jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BLONDEL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mars 2020 et le 17 novembre 2022, M. A B, représenté par le cabinet Blondel Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'administration la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a estimé que la somme correspondant à la vente d'une reproduction d'une peinture sur toile était constitutive d'un revenu d'origine indéterminée, alors qu'il avait produit les pièces justifiant la nature de cette somme, et l'a taxée d'office en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales ; par suite, à défaut de l'avoir invité à souscrire la déclaration correspondante, la procédure est entachée d'irrégularité ;
- la décision de rejet de la réclamation préalable est insuffisamment motivée en fait ;
- à défaut d'avoir été régulièrement avisé du maintien partiel des rectifications notifiées, il a été privé de la garantie substantielle qu'il tient de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales et de la possibilité de saisir l'interlocuteur départemental après le premier recours hiérarchique ;
- la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas été saisie alors qu'elle était compétente en application de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales et qu'il en avait fait la demande ;
- il a produit des justificatifs, dont l'administration fiscale n'a pas tenu compte, établissant que les sommes taxées en tant que revenus d'origine indéterminée l'avaient été à tort ; d'une part, la somme de 13 314 euros correspond à un remboursement des sommes inscrites sur son compte courant dans les écritures de la société Mth, dont il est associé, à hauteur de la somme
de 5 500 euros ; le surplus correspond au remboursement de sommes qui ont été mises à disposition de la société Mths, filiale de la société Mth, qu'il avait avancées pour l'achat de lits à concurrence des sommes de 7 740 euros et 74,60 euros ; d'autre part, la somme de 5 000 euros du 23 juin 2016 correspond au remboursement partiel par la société Aja 2 du loyer qu'il avait avancé le 15 janvier 2016 ; enfin, la somme de 10 000 euros, ayant fait l'objet d'une remise de chèque du 16 juin 2016, provient de la Sas Keppler et associés, et correspond à la vente d'une peinture sur toile qu'il a effectué au profit de de cette société ;
- les pénalités pour manquement délibéré ne sont pas justifiées : d'une part, l'administration fiscale n'apporte pas la preuve que les sommes qu'elle qualifie de revenus d'origine indéterminée auraient été omises de manière délibérée et de mauvaise foi ; d'autre part, la circonstance que les sommes taxées d'office dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée ne suffit pas à établir sa mauvaise foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 août 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2015 et 2016. A l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 12 novembre 2018, des rehaussements, notamment, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée (ROI) au titre de l'année 2016 selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales après avoir estimé que M. B n'avait apporté, à la demande de justification qu'elle lui avait adressée en application de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, aucune réponse ni même un début d'explication s'agissant de certaines sommes représentatives de ROI. L'administration fiscale a partiellement maintenu les rectifications envisagées au titre de l'année 2016 dans la catégorie des ROI consécutivement, d'une part, aux observations présentées le 13 décembre 2018 par M. B, d'autre part, au recours hiérarchique qu'il a présenté le 5 février 2019 et, enfin, au courriel du 10 avril 2019 qu'il a adressé à l'administration fiscale. Les suppléments, en droits et pénalités, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2016 ont été mis en recouvrement le 30 septembre 2019. M. B a formé une réclamation préalable le
5 novembre 2019 que l'administration fiscale a rejetée par une décision du 20 janvier 2020. Par la présente requête, M. B sollicite la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux demeurant à sa charge au titre de l'année 2016.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. / (). / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. () ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16 ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 76 du même livre, dans sa rédaction applicable au litige : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. Cette notification est interruptive de prescription. Lorsque le contribuable est taxé d'office en application de l'article L. 69, à l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut être saisie dans les conditions prévues à l'article L. 59 ". Aux termes de l'article 1651 F du code général des impôts : " Lorsqu'elle est saisie en application du premier alinéa de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires comprend, outre le président, deux représentant des contribuables, choisis par le président parmi ceux visés aux trois premiers alinéas du I de l'article 1651 A et à l'article 1651 B, et un représentant de l'administration ".
3. Il résulte des dispositions de la dernière phrase du premier alinéa de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, telles qu'éclairées par les travaux préparatoires de la loi
du 8 juillet 1987 modifiant les procédures fiscales et douanières dont elles sont issues, qu'en permettant au contribuable taxé d'office en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales à l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires en cas de désaccord persistant avec l'administration, le législateur, qui a prévu que la commission siégeait dans cette hypothèse dans la composition spécifique visée à l'article 1651 F précité, n'a pas entendu restreindre cette possibilité aux seuls cas dans lesquels le désaccord porte sur les matières, mentionnées au I de l'article L. 59 A du même livre, au titre desquelles cette commission est compétente lorsque les rectifications sont mises en œuvre selon la procédure contradictoire des articles L. 55 et suivants du même livre.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale, qui a constaté une discordance entre le montant des sommes portées au crédit des comptes financiers de M. B et les sommes qu'il avait déclarées au titre des années 2015 et 2016, l'a, par une lettre du
23 août 2018, invité à lui fournir, en application de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, toutes justifications sur l'origine des sommes créditées sur ses comptes financiers au titre des années 2015 et 2016. Il ne résulte, toutefois, pas de l'instruction que M. B ait apporté, s'agissant des sommes en litige, soit 13 314 euros, 5 000 euros et 10 000 euros, sous forme de remises de chèques, respectivement les 29 novembre, 23 juin et 16 juin 2016, d'explications et de justifications satisfaisantes sur la nature de ces sommes. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient M. B, l'administration a pu, à bon droit, sans mise en demeure préalable, régulièrement taxer d'office, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, les crédits bancaires demeurés injustifiés en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction, et ce n'est pas contredit, que M. B a, par un courrier du 5 février 2019, reçu le 6 février 2019, ainsi que cela ressort de l'accusé de réception produit en défense, sollicité, de l'administration fiscale ainsi qu'elle " [l'y avait invité], la saisine de la commission départementale des impôts directes et des taxes sur le chiffre d'affaires " en raison de la persistance de désaccords. Or, il n'est pas contesté que l'administration fiscale n'a donné aucune suite à cette demande avant la mise en recouvrement des impositions supplémentaires en litige. Ce faisant M. B a été privé d'une garantie tenant à la possibilité de saisir la commission.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander la décharge totale, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales demeurant à sa charge au titre de l'année 2016.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, qui a la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé, en droits en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales demeurant à sa charge au titre de l'année 2016.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 (mille-cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au
directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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N°2002313
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026