jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1910799 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET F.NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2019, la SCI Excellence immobilière, représentée par Me Naïm, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie, pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'administration a refusé d'admettre la déductibilité des amortissements effectués au titre des trois exercices vérifiés, faute d'inscription dans les écritures comptables, puisque sa comptabilité a été détruite lors d'une inondation ;
- elle est en droit d'obtenir l'imputation, sur les résultats des exercices ultérieurs, d'un déficit reportable de 76 476 euros, correspondant au déficit constaté à la clôture de l'exercice 2012, dont elle justifie l'existence.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par la SCI Excellence immobilière ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Excellence immobilière, qui exerce une activité de location immobilière, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. A l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 12 décembre 2016, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée selon la procédure de rectification contradictoire, et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, selon la procédure de taxation d'office. La société a présenté ses observations le 11 janvier 2017, et le service a maintenu les rectifications envisagées le 23 janvier suivant. L'exercice du recours hiérarchique et de l'interlocution départementale n'a pas conduit l'administration à revoir sa position en ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. La réclamation d'assiette présentée par la société le 27 juin 2018 a été rejetée par une décision du 3 octobre 2019. Par la présente requête, la SCI Excellence immobilière demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie, pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne le rejet des amortissements :
2. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () / 2° () les amortissements réellement effectués par l'entreprise, dans la limite de ceux qui sont généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation et compte tenu des dispositions de l'article 39 A, sous réserve des dispositions de l'article 39 B ".
3. Il résulte de ces dispositions que ne peuvent être déduits du bénéfice imposable que les amortissements qui ont été effectivement inscrits dans les écritures comptables à la clôture des exercices concernés. Il appartient au contribuable de justifier que cette inscription a été effectuée avant l'expiration du délai imparti pour souscrire la déclaration des résultats annuels de l'entreprise.
4. A l'issue de la vérification de comptabilité dont a fait l'objet la SCI Excellence immobilière, le service a remis en cause la déduction des amortissements comptabilisés pour un montant de 64 844 euros au titre des trois exercices vérifiés, faute pour la société de justifier qu'ils ont été portés dans les écritures comptables avant l'expiration du délai de déclaration des résultats de ces exercices. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que la SCI Excellence immobilière n'a pas déposé dans les délais prescrits les déclarations de résultats des exercices clos les 31 décembre 2013, 31 décembre 2014 et 31 décembre 2015. Si elle allègue que sa comptabilité a été détruite lors d'une inondation survenue dans ses locaux au cours du mois de mai 2016, la circonstance ainsi évoquée n'est pas établie par les documents produits à l'appui de sa requête, qui se limitent à une attestation non circonstanciée de la municipalité du lieu où se trouve son siège social et de l'arrêté du 8 juin 2016 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle de la commune en cause. Par suite, ces amortissements ne peuvent être réputés avoir été réellement effectués, au sens des dispositions du 1-2° de l'article 39 du code général des impôts. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration a réintégré dans le bénéfice imposable les amortissements au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015.
En ce qui concerne le report de déficit :
5. Aux termes du I de l'article 209 du code général des impôts : " () en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la déduction puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté dans les mêmes conditions sur les exercices suivants. () ".
6. Pour l'application de ces dispositions, selon lesquelles, en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice, il appartient au contribuable de justifier l'existence d'un déficit reportable et son montant. Il s'acquitte de cette obligation par la production d'une comptabilité régulière et probante ou, à défaut, par toute autre preuve extracomptable suffisamment probante. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation en produisant une comptabilité, il incombe alors à l'administration, si elle s'y croit fondée, soit de critiquer les écritures ayant conduit à la constatation d'un déficit, soit de demander au contribuable de justifier de la régularité de ces écritures. Il appartient alors au juge de l'impôt d'apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
7. L'administration a refusé de faire droit à la demande de la société tendant à obtenir, sur les résultats de ces trois exercices, le report des déficits nés au cours de l'exercice précédent, dont le montant s'élevait, à la clôture de l'exercice 2012, à 76 476 euros. En se bornant à produire le bilan simplifié de l'exercice clos le 31 décembre 2012 et la déclaration de résultat souscrite au titre de l'exercice en cause, sans fournir de justificatifs complémentaires, la requérante ne justifie pas du déficit reportable figurant au bilan de clôture de l'exercice 2012. La seule circonstance que la déclaration de résultat en fait mention ne suffit pas à établir la réalité et le montant des déficits allégués. La SCI Excellence immobilière n'est, dès lors, pas fondée à demander l'imputation sur les résultats des exercices contrôlés d'un déficit reportable à hauteur de 76 476 euros, dont elle ne justifie pas l'existence.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, à l'égard desquels elle ne soulève, en tout état de cause, aucun moyen spécifique. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Excellence immobilière est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Excellence immobilière et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
M. A
La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026