jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003518 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 12 mai 2020 et
le 18 juillet 2020, M. C A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées 16 juillet 2018 à 9h52 à Esbly (3 points), 2 mai 2019 à 6h50 à Emerainville (3 points), 8 juin 2019 à 16h25 à Pontaut Combaut (3 points), et 16 août 2019 à 6h35 à Emerainville (3 points) ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice somme administrative ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par l'Etat tendant à la mise à sa charge d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
En ce qui concerne les décisions référencées " 48 SI " :
- l'ensemble des informations préalables prescrites par les dispositions des articles
L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été respecté pour les infractions des 16 juillet 2018 à 9h52 à Esbly (3 points), 2 mai 2019 à 6h50 à Emerainville (3 points), 8 juin 2019 à 16h25 à Pontaut Combaut (3 points), et 16 août 2019 à 6h35 à Emerainville (3 points) ;
- l'information doit être complète et porter sur les règles de réduction de points prévues à l'article L. 223-2 du code de la route, l'existence d'un traitement automatisé relatif aux points du permis de conduire et le droit d'accès aux données du traitement, les conséquences du paiement de l'amende et de l'exécution d'une composition pénale sur la reconnaissance de la réalité de l'infraction et en matière de retrait de points ;
- le procès-verbal électronique n'est pas conforme aux exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le paiement de l'amende forfaitaire est sans incidence sur le droit à l'information du justiciable ; les mentions du relevé d'information intégral ne sont pas suffisantes ; l'émission du titre exécutoire en matière d'amende forfaitaire majorée est sans incidence sur le droit à l'information ;
- les décisions consécutives aux infractions du 16 juillet 2018 et du 2 mai 2019 sont irrégulières ; la seule mention au relevé d'information intégral ne suffit pas pour établir la satisfaction de l'obligation d'information ; l'intéressé est simplement invité à signer un procès-verbal électronique mais à aucun moment il ne prend connaissance de l'information utile ; l'intéressé n'a pas communication du procès-verbal ; l'administration n'a versé aux débats que le troisième volet du formulaire de l'agent verbalisateur ;
- la décision consécutive à l'infraction du 8 juin 2019 est irrégulière ; seule la signature de l'agent verbalisateur apparaît ; il n'est d'ailleurs pas fait mention d'un " refus de signer " ; les mentions du procès-verbal sont incomplètes, notamment en ce qui concerne le principe selon lequel le paiement de l'amende vaut reconnaissance de la réalité de l'infraction et implique la réduction du nombre de points ou encore l'existence d'un traitement de données et du droit d'accès ; le nombre de points retiré figure dans la seule " annexe " au procès-verbal qui ne porte pas la signature du requérant ; il ressort du " dossier transmis " produit en défense que c'est par courrier libre " DHP " et non par une requête en exonération que l'intéressé a contesté son amende, ce qui montre bien qu'il n'a pas eu connaissance d'un avis comportant l'ensemble de l'information préalable.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- les retraits de points consécutifs aux infractions susmentionnées étant irréguliers, la décision " 48 SI " doit être annulée par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information :
- la décision consécutive à l'infraction du 16 juillet 2018 est régulière ; l'infraction a été constatée par procès-verbal électronique, ce qui signifie que M. A a reçu l'information prévue par les dispositions L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route car l'appareil électronique sécurisé utilisé par l'agent verbalisateur est réglé pour mentionner une telle information ;
- la décision consécutive à l'infraction du 2 mai 2019 est régulière ; l'infraction a également été relevée par procès-verbal électronique ; la mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui a été présentée possède une valeur probante ;
- la décision consécutive à l'infraction du 8 juin 2019 est régulière ; l'infraction a été relevée par procès-verbal électronique ; il ressort de l'historique des documents que l'avis de contravention a été adressé au domicile du contrevenant le 18 juin 2019 et qu'une requête en exonération a été reçue le 23 août 2019 où l'intéressé soutient que l'infraction est imputable à un autre conducteur ; l'intéressé a bien reçu l'information utile comme le démontre sa réclamation, sauf à ce qu'il justifie avoir été destinataire d'un avis incorrect ou incomplet ;
- la décision consécutive à l'infraction du 16 août 2019 est régulière ; M. A a réglé l'amende forfaitaire et l'infraction a été relevée par procès-verbal électronique.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions :
- les mentions " AF ", " AM ", et " 76 " figurant au relevé d'information intégral permettent d'établir la réalité des infractions querellées.
Par ordonnance du 2 septembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 2 novembre 2020 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 16 juillet 2018 à 9h52 à Esbly (3 points), 2 mai 2019 à 6h50 à Emerainville
(3 points), 8 juin 2019 à 16h25 à Pontaut Combaut (3 points), et 16 août 2019 à 6h35 à Emerainville (3 points). Par une décision en date du 26 mars 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 26 mars 2020 et des décisions référencées " 48 SI" portant retrait de points consécutivement aux infractions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
3. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
En ce qui concerne les décisions référencées " 48 SI" :
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 16 juillet 2018 :
5. En premier lieu, il ressort du procès-verbal n° 6255868494 établi le 16 juillet 2018 à la suite de l'infraction de conduite sans port de la ceinture de sécurité commise à Ebly et produit par le ministre de l'intérieur en défense que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. En outre, il ressort de ce procès-verbal que M. A l'a signé. Par suite, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfaite à l'obligation d'information. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 16 juillet 2018 doit être rejeté.
6. En second lieu, il résulte du relevé d'information intégral établi le 29 juin 2020 concernant la situation de M. A qu'un titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée a été émis contre le contrevenant. En outre, il ne résulte pas de l'instruction de ce que M. A aurait présenté une réclamation dans les conditions de l'article 530 du code de procédure pénale à l'encontre de ce titre. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 2 mai 2019 :
7. En premier lieu, il ressort du procès-verbal électronique n° 6115272472 établi
le 2 mai 2019 à la suite de l'infraction de changement de direction d'un véhicule effectué sans avertissement préalable et produit par le ministre de l'intérieur en défense que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Il s'ensuit que quand bien même M. A aurait refusé de signer ce procès-verbal, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfaite à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 2 mai 2019 doit être rejeté.
8. En second lieu, il résulte du relevé d'information intégral établi le 29 juin 2020 concernant la situation de M. A qu'un titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée a été émis contre le contrevenant. En outre, il ne résulte pas de l'instruction de ce que M. A aurait présenté une réclamation dans les conditions de l'article 530 du code de procédure pénale à l'encontre de ce titre. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 8 juin 2019 :
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral édité le 29 juin 2020 concernant la situation de M. A que l'infraction d'arrêt ou de stationnement dangereux de véhicule commise le 8 juin 2019 a été relevée par un procès-verbal électronique dressée le 9 juin 2019 par l'agent verbalisateur sans interpellation et que cette infraction a donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée. En outre, il ressort de l'annexe au procès-verbal n° 6105928580 que l'adresse de M. A connue par le système d'informations gérant les soldes de point afférents aux permis de conduire est située au 15 place des amoureux à Emerainville (77184), adresse figurant dans la requête de M. A comme étant celle de son domicile. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que le pli comportant l'avis de contravention relatif à cette infraction serait revenu avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ". Dans ces conditions, l'avis de contravention relatif à cette infraction doit être regardé comme étant parvenu au requérant. Or, cet avis est réputé comporter au verso les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par l'administration de son obligation d'information au sens des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne peut qu'être écarté.
10. En second lieu, il résulte du relevé d'information intégral établi le 29 juin 2020 concernant la situation de M. A qu'un titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée a été émis contre le contrevenant. En outre, il ne résulte pas de l'instruction de ce que M. A aurait présenté une réclamation dans les conditions de l'article 530 du code de procédure pénale à l'encontre de ce titre. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 16 août 2019 :
11. En premier lieu, il résulte du relevé d'information intégral édité le 29 juin 2020 concernant la situation de M. A que ce dernier a réglé une amende forfaitaire au titre de l'infraction de changement de direction sans avertissement préalable commise le 16 août 2019. En outre, le ministre de l'intérieur soutient sans être contredit que cette amende forfaitaire a donné lieu à un paiement différé. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pas bénéficié de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
12. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent M. A s'est acquitté de l'amende forfaitaire émise à son encontre à la suite de l'infraction du 16 août 2019. En outre, il ne résulte pas de l'instruction de ce que le contrevenant aurait présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de cette infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions référencées " 48 SI " portant retrait de points consécutivement aux infractions constatées 16 juillet 2018, 2 mai 2019, 8 juin 2019, et 16 août 2019.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
14. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. A pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis quatre infractions pour un total de douze points retirés. Ainsi qu'il a été dit au point 13 du présent jugement, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des quatre décisions portant retrait de point édictées consécutivement à ces quatre infractions. Dans ces conditions, le solde de points du permis de conduire du requérant était bien nul et le ministre de l'intérieur ne pouvait légalement que constater la perte de validité de son titre de conduite.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 26 mars 2020 du ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. A, n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. En premier lieu, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais engagés par lui et non compris dans les dépens.
20. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant aux rejets de conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute pour cette autorité ministérielle d'avoir présenté de telles conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022 .
Le magistrat désigné,
S. BLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2003518
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026