jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2000569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier 2020 et 17 mars 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2019 par lequel le maire d'Emerainville a prononcé son licenciement pour inaptitude physique à compter du 9 novembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Emerainville de la réintégrer dans ses effectifs et de lui proposer au moins trois postes différents, puis de lui accorder une formation dans le poste qu'elle aura choisi en tenant compte de son handicap ;
3°) de condamner la commune d'Emerainville à lui verser la somme de 6 283,69 euros, correspondant au rappel de traitements pendant la période courant du 1er juillet au 9 septembre 2019 ;
4°) de condamner la commune d'Emerainville à lui verser la somme de 5 464,08 euros, correspondant au rappel de traitements pendant la période de préavis courant du 9 septembre au 8 novembre 2019 ;
5°) de condamner la commune d'Emerainville à lui verser la somme de 3 569,81 euros, correspondant au reliquat de l'indemnité de licenciement et de l'indemnité compensatrice de congés payés non pris ;
6°) de mettre à la charge de la commune d'Emerainville les entiers dépens.
Elle soutient que :
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019 portant licenciement :
- il est entaché d'un vice de forme, en l'absence d'indication de l'avis de la direction de la crèche ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière, les motifs et le contexte de l'acceptation de son licenciement n'ayant pas été rappelés lors de son entretien préalable de licenciement le 28 août 2019 et aucune explication ne lui ayant été apportée afin d'opérer un choix éclairé quant à la suite de sa carrière professionnelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit, en l'absence de reclassement et en l'absence de précisions par la commune du montant de son indemnité de licenciement avant qu'elle ne décide d'opter pour le licenciement ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation, ayant été édicté avant même que soit rendu, le 15 octobre 2019, l'avis de la commission consultative paritaire départementale quant au retrait de son agrément ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il méconnaît les stipulations des articles 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de l'atteinte disproportionnée portée à son intégrité morale et psychologique ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Sur les conclusions à fin d'indemnité :
- elle est fondée à obtenir le rappel des traitements, d'une part, au titre de la période pendant laquelle elle a été placée en congé sans traitement, puis au titre de la période de préavis ;
- elle est fondée à obtenir le reliquat des sommes dues au titre de l'indemnité de licenciement et de l'indemnité de congés payés.
Par deux mémoires en défense, enregistré les 11 décembre 2020 et 21 mars 2023, la commune d'Emerainville, représentée par son maire en exercice et par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions tendant au paiement d'une somme d'argent sont irrecevables, en l'absence de ministère d'avocat ;
- les conclusions tendant au versement des rappels de traitement pour la période courant du 1er juillet au 9 septembre 2019 sont irrecevables, car ayant la même portée que l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019 par lequel le maire d'Emerainville l'a placée en congé sans traitement pour cette même période, alors que celui-ci, faute de recours contentieux, est devenu définitif ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés, la commune n'ayant commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité.
Par ordonnance du 10 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 mars 2022 à 12 h 00.
Par un courrier du 20 avril 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce qu'il est susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions présentées par Mme A tendant au versement, par la commune d'Emerainville, des rappels de traitement entre le 9 septembre et le 8 novembre 2019 inclus, dès lors que de telles conclusions ont le même objet que celles tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019, comportant la mention des voies et délais de recours contentieux, par lequel le maire l'a placé en congé sans traitement à compter du 1er juillet 2019, qui est une décision à objet pécuniaire, notifiée le 30 septembre 2019 à Mme A, qui ne l'a pas contesté avant l'expiration du délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delon,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fouace, représentant la commune d'Emerainville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, agent non titulaire, a exercé ses fonctions, au sein de la commune d'Emerainville, en qualité d'assistante maternelle depuis 2003. A compter du 22 septembre 2016, Mme A a été placée en congé de maladie jusqu'au 5 mars 2018, en raison d'une pathologie reconnue imputable au service, puis en congé de maladie ordinaire. Le 1er juillet 2019, lors de sa visite de reprise, le médecin du travail l'a déclaré inapte à ses fonctions. La commune l'ayant informé des difficultés pour procéder à son reclassement, Mme A a accepté la proposition de la commune, de procéder à son licenciement, par courrier du 6 août 2019. Mme A a reçu notification le 9 septembre 2019 d'un arrêté du maire la plaçant en congé sans traitement, pour inaptitude physique, à compter du 1er juillet 2019, puis d'un autre arrêté prononçant son licenciement à compter du 9 novembre 2019, dont elle demande l'annulation. En outre, Mme A demande la condamnation de la commune à lui verser des indemnités à divers titres.
Sur la recevabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat () ". Aux termes de l'article R. 431-3 du même code : " Toutefois, les dispositions du premier alinéa de l'article R. 431-2 ne sont pas applicables : / () 5° Aux litiges dans lesquels le défendeur est une collectivité territoriale, un établissement public en relevant ou un établissement public de santé () ".
3. Les conclusions présentées par Mme A tendant au versement d'une somme d'argent étant dirigées contre la commune d'Emerainville, collectivité territoriale, elles sont dispensées du ministère d'avocat, ainsi que le prévoient les dispositions précitées du code de justice administrative. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée en ce sens par la commune d'Emerainville doit être écartée.
4. En deuxième lieu, les conclusions présentées par Mme A tendant au versement, par la commune d'Emerainville, de la somme de 6 283,69 euros, au titre de rappel de traitements pendant la période courant du 1er juillet au 9 septembre 2019, ont le même objet que celles relatives à l'annulation de l'arrêté du maire d'Emerainville du 10 septembre 2019 la plaçant en congé de maladie, sans traitement à compter du 1er juillet 2019 dès lors que cet arrêté, notifié le 30 septembre 2019 avec la mention des voies et délais de recours, est devenu définitif, faute de contestation de la part de la requérante, présente un objet pécuniaire. Par conséquent, les conclusions présentées à cette fin par Mme A sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée par la commune doit donc être accueillie à ce titre. De telles conclusions doivent être rejetées.
5. En dernier lieu, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que le licenciement de Mme A a pris effet à compter du 9 novembre 2019, en l'absence de tout préavis compte tenu du motif de son licenciement pour inaptitude physique définitive, eu égard aux stipulations de ses contrats de travail versés au dossier. Ainsi, et tel qu'indiqué précédemment, l'absence de versement du traitement de Mme A jusqu'au 8 novembre 2019 résulte de l'application de l'arrêté du 10 septembre 2019 par lequel le maire d'Emerainville a placé Mme A en congé sans traitement à compter du 1er juillet 2019, sans autre limite temporelle. Or, les conclusions présentées par Mme A, tendant à la condamnation de la commune d'Emerainville, à lui verser les traitements sur la période courant couru du 9 septembre au 8 novembre 2019 inclus, ont le même objet que celles à fin de voir annuler cet arrêté, à objet pécuniaire, notifié le 30 septembre 2019 avec la mention des voies et délais de recours, qui est devenu définitif, faute de contestation de la part de la requérante. Par conséquent, et ainsi que les parties en ont été informées par courrier du 20 avril 2023 en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions présentées à cette fin par Mme A sont irrecevables et doivent également être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019 :
6. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les articles L. 423-3 à L. 423-13, L. 423-15, L. 423-17 à L. 423-22, L. 423-27 à L. 423-33 et L. 423-35 s'appliquent aux assistants maternels et aux assistants familiaux employés par des personnes morales de droit public () ". Aux termes de l'article L. 422-6 du même code : " Les assistants maternels et les assistants familiaux employés par des collectivités territoriales sont des agents non titulaires de ces collectivités. Les dispositions particulières qui leur sont applicables compte tenu du caractère spécifique de leur activité, sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 422-1 du même code : " Les assistants maternels et les assistants familiaux des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale sont soumis aux dispositions du présent chapitre et aux dispositions des articles 16,19,31,37,38 et 41 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale () ". Enfin, aux termes de l'article R. 422-11 du même code : " () L'assistante ou l'assistant maternel définitivement inapte pour raison de santé à reprendre son service à l'issue d'un congé de maladie, de maternité ou d'adoption est licencié () ".
7. Il résulte d'un principe général du droit, dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés qui, pour des raisons médicales, ne peuvent plus occuper leur emploi que les règles statutaires applicables dans ce cas aux agents publics, que, lorsqu'il a été médicalement constaté qu'un salarié se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, il incombe à l'employeur public, avant de pouvoir prononcer son licenciement, de chercher à reclasser l'intéressé dans un autre emploi. Ce principe est applicable en particulier aux agents contractuels de droit public. La mise en œuvre de ce principe implique que, sauf si l'agent manifeste expressément sa volonté non équivoque de ne pas reprendre une activité professionnelle, l'employeur propose à ce dernier un emploi compatible avec son état de santé et aussi équivalent que possible avec l'emploi précédemment occupé ou, à défaut d'un tel emploi, tout autre emploi si l'intéressé l'accepte. Ce n'est que lorsque ce reclassement est impossible, soit qu'il n'existe aucun emploi vacant pouvant être proposé à l'intéressé, soit que l'intéressé est déclaré inapte à l'exercice de toutes fonctions ou soit que l'intéressé refuse la proposition d'emploi qui lui est faite, qu'il appartient à l'employeur de prononcer, dans les conditions applicables à l'intéressé, son licenciement.
8. Par ailleurs, aux termes de l'article 23 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur, désormais codifié aux articles L. 452-35 et suivants du code général de la fonction publique : " I.- Les centres de gestion assurent, dans leur ressort, une mission générale d'information sur l'emploi public territorial, () pour l'ensemble des collectivités (), des agents territoriaux en relevant ainsi que des candidats à un emploi public territorial. () / II.- Les centres de gestion assurent pour () l'ensemble des agents des collectivités territoriales et établissements publics affiliés () les missions suivantes () : / () 6° Le reclassement, selon les modalités prévues aux articles 81 à 86, des fonctionnaires devenus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, de catégories A, B et C () / ; III.- Les centres de gestion assurent pour l'ensemble des collectivités et établissements () les missions énumérées aux () 6° () du II du présent article () ".
9. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que, pour prononcer le licenciement de Mme A en raison de son inaptitude physique définitive à ses fonctions d'assistante maternelle, le maire d'Emerainville s'est fondé sur l'impossibilité de la reclasser dans ses effectifs, notamment au regard de ses seules qualifications renseignées sur le curriculum vitae qu'elle a transmis, à la demande de la commune. Il est constant que la requérante a été reconnue définitivement inapte à ses fonctions par le médecin du travail lors de sa visite de reprise le 1er juillet 2019, celle-ci pouvant remplir d'autres fonctions, notamment sur un emploi sédentaire. Il ressort des pièces du dossier, notamment son courrier du 19 juillet 2019, que la commune a informé Mme A, avant même que celle-ci ne transmettre son curriculum vitae, que son reclassement était compromis au sein des effectifs de la commune, en l'absence de poste vacant correspondant à son profil. Puis, par courrier du 31 juillet 2019, la commune a fait part à Mme A, sur la base du curriculum vitae reçu, des difficultés pour envisager son reclassement et l'a invitée à choisir entre cette procédure et son licenciement, choix retenu par la requérante dans son courrier du 6 août 2019, et dont se prévaut la commune. Toutefois, en restreignant d'emblée les perspectives de reclassement de Mme A aux postes en son sein, sans notamment prendre l'attache du centre de gestion afin d'élargir les possibilités de reclassement de Mme A, la commune a méconnu l'étendue de l'obligation qui pèse sur elle, dans la mise en oeuvre des démarches de reclassement de son agent. Ainsi, la commune ne peut se prévaloir du choix exprimé par Mme A dans son courrier du 6 août 2019, dès lors que ce choix ne résulte que de l'impossibilité de procéder à son reclassement, alléguée par la commune, sans toutefois avoir engagé des diligences effectives à cette fin, en dehors de ses seuls effectifs. A cet égard, la circonstance, à la supposer établie, que les qualifications de Mme A ne lui permettent pas d'assurer les fonctions d'officier d'état civil, seul poste vacant allégué au sein de la commune, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, notamment au regard de l'obligation à laquelle est tenue de mettre en œuvre la commune, le cas échéant par voie de détachement. Dans ces conditions, en prononçant le licenciement de Mme A pour inaptitude physique, la commune d'Emerainville a entaché la décision d'illégalité.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à obtenir l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019 par lequel le maire d'Emerainville a prononcé son licenciement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
12. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A, tendant à ce que la commune d'Emerainville, sous réserve de changements de circonstances de droit et de fait, la réintègre juridiquement dans ses effectifs à compter du 9 novembre 2019 et effectue les diligences nécessaires afin de la reclasser, notamment en prenant l'attache du centre de gestion à laquelle elle est affiliée et en lui adressant toute proposition d'emploi compatible avec son état de santé et son handicap. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'indemnités :
13. Aux termes de l'article R. 422-21 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque le licenciement intervient soit pour faute grave ou lourde, soit au cours ou à l'expiration d'une période d'essai, une indemnité de licenciement calculée dans les conditions fixées par l'article D. 773-1-5 du code du travail est due à l'assistant maternel justifiant d'une ancienneté d'au moins deux ans au service du même employeur : / () 3° Qui a été licencié dans les conditions prévues à l'article R. 422-11 () ".
14. Compte tenu de l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2019 portant licenciement de Mme A, tel que jugé au point 10, la mesure de licenciement litigieuse a disparu de l'ordonnancement juridique et est censée n'être jamais intervenue. Dès lors, Mme A ne peut prétendre, à la date du présent jugement, à aucune indemnité à ce titre et, par suite, à aucune somme complémentaire au titre de l'indemnité de licenciement déjà perçue et, en tout état de cause, au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés, perçue également. Par conséquent, les conclusions présentées par Mme A tendant au versement par la commune de la somme de 3 569,81 euros ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
Sur les dépens :
15. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
16. En l'absence de tout dépens exposé au titre de la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune d'Emerainville la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Emerainville du 10 septembre 2019 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune d'Emerainville, sous réserve de changement des circonstances de droit et de fait, de réintégrer juridiquement Mme A dans ses effectifs à compter du 9 novembre 2019 et d'effectuer toutes diligences nécessaires afin de mettre en œuvre son obligation de reclassement, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune d'Emerainville sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune d'Emerainville.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 mai 2023.
La rapporteure,
E. DELON
La présidente,
M. LOPA DUFRÉNOTLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026