jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1909918 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SIMORRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2019, Mme B A, représentée par Me Simorre, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Melun à lui verser la somme de 59 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des fautes commises dans la gestion de sa carrière ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Melun la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de la commune de Melun doit être engagée en raison, d'une part, du recours illégal et abusif à des contrats de travail à durée déterminée successifs pendant plus de dix ans, l'illégalité de la décision de non-renouvellement de son contrat de travail qui s'est notamment fondée sur des motifs discriminatoires, du retard à lui délivrer son attestation d'employeur destinée à Pôle emploi dûment complétée et du retard qui lui est imputable dans la prise en charge de son congé de maternité du 24 novembre 2017 au 24 mai 2018 par la caisse primaire d'assurance maladie ;
- une indemnisation doit lui être accordée à hauteur de 59 000 euros en réparation de ses préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2021, la commune de Melun, représentée par Me Eyrignoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa responsabilité pour faute ne saurait être engagée, dès lors que les fautes alléguées ne sont pas établies ;
- les préjudices invoqués par la requérante ne sont pas établis dans leur principe.
Par une ordonnance du 21 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 6 juillet 2021 à 12 h 00.
Par une lettre du 9 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation du fait de l'illégalité des contrats de travail à durée déterminée et de l'interruption de la prise en charge financière de son congé de maternité par la commune de Melun, en raison de l'absence de liaison du contentieux, à défaut pour ces deux faits générateurs d'avoir été précédés d'une demande préalable.
En réponse, la commune de Melun a présenté, le 19 septembre 2022, des observations qui ont été communiquées le lendemain à la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Eyrignoux représentant la commune de Melun.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été recrutée au sein de la commune de Melun en qualité d'agent d'entretien, par dix contrats de travail à durée déterminée conclus successivement du 22 mai 2008 au 24 mai 2018. Par un courrier du 8 juillet 2019, reçu le 12 juillet 2019, elle a saisi, par l'intermédiaire de son conseil, le maire de Melun d'une demande tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des fautes commises résultant du recours abusif à des contrats de travail à durée déterminée successifs pendant plus de dix ans, de l'illégalité de la décision de non-renouvellement de son contrat de travail qui s'est fondée sur un motif discriminatoire, de la méconnaissance du délai de prévenance lors de la prise de cette décision, du refus de lui délivrer son attestation employeur destinée à Pôle emploi dûment complétée et du retard qui lui est imputable dans la prise en charge de son congé de maternité du 24 novembre 2017 au 24 mai 2018 par la caisse primaire d'assurance maladie. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet à la date du 12 septembre 2019. Par sa requête, Mme A demande la condamnation de Melun à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation.
4. Il est constant que Mme A invoque, à l'appui de sa requête, notamment la faute qu'aurait commise son ancien employeur résultant du recours illégal et abusif à des contrats de travail à durée déterminée successifs pendant plus de dix ans, ainsi que la faute commise dans la prise en charge de son congé de maternité. Or, dans sa demande indemnitaire préalable, si l'intéressée a soulevé le recours abusif fautif aux contrats de travail à durée déterminée successifs du fait de la durée de renouvellement excessive de plus de dix ans au regard du droit de l'Union européenne, tel n'était pas le cas du fait générateur tiré du recours illégal à ces contrats en raison de la méconnaissance des dispositions applicables en la matière de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Il en est de même de la faute dans la prise en charge de son congé de maternité, précitée, qui n'est pas invoquée dans la réclamation préalable présentée par l'intéressée. Or, ainsi que cela a été dit au point précédent, la requérante ne peut se prévaloir directement devant le juge de plein contentieux d'autres faits générateurs que ceux pour lesquels elle a lié le contentieux auprès de son employeur par cette demande préalable. La requérante n'est, par suite, pas recevable à invoquer, à l'appui de ses conclusions à fin d'indemnisation, la faute qu'aurait commise le maire de la commune de Melun en recourant de manière illégale, au regard des dispositions de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, à la conclusion de contrats de travail à durée déterminée pendant plus de dix ans, ainsi que celle commise dans la prise en charge de son congé de maternité.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
S'agissant de la faute tirée du recours abusif à des contrats de travail à durée déterminée successifs :
5. Aux termes de l'article 1er de la Directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée : " La présente directive vise à mettre en œuvre l'accord-cadre sur le travail à durée déterminée, figurant en annexe, conclu le 18 mars 1999 entre les organisations interprofessionnelles à vocation générale (CES, UNICE, CEEP) " ; qu'aux termes de l'article 2 de cette directive : " Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 10 juillet 2001 ou s'assurent, au plus tard à cette date, que les partenaires sociaux ont mis en place les dispositions nécessaires par voie d'accord, les Etats membres devant prendre toute disposition nécessaire leur permettant d'être à tout moment en mesure de garantir les résultats imposés par la présente directive. Ils en informent immédiatement la Commission () ". Aux termes des stipulations de la clause 5 de l'accord-cadre annexé à la directive, relative aux mesures visant à prévenir l'utilisation abusive des contrats à durée déterminée : " 1. Afin de prévenir les abus résultant de l'utilisation de contrats ou de relations de travail à durée déterminée successifs, les États membres, après consultation des partenaires sociaux, conformément à la législation, aux conventions collectives et pratiques nationales, et/ou les partenaires sociaux, quand il n'existe pas des mesures légales équivalentes visant à prévenir les abus, introduisent d'une manière qui tienne compte des besoins de secteurs spécifiques et/ou de catégories de travailleurs, l'une ou plusieurs des mesures suivantes : a) des raisons objectives justifiant le renouvellement de tels contrats ou relations de travail ; b) la durée maximale totale de contrats ou relations de travail à durée déterminée successifs ; c) le nombre de renouvellements de tels contrats ou relations de travail. / 2. Les États membres, après consultation des partenaires sociaux et/ou les partenaires sociaux, lorsque c'est approprié, déterminent sous quelles conditions les contrats ou relations de travail à durée déterminée : a) sont considérés comme "successifs" ; b) sont réputés conclus pour une durée indéterminée ".
6. Aux termes de l'article 3 alinéa 1er de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version en vigueur au moment du contrat de travail conclu le 22 mai 2008 par Mme A avec la commune de Melun, désormais codifié à l'article L. 332-23 du code général de la fonction publique : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 ne peuvent recruter des agents non titulaires pour occuper des emplois permanents que pour assurer le remplacement momentané de titulaires autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé de maladie, d'un congé de maternité ou d'un congé parental, ou de l'accomplissement du service national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux, ou pour faire face temporairement et pour une durée maximale d'un an à la vacance d'un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu dans les conditions prévues par la présente loi () ". Aux termes de ce même article, dans sa version applicable aux contrats de travail conclus par la requérante à compter du 22 mai 2010 : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 ne peuvent recruter des agents non titulaires pour occuper des emplois permanents que pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé de maladie, d'un congé de maternité, d'un congé parental ou d'un congé de présence parentale, ou de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux, de leur participation à des activités dans le cadre de l'une des réserves mentionnées à l'article 74, ou pour faire face temporairement et pour une durée maximale d'un an à la vacance d'un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu dans les conditions prévues par la présente loi () ". L'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 précitée dans sa version applicable aux contrats conclus par la requérante à compter du 22 mai 2013, désormais codifié à l'article L. 332-23 du code général de la fonction publique : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, d'un congé de maternité ou pour adoption, d'un congé parental ou d'un congé de présence parentale, d'un congé de solidarité familiale ou de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux ou de leur participation à des activités dans le cadre des réserves opérationnelle, de sécurité civile ou sanitaire ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. ".
7. Ces dispositions, telles qu'elles ont été interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne, imposent aux Etats membres d'introduire de façon effective et contraignante dans leur ordre juridique interne, s'il ne le prévoit pas déjà, l'une au moins des mesures énoncées aux a) à c) du paragraphe 1 de la clause 5, afin d'éviter qu'un employeur ne recoure de façon abusive au renouvellement de contrats à durée déterminée ; que lorsque l'Etat membre décide de prévenir les renouvellements abusifs en recourant uniquement aux raisons objectives prévues au a), ces raisons doivent tenir à des circonstances précises et concrètes de nature à justifier l'utilisation de contrats de travail à durée déterminée successifs.
8. Il a précisé qu'il ressort également de l'interprétation de la directive retenue par la Cour de justice de l'Union européenne que le renouvellement de contrats à durée déterminée afin de pourvoir au remplacement temporaire d'agents indisponibles répond, en principe, à une raison objective au sens de la clause citée ci-dessus, y compris lorsque l'employeur est conduit à procéder à des remplacements temporaires de manière récurrente, voire permanente, et alors même que les besoins en personnel de remplacement pourraient être couverts par le recrutement d'agents sous contrats à durée indéterminée. Toutefois, si l'existence d'une telle raison objective exclut en principe que le renouvellement des contrats à durée déterminée soit regardé comme abusif, c'est sous réserve qu'un examen global des circonstances dans lesquelles les contrats ont été renouvelés ne révèle pas, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées par l'agent, au type d'organisme qui l'emploie, ainsi qu'au nombre et à la durée cumulée des contrats en cause, un abus.
9. Les dispositions des articles 3 alinéa 1er et 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 subordonnent la conclusion et le renouvellement de contrats à durée déterminée à la nécessité de remplacer des fonctionnaires temporairement ou partiellement indisponibles. Elles se réfèrent ainsi à une "raison objective" de la nature de celles auxquelles la directive renvoie. En outre, ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'un renouvellement abusif de contrats à durée déterminée ouvre à l'agent concerné un droit à l'indemnisation du préjudice qu'il subit lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.
10. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit qu'il incombe au juge, pour apprécier si le recours, en application des dispositions des articles précités, à des contrats à durée déterminée successifs, présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.
11. Il est constant que Mme A a fait l'objet de divers contrats de travail conclus successivement du 21 mai 2008 au 24 mai 2018 et a été employée de manière continue sur les fonctions d'agent d'entretien pour une période de plus de dix ans, afin prétendument de pourvoir à la vacance d'un emploi dans l'attente de recrutement d'un fonctionnaire. Si, au regard, tout à la fois, de la nature juridique des premiers contrats d'accompagnement à l'emploi et du fondement juridique des contrats de travail conclus ultérieurement, la requérante ne saurait être regardée comme titulaire d'un contrat à durée indéterminée, les conditions d'emploi de l'intéressée sont susceptibles de présenter un caractère abusif de nature à constituer une faute imputable à la commune de Melun de nature à engager sa responsabilité.
12. Néanmoins, il n'est pas contesté qu'à compter du 22 mai 2010, les contrats de travail à durée déterminée successifs ont été conclus dans un contexte où la commune de Melun était en attente de la naturalisation française de la requérante, ressortissante algérienne, pour permettre sa titularisation au sein de la fonction publique. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de ce contexte, Mme A n'a pas entrepris les démarches administratives nécessaires auprès des services compétents pour l'obtention de la nationalité française, condition nécessaire à sa titularisation, ainsi que le prévoit l'article 5 de la loi du 13 juillet 1983. Ainsi, si la requérante reproche à la commune de Melun de ne pas l'avoir titularisée et avoir recouru abusivement pendant plus de dix ans à la conclusion de contrats de travail à durée déterminée successifs, celle-ci doit être regardée comme ayant directement contribué à la réalisation de cette situation en s'étant abstenue à entreprendre les formalités nécessaires pour l'acquisition de la nationalité française durant toute cette période, condition nécessaire à sa titularisation au sein de la fonction publique et à son maintien sur son poste en cette qualité au sein de la commune de Melun. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la conclusion du dernier contrat de travail à durée déterminée du 22 mai 2018 au 24 mai 2018, son engagement précédent devant prendre fin le 21 mai 2018, n'a eu d'autre objet que d'assurer à l'intéressée une indemnisation jusqu'à l'issue de son congé de maternité à la date du 24 mai 2018. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, le comportement de Mme A est de nature à exonérer totalement la responsabilité de la commune de Melun.
S'agissant de la faute tirée de l'illégalité de la décision de non-renouvellement du contrat de travail :
13. D'une part, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Son contrôle, qui est un contrôle de l'erreur manifeste d'appréciation. En outre, si aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obstacle au non-renouvellement du contrat d'un agent public en situation de grossesse, une telle décision ne saurait être motivée par ce seul état.
14. D'autre part, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race ". L'article 1er de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations dispose : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation ou identité sexuelle, son sexe ou son lieu de résidence, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable ". Aux termes de l'article 4 de cette même loi : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination () ".
15. Enfin, l'article 39-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale dispose : " Le non-renouvellement d'un titre de séjour, la déchéance des droits civiques ou l'interdiction d'exercer un emploi public prononcée par décision de justice sur le fondement de l'article 131-26 du code pénal entraînent de plein droit la cessation du contrat, sans préavis ni versement de l'indemnité de licenciement prévue au titre X. / Toutefois, l'agent peut solliciter son réemploi, auprès de son précédent employeur, en cas de délivrance d'un nouveau titre de séjour, à l'issue de la période de privation des droits civiques ou de la période d'interdiction d'exercer un emploi public, sous réserve des dispositions de l'article 34 du présent décret ".
16. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
17. Mme A ne fournit aucune précision à l'appui de ses allégations selon lesquelles la décision refusant de renouveler son contrat de travail serait entachée de discrimination en lien avec son état de grossesse, son congé de maternité pris du 24 novembre 2017 au 24 mai 2018 et sa nationalité. En revanche, il résulte de l'instruction que, étant engagée par son employeur par un contrat de travail courant du 22 mai 2017 au 21 mai 2018, la requérante, de nationalité algérienne, était titulaire d'une carte de séjour temporaire dont la validité expirait le 21 janvier 2018 et que eu égard à ce terme entraînant de plein droit la cessation du contrat, la commune de Melun ne pouvait légalement, en application de l'article 39-1 du décret du 15 février 1988 susvisé, conserver à son service la requérante. C'est ainsi que par une décision du 1er février 2018, le maire de Melun a mis fin au contrat de travail de Mme A à compter de cette même date.
18. Il résulte de l'instruction qu'alors que prévenue par son employeur de l'échéance de son titre de séjour et de ses conséquences, par un courrier du 13 septembre 2017, Mme A n'a déposé un dossier de renouvellement de son titre de séjour que le 23 février 2018, soit postérieurement à la date d'expiration de son titre de séjour et que c'est seulement le 19 avril 2018, soit près de trois mois après la rupture de son contrat de travail, que l'agente a transmis à son employeur une copie de son titre de séjour renouvelé. Par suite, c'est légalement que l'autorité territoriale a mis fin aux fonctions exercées par l'agente à cette date. Néanmoins, il est tout aussi constant que la collectivité territoriale a, de manière rétroactive, maintenu Mme A dans son emploi jusqu'à son terme initial, le 21 mai 2018, prorogé le 31 mai 2018, par un nouveau contrat de travail conclu du 22 mai 2018 au 24 mai 2018 inclus dans l'unique but de permettre son indemnisation jusqu'à la fin de son congé de maternité qui avait débuté le 24 novembre 2017. Enfin, il résulte de l'instruction que le non-renouvellement du contrat de travail de Mme A postérieurement au 24 mai 2018 est justifié par la circonstance que la collectivité territoriale a recruté un agent titulaire sur le poste de la requérante. Cette dernière ne conteste pas sérieusement ce motif tiré de l'intérêt du service.
19. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que la décision de non-renouvellement du contrat de travail de Mme A repose sur des éléments étrangers à toute discrimination liée à son état de grossesse, son congé de maternité pris du 24 novembre 2017 au 24 mai 2018 et sa nationalité. Dans ces conditions, la commune de Melun, qui ne peut être regardée comme ayant méconnu les dispositions précitées de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, n'a pas commis de faute à cet égard de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant de la faute tirée de la méconnaissance du délai de prévenance lors du non-renouvellement du contrat de travail et de l'absence de réalisation d'un entretien préalable :
20. Aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au présent litige : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : -huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ; / -un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; / -deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans (). / () La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée est supérieure ou égale à trois ans () ".
21. D'une part, Mme A soutient que la décision de non-renouvellement de son contrat de travail a été prise en méconnaissance du respect du délai de prévenance de deux mois dont elle aurait dû bénéficier. Toutefois, en application des dispositions précitées de l'article 39 du décret du 15 février 1988 déjà cité, les dispositions de l'article 38-1 de ce même décret ne sont pas applicables en cas de non-renouvellement du titre de séjour de l'étranger salarié, dès lors que cette circonstance a pour effet d'entraîner de plein droit la cessation du contrat de travail notamment sans préavis. En tout état de cause, à supposer même que Mme A soit regardée comme pouvant se prévaloir de ces dispositions, pour la détermination de la durée du délai de prévenance, les durées d'engagement mentionnées ci-dessus sont décomptées compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent, y compris ceux conclus avant une interruption de fonctions, sous réserve que cette interruption n'excède pas quatre mois et qu'elle ne soit pas due à une démission de l'agent. Ainsi, en l'espèce, le délai de prévenance applicable était de deux mois. Si la requérante se prévaut du courrier du 1er février 2018 en soutenant qu'elle n'a été informée du non-renouvellement de son contrat de travail que six jours après le terme de celui-ci, fixé le 21 janvier 2018, l'administration produit aux débats un courrier du 13 septembre 2017, soit plus de quatre mois avant le terme du contrat de travail en cause, par lequel elle a signalé à la requérante l'expiration de son titre de séjour le 21 janvier 2018 et qu'à défaut de lui transmettre avant cette date une nouvelle carte d'autorisation d'exercer une activité salariée sur le territoire français, son contrat de travail prendra automatiquement fin le 21 janvier 2018. Mme A ne conteste pas s'être vu notifier ce courrier plus de deux mois avant le terme de son contrat de travail. Ainsi, le délai de prévenance prévu par le 1° de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 susvisé a effectivement été respecté par la commune de Melun. S'agissant du contrat de travail conclu du 22 mai au 24 mai 2018 inclus, compte tenu de ce qui a été précédemment dit au point 18 du présent jugement quant aux circonstances particulières de conclusion de ce contrat, les dispositions invoquées par l'intéressée n'étaient pas applicables.
22. D'autre part, si Mme A conteste l'absence de réalisation d'un entretien préalable, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent du présent jugement, les dispositions invoquées ne lui sont pas applicables. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle entre dans l'une des deux situations visées par les dispositions précitées de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 susvisé. Ce faisant, la commune de Melun n'a pas commis, à ces deux égards, de faute de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant de la faute le retard fautif dans la remise d'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi conforme :
23. Aux termes de l'article L. 1234-19 du code du travail : " A l'expiration du contrat de travail, l'employeur délivre au salarié un certificat dont le contenu est déterminé par voie réglementaire ". L'article R. 1234-9 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi () ".
24. Conformément aux dispositions précitées, la délivrance des attestations et justifications prévues par l'article R. 1234-9 du code du travail revêt le caractère d'une obligation pour l'employeur dans tous les cas d'expiration ou de rupture du contrat de travail. Il doit, à ce titre, remettre à l'agent une attestation d'employeur destinée à Pôle Emploi. A partir de ce document, Pôle Emploi délivre à l'intéressé un acte précisant le régime d'indemnisation applicable à son cas. Le caractère erroné des informations portées à la connaissance de Pôle emploi, s'il est avéré, a pour conséquence de priver l'intéressé du bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.
25. Il résulte de l'instruction que la collectivité territoriale a transmis, le 14 février 2018, soit treize jours après la date de cessation du contrat de travail de la requérante, une première attestation d'employeur destinée à Pôle emploi faisant état d'une période de travail du 22 mai 2008 au 1er février 2018 et de la fin initiale du contrat de travail au 21 mai 2018. En l'absence de circonstances justifiant un tel délai, la transmission tardive à Pôle emploi de l'attestation d'employeur prévue à l'article R. 1234-9 du code du travail, treize jours après la cessation de plein droit du contrat de travail à durée déterminée de Mme A constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Melun.
26. En revanche, la requérante se prévaut d'une incohérence des dates mentionnées sur cette attestation, à l'origine du refus d'indemnisation qui lui aurait été opposé par Pôle emploi. Or, celles-ci ne sont pas erronées. Si la transmission de la première attestation d'employeur destinée à Pôle emploi a eu lieu à une date à laquelle le contrat de travail à durée déterminée de Mme A devait effectivement courir jusqu'au 21 mai 2018, la fin des fonctions était intervenue de plein droit le 1er février 2018, en raison de l'expiration de la validité du titre de séjour de l'intéressée. Immédiatement après le retrait de la décision de cessation de plein droit du contrat de travail de Mme A et de la poursuite de ce dernier, non pas initialement jusqu'au 21 mai 2018 mais finalement jusqu'au 24 mai 2018, conformément aux dispositions précitées du code du travail, il appartenait à la commune de Melun, en sa qualité d'employeur, d'établir, sans délai, une nouvelle attestation rectificative, portée à la connaissance de Pôle emploi faisant figurer ces nouvelles informations. Or, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait été procédé par la collectivité territoriale à une telle communication immédiatement après ces nouvelles circonstances, dès lors que, par un courrier du 4 mars 2019, Pôle emploi a exigé que l'attestation d'employeur de Mme A couvre la totalité de la durée de travail effective, soit la période du 22 mai 2008 au 24 mai 2018. Il n'est pas contesté qu'une seconde attestation d'employeur, cette fois-ci conforme, n'a été établie par l'administration défenderesse que le 11 avril 2019. Dans ces conditions, le retard dans la transmission d'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi conforme est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Melun.
27. Toutefois, l'ouverture du droit à indemnisation est subordonnée à l'existence d'un lien de causalité direct entre les retards fautifs et le préjudice financier invoqué par la requérante. A cet égard, il résulte de l'instruction, et notamment du courrier du 4 mars 2019 précité de Pôle emploi, que la requérante produit elle-même aux débats, que celle-ci n'a procédé qu'en mars 2019 à son inscription comme demandeuse d'emploi et que c'est seulement à cette occasion que Pôle emploi a exigé d'elle la transmission d'une attestation d'employeur faisant état d'une période de travail du 22 mai 2008 au 24 mai 2018. Mme A, qui n'établit pas, ni n'allègue d'ailleurs, la date à laquelle elle a sollicité de son ancien employeur la nouvelle attestation par Pôle emploi, ne saurait imputer à la commune de Melun le retard dans le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) de plus de dix mois après la fin de son contrat de travail. En outre, la requérante n'établit pas la réalité du préjudice financier qu'elle invoque, dès lors qu'elle n'établit même pas avoir droit à l'ARE et, au demeurant, ne justifie pas, ni même n'allègue, de l'absence de régularisation effectuée par Pôle emploi pour la période pendant laquelle elle n'a pas perçu l'ARE, ni, le cas échéant, que cette absence de régularisation serait imputable à la transmission tardive de l'attestation de l'article R. 1234-9 du code du travail. De même, elle n'établit pas la réalité du refus de la caisse d'allocations familiales de lui octroyer les aides sociales auxquelles elle aurait droit et qui serait imputable au retard fautif dont elle se prévaut. Dans ces conditions, si la faute alléguée par Mme A doit être retenue, tant le lien de causalité direct entre celle-ci et le préjudice financier invoqué, que la réalité de ce dernier, ne sont pas établis.
28. Il résulte ainsi de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
29. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Melun, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont Mme A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la requérante une somme de 50 euros à verser à la commune de Melun au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Melun une somme de 50 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Melun.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Mentfakh, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. CLa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026