jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003478 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL CABINET D'AVOCATS RENAISSANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2020, M. D A, représenté par Selarl cabinet d'avocats renaissance, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 28 juillet 2016 à 17h15 à Montreuil aux Lions (3 points), 3 avril 2018 à 16h28 Essomes sur Marne (2 points),
21 juillet 2018 à 11h38 à Coutevroult (3 points) et 15 juillet 2019 à 16h41 à Amillis (3 points) ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice somme administrative.
M. A soutient que :
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ; le ministre de l'intérieur doit établir que Mme C disposait effectivement d'une délégation de signature pour pouvoir édicter une telle décision ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 1er et 4 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ; la signature a été pré-imprimée et le seul nom du délégataire éventuel ne suffit pas à répondre aux standards de l'article 4 de la loi ;
- les décisions de retrait de points sont illégales, compte tenu du défaut d'information de l'intéressé.
En ce qui concerne les décisions référencées " 48 SI" :
- à aucun moment de sa verbalisation, lors de chacune des infractions consécutivement auxquelles une décision de retrait de points a été édictée, il n'a bénéficié de l'information prévue par les dispositions L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; il n'a ni reçu l'information réglementaire, ni même été destinataire du double du procès-verbal de constatation des infractions ; il aurait dû être informé de la perte de points encourue, de l'existence d'un traitement automatisé de gestion de son capital de points, de sa faculté à accéder aux informations de ce traitement et les effets attachés au paiement d'une amende forfaitaire en terme de perte de points.
Par un mémoires en défense, enregistré le 9 juillet 2020, le ministère de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- la décision a été prise par une autorité compétente, dès lors qu'elle disposait en sa qualité d'attachée principale et chef du service du fichier national des permis de conduire d'une délégation de signature en vertu de la décision du 28 janvier 2020 publiée au Journal officiel de la République française du 31 janvier 2020 ; en outre, le ministre de l'intérieur est en situation de compétence liée au regard des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- les décisions consécutives aux infractions commises les 21 juillet 2018 et
les 15 juillet 2019 ont été précédées d'une information régulière ; ces infractions ont été relevées postérieurement au 15 avril 2015 par des appareils électroniques faisant apparaître au contrevenant l'ensemble des informations exigées par la loi ;
- la décision consécutive à l'infraction commise le 3 avril 2018 a été précédée d'une information régulière ; le relevé d'information intégral indique que cette infraction a été relevée par un procès-verbal électronique et que le requérant s'est acquitté de l'amende forfaitaire ;
- la décision consécutive à l'infraction commis le 28 juillet 2016 a été précédée d'une information régulière ; l'infraction a été relevée par un procès-verbal électronique ; l'avis de contravention et l'avis de majoration a été expédié au domicile connu du contrevenant ; les avis sont réputés comporter au verso l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; l'avis de contravention du 4 août 2016 est revenu avec la mention " N'habite plus à l'adresse indiquée " ; enfin, l'intéressé n'apporte pas la preuve qu'il a saisi le tribunal de police d'une contestation alors qu'il ne pouvait ignorer l'existence de l'infraction reprochée.
Par ordonnance du 16 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 16 octobre 2020 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 28 juillet 2016 à 17h15 à Montreuil aux Lions (3 points), 3 avril 2018 à 16h28 Essomes sur Marne (2 points), 21 juillet 2018 à 11h38 à Coutevroult (3 points) et 15 juillet 2019 à 16h41 à Amillis (3 points). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 26 mars 2020 ainsi que des décisions référencées " 48 SI" portant retrait de points consécutivement aux infractions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions référencées " 48 " :
2. M. A soutient que les décisions référencées " 48 SI " portant retrait de points consécutivement aux infractions qui ont été énoncées sur la décision référencée " 48 SI "
du 26 mars 2020 sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière méconnaissant son droit à l'information fondé sur les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 28 juillet 2016 :
3. Il résulte de l'instruction que l'infraction du 28 juillet 2016 imputée à M. A a fait l'objet d'une constatation par procès-verbal électronique n° 6345333196 par un officier de police judiciaire en fonction au sein de la brigade territoriale autonome de Charly-sur-Marne pour des faits d'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation. Toutefois, si le ministre de l'intérieur verse à l'instance l'édition sur feuillet du procès-verbal électronique constatant l'infraction, ce dernier document n'est signé que du seul agent de la force publique. En outre, si le ministre de l'intérieur verse également un document intitulé " dossier transmis " faisant état d'une absence de retour à l'administration de l'avis de contravention émis à l'intéressé, cette pièce à elle-seule ne permet pas d'établir que l'intéressé aurait réceptionné l'avis de contravention émis le 4 août 2016 à son encontre. Cependant, il résulte de l'instruction que
M. A s'est vu retirer à deux reprises son permis de conduire pour solde de point nul et qu'il a fait l'objet de nombreuses infractions pour usage d'un téléphone tenu en main par un conducteur d'un véhicule en circulation les 11 décembre 2013, 13 juin 2013, 30 avril 2012, 14 avril 2012,
26 novembre 2011 et 7 octobre 2009. Par suite, compte tenu de la répétition des infractions de même nature en conséquence desquelles il a été par le passé privé de son titre de conduite à deux reprises, M. A ne saurait se prévaloir de son défaut d'information au sens des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route pour sérieusement soutenir qu'il a été privé d'une garantie de procédure préalablement à l'édiction de la décision en litige qui lui retire des points pour la huitième fois en conséquence de ce qu'il a conduit en usant d'un téléphone. Par suite, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 28 juillet 2016 doit être rejeté.
S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 21 juillet 2018 :
4. Il ressort du procès-verbal électronique n° 6255463451 établi le 21 juillet 2018 à la suite de l'infraction d'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation commise sur le territoire de la commune de Coutevroult et produit par le ministre de l'intérieur en défense que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Par suite, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 21 juillet 2018 doit être rejeté.
S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 15 juillet 2019 :
5. Il ressort du procès-verbal électronique n° 6235399595 établi le 15 juillet 2019 à la suite de l'infraction d'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation commise sur le territoire de la commune d'Amillis et produit par le ministre de l'intérieur en défense que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Par suite, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 15 juillet 2019 doit être rejeté.
S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 3 avril 2018 :
6. Il ressort également du relevé d'information intégral établi le 6 juillet 2020 relatif au permis de conduire de M. A que ce dernier s'est acquitté de l'amende forfaitaire résultant de l'infraction d'excès de vitesse commises le 3 avril 2018 à Essomes-sur-Marne. Ainsi, le requérant est réputé avoir reçu les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalablement à la décision de retrait de points consécutive à cette infraction doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points référencées " 48 SI " consécutives aux infractions commises par
M. A les 28 juillet 2016, 3 avril 2018, 21 juillet 2018 à 11h38 et 15 juillet 2019.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
8. En premier lieu, par une décision du 28 janvier 2020, publiée au Journal Officiel de la République française du 31 janvier 2020, le Ministre de l'intérieur a donné compétence à Mme E C, chef du service du fichier national des permis de conduire, pour signer les décisions de la nature de la décision " 48SI " en litige dans la présente instance. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, codifiant les dispositions de l'article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que la décision référencée " 48 SI " du 26 mars 2020 comporte la signature lisible de Mme E C, ainsi que son prénom et son nom, et sa qualité de cheffe du bureau national des droits à conduire ayant agi pour le ministre de l'intérieur et par sa délégation. Si le requérant soutient que le document en litige est irrégulier en raison de ce que la signature de son auteure aurait été pré-imprimée, il ne l'établit pas. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'une irrégularité substantielle ne peut qu'être écarté.
11. En troisième lieu, les décisions de retrait de points référencées " 48 SI " consécutives aux infractions commises par M. A les 28 juillet 2016, 3 avril 2018, 21 juillet 2018 à 11h38 et 15 juillet 2019 n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégales, le requérant n'est pas fondé à invoquer le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision référencée " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire.
12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ayant été rejetées, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent également qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022 .
Le magistrat désigné,
S. BLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2003478
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026