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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2001451

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2001451

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2001451
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantRICOUARD SOLEDAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2020, la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentée par Me Ricouard, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception n° 3012 émis et rendu exécutoire le

14 novembre 2019 par le directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour avoir paiement de la somme de 44 810,82 euros correspondant à l'indemnisation versée à M. A C en qualité de représentant légal de sa fille mineure B ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre de perception en litige est entaché d'incompétence ;

- ce titre n'indique pas de façon suffisamment précise les bases de la liquidation ;

- l'ONIAM ne pouvait pas légalement émettre un titre de perception ;

- l'ONIAM n'est pas fondé à exiger le remboursement de la somme ayant fait l'objet d'une transaction dès lors qu'aucune faute n'a été commise et que la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Créteil n'est pas engagée.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 6 mai 2020, la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne, représentée par Me Lefebvre, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier intercommunal de Créteil et la SHAM à lui verser la somme de 12 444,01 euros, avec intérêt au taux légal à compter de l'enregistrement de sa demande, au titre des débours qu'elle a exposés à l'occasion de la prise en charge médicale de la jeune B C ;

2°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier intercommunal de Créteil et de la SHAM l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier intercommunal de Créteil et de la SHAM la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 20 novembre 2020, la SHAM conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne.

Elle soutient en outre que le titre de perception en litige a été annulé.

Par une lettre du 5 mai 2022, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne sont irrecevables.

Par un mémoire, enregistré le 9 mai 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information.

Par un mémoire, enregistré le 11 mai 2023, la société Relyens Mutual Insurance, venant aux droits et obligations de la SHAM, a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Timothée Gallaud, président ;

- les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Poisson, avocat de la société Relyens Mutual Insurance.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, agissant en qualité de représentant légal de sa fille B, a saisi la commission de conciliation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) d'Île-de-France d'une demande d'indemnisation amiable tendant à la réparation des conséquences dommageables des conditions de la prise en charge médicale de l'accouchement lors de sa naissance au centre hospitalier intercommunal de Créteil le

23 avril 2003. Après avoir désigné un collège d'expert, la commission a, par plusieurs avis, rendus les 14 avril 2005, 30 juin 2011 et 1er février 2018, estimé que la responsabilité de cet établissement public de santé était engagée. L'assureur de celui-ci n'ayant pas donné suite à ces avis, l'ONIAM s'y est substitué en application des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et a fait une offre d'indemnisation transactionnelle partielle provisionnelle à M. C pour un montant de 44 810,82 euros, en conséquence de quoi un protocole transactionnel a été signé le 6 mai 2019. La SHAM, aux droits de laquelle vient aujourd'hui la société Relyens Mutual Insurance, forme opposition au titre de perception n° 3012 émis et rendu exécutoire le 14 novembre 2019 par le directeur de l'ONIAM pour avoir paiement de cette somme.

Sur les conclusions présentées par la SHAM :

2. Il résulte de l'instruction que le titre de perception en litige a été annulé le 4 août 2020. Par suite, les conclusions présentées par la SHAM, tendant à l'annulation de ce titre et à ce qu'elle soit déchargée de l'obligation de payer la somme mise à sa charge sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du

Val-de-Marne :

4. Lorsqu'il a versé une indemnité à la victime en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, il appartient à l'ONIAM, s'il a connaissance du versement à cette victime de prestations mentionnées à l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la 'circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, d'informer les tiers payeurs concernés afin de leur permettre de faire valoir leurs droits auprès du tiers responsable, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. Il incombe également à l'office d'informer les tiers payeurs, le cas échéant, de l'émission d'un titre de perception à l'encontre du débiteur de l'indemnité ainsi que des décisions de justice rendues sur le recours formé par le débiteur contre ce titre.

5. En revanche, il ne résulte ni de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que les tiers payeurs ayant servi des prestations à la victime en raison de l'accident devraient être appelés en la cause lorsque le débiteur saisit le juge administratif d'une opposition au titre de perception émis sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. Le contentieux relatif aux titres de perception émis par l'ONIAM constitue un contentieux d'une autre nature que celui relatif aux débours dont le remboursement est sollicité par une caisse primaire d'assurance maladie dès lors que, saisi d'un tel recours, le juge administratif se prononce uniquement sur la régularité et le bien-fondé du titre de perception en litige et sur les conclusions reconventionnelles éventuellement présentées par l'ONIAM en vue du recouvrement de la pénalité prévue audit article.

6. Il résulte de ce qui précède que la caisse primaire d'assurance maladie du

Val-de-Marne n'est pas recevable, dans la présente instance, à demander le remboursement des débours qu'elle a exposés à la suite de la prise en charge médicale dont a été l'objet

B C lors de sa naissance. Par suite, les conclusions présentées par la caisse ne peuvent qu'être rejetées, y compris celles qui tendent à l'application des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées par la SHAM.

Article 2 : L'ONIAM versera à la société Relyens Mutual Insurance une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du

Val-de-Marne sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Relyens Mutual Insurance, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 26 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

Le président-rapporteur,

T. GallaudL'assesseur la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

A. Perrin

La greffière,

O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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