à la déchetterie procédaient à des reventes illégales de batteries et de matériaux ferreux et non ferreux pour leur propre bénéfice et, par ailleurs, acceptaient, moyennant rémunération, le déversement de déchets contenant, notamment, de l'amiante. A la suite de dépôt d'une plainte contre par le SIETOM, les trois agents identifiés ont été suspendus, puis deux ont été révoqués et un a démissionné. L'enquête n'a pas permis d'établir que M. C, en sa qualité de responsable de la déchetterie, avait participé à ces faits de vol ou en avait même connaissance. Néanmoins, celle-ci a révélé, selon le SIETOM, le défaut de vigilance dont avait fait preuve M. C, en ne s'apercevant pas de la baisse, jour après jour, des quantités de batteries et de métaux ferreux et non ferreux détenues au sein de la déchetterie et du trafic organisé à cette fin par les agents dont il avait la responsabilité, laquelle a entraîné, par ailleurs, un préjudice financier pour le SIETOM. Pour prendre la mesure de mutation d'office, le président du SIETOM s'est fondé sur le défaut de vigilance dont il était attendu du requérant, en sa qualité de responsable de la déchetterie. Si M. C fait valoir le faible volume de batteries détenues depuis 2018 au sein de la déchetterie, cette circonstance, non contestée en défense, ne remet pas en cause la matérialité des vols opérés par ses agents et son défaut de vigilance, notamment lorsqu'il ne conteste pas ne jamais savoir où se trouvait la clé du coffre où étaient stockées les batteries qui avaient vocation à être revendues par le SIETOM. S'il conteste également le nombre d'entrée irrégulières de camions, la présence de personnes extérieures sur le site, causée notamment par une insuffisante sécurisation de son accès, ces circonstances, à les supposer établies, ne remettent pas en cause la matérialité des faits qui lui sont reprochés, qui sont, ainsi que le rappelle le SIETOM dans ses écritures, le défaut de vigilance qui lui incombait en qualité de responsable, à l'origine de la commission plus aisée de vols de matériaux commis, non par des tiers, mais par les agents eux-mêmes dont il avait la responsabilité. A cet égard, M. C, qui se borne à soutenir qu'il n'a commis aucun vol et qu'il a toujours donné satisfaction, circonstances sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux, n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause la matérialité des faits ayant fondé la mesure contestée, laquelle n'est, dès lors, entachée d'aucune erreur de fait.

3. En deuxième lieu, une mutation d'office revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.

4. Aux termes de l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux : " Les adjoints techniques territoriaux sont chargés de tâches techniques d'exécution. / Ils exercent leurs fonctions dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, de la voirie et des réseaux divers, des espaces naturels et des espaces verts, de la mécanique et de l'électromécanique, de la restauration, de l'environnement et de l'hygiène, de la logistique et de la sécurité, de la communication et du spectacle, de l'artisanat d'art () ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " () Les adjoints techniques territoriaux principaux de 2e classe peuvent, comme ceux de 1re classe, être chargés de travaux d'organisation et de coordination. Ils peuvent être chargés de l'encadrement d'un groupe d'agents ou participer personnellement à l'exécution des tâches ".

5. Il ressort des pièces du dossier que l'emploi sur lequel M. C est muté d'office afin d'assurer le contrôle de l'exécution des marchés confiés à des entreprises dans le secteur de la gestion des déchets, correspond à son grade et mobilise ses compétences et son expérience dans le domaine de la gestion des déchets. S'il fait valoir une dégradation de ses conditions de travail, il est toutefois constant qu'il perçoit une meilleure rémunération. Par ailleurs, s'il invoque l'absence de missions d'encadrement d'équipe, celles-ci ne constituent, en tout état de cause, qu'une faculté, ainsi qu'il ressort des dispositions de l'article 4 précitées du décret du 22 décembre 2006 et l'absence de telles missions procèdent des défaillances constatées dans le cadre de ses fonctions en qualité de responsable du site de la déchetterie de Pontault-Combault. Ainsi, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite des carences de M. C révélés dans le cadre de l'enquête, dans la gestion du site de la déchetterie de Pontault-Combault, le SIETOM a estimé que le défaut de vigilance dont il a fait preuve, en ne s'apercevant pas du trafic de matériaux organisé par les agents dont il avait la responsabilité, entraînant notamment une baisse des quantités de matériaux détenus de jour en jour, impliquait, dans l'intérêt du service, sa mutation sur des fonctions mobilisant ses compétences, constantes, en matière de gestion des déchets, mais sans encadrement d'équipe, ni responsabilité d'un site entier. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le SIETOM a entendu sanctionner M. C mais a, en procédant à sa mutation sur un emploi différent, qu'il a vocation à occuper compte tenu de son grade, tiré les conséquences de ses défaillances constatées dans ses précédentes fonctions en qualité de gestionnaire de la déchetterie de Pontault-Combault. Par conséquent, et contrairement à ce que soutient M. C, la mesure contestée ne constitue pas une sanction disciplinaire déguisée et, ainsi, n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir.

6. En troisième lieu, la mesure contestée, étant une mutation d'office et non une sanction déguisée, ne figure pas au nombre des décisions devant faire l'objet d'une motivation, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant et doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 12 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () Toute nomination ou toute promotion dans un grade qui n'intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d'exercer les fonctions correspondantes est nulle () ".

8. Si M. C fait valoir que la mesure contestée a procédé à sa mutation sur un poste spécialement créé pour lui, sans vacance d'emploi préalablement publiée, ces éléments, à les supposer établis, sont insuffisants pour caractériser une méconnaissance par le SIETOM des dispositions précitées de l'article 12 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée et, par suite, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux, de sorte que le moyen invoqué doit être écarté.

9. En dernier lieu, dès lors que la mesure contestée ne constitue pas une sanction déguisée, les autres vices de procédure invoqués par M. C sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation de l'arrêté du 12 juin 2019 doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction tendant à sa réintégration dans ses précédentes fonctions.

Sur les conclusions indemnitaires :

11. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 12 juin 2019 n'est pas entaché d'illégalité. Par conséquent, en l'absence de faute, la responsabilité du SIETOM ne saurait être engagée et l'ensemble des prétentions indemnitaires de M. C ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SIETOM, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme réclamée par le SIETOM au même titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte d'enlèvement et de traitement des ordures ménagères de la région de Tournan-en-Brie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au syndicat mixte d'enlèvement et de traitement des ordures ménagères de la région de Tournan-en-Brie.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Mentfakh, conseillère,

Mme Delon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

E. B

La présidente,

M. DLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. TRÉMOUREUX

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions