vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003522 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2020, Mme Fatima Araci, représentée par Me Rouquette, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 50 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le préfet de Seine-et-Marne a commis une faute en exécutant tardivement et partiellement le jugement du tribunal administratif de Melun n°1506452 et n°1506637 du 6 février 2018 ;
- la carence fautive de l'administration lui a causé un préjudice moral à hauteur de 50 000 euros.
La requête a été communiquée le 13 mai 2020 au préfet de Seine-et-Marne, qui n'a pas produit de mémoire, en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 25 septembre 2020.
Par ordonnance du 15 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2022 à midi.
Un mémoire présenté par le préfet de Seine-et-Marne a été enregistré le 19 juin 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourdin, conseillère rapporteure,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée par Mme A et enregistrée le 22 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Fatima Araci, conseillère d'éducation populaire et de jeunesse, a exercé les fonctions de cheffe de bureau à la direction départementale de la cohésion sociale de Seine-et-Marne. Par jugement n°1506452 et n°1506637 du 6 février 2018, le tribunal administratif de Melun a annulé les décisions des 7 et 8 juillet 2014 lui refusant le bénéfice de congés de maladie, la " décision de congé maladie " du 3 juin 2014 et la décision du préfet de Seine-et-Marne en date du 10 juillet 2015 en tant qu'elles lui refusent le bénéfice des congés de maladie au titre du second alinéa du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, la première pour la période du 20 avril au 28 mai 2014, la seconde pour l'ensemble de la période ayant commencé le 17 mars 2014, l'arrêté interministériel du 7 juillet 2015 ainsi que les arrêtés du ministre de la ville, de la jeunesse et des sports des 30 octobre 2015 et 14 janvier 2016 et l'article 1er de l'arrêté du même ministre en date du 21 mars 2016. Par ce même jugement, il était enjoint au préfet de Seine-et-Marne, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, d'une part de rétablir Mme A dans ses droits à congés annuels pour la période du 17 mars au 28 avril 2014, d'autre part, de lui verser la somme correspondant à la différence entre le montant de la rémunération qu'elle aurait dû percevoir durant la période du 17 mars 2014 au 31 mars 2016 et celui de la rémunération qu'elle a perçue durant cette période, cette somme devant être assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 août 2016. Il était également mis à la charge de L'Etat le versement à Mme A d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le surplus des conclusions de la requête étant rejeté. Par ordonnance n° 1506452- 1506637 du 16 mars 2018, ce jugement a fait l'objet d'une rectification d'erreur matérielle s'agissant de la date anniversaire de la capitalisation des intérêts dus sur la somme correspondant à la différence entre le montant de la rémunération que Mme A aurait dû percevoir durant la période du 17 mars 2014 au 31 mars 2016 et celui de la rémunération qu'elle a perçue durant cette période afin de prévoir que cette capitalisation courrait à compter du 6 août 2016 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date. Par jugement n°1905731 du 30 mars 2020, le tribunal administratif de Melun a, dans le cadre d'une phase juridictionnelle d'exécution de ce jugement du 6 février 2018, prononcé une astreinte à l'encontre du préfet de Seine-et-Marne s'il ne justifiait pas avoir, dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement, versé la somme de 24 069,76 euros à Mme A en application de l'article 4 du jugement n°1506452-1506637 du 6 février 2018, le taux de l'astreinte étant fixé à 50 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du jugement. Il a également enjoint au préfet de Seine-et-Marne de rétablir les droits à congés de Mme A, à hauteur de trois jours de congés, au titre de la période du 17 mars au 28 avril 2014 et de vingt-quatre jours de congés, au titre de la période du 29 avril 2015 au 31 mars 2016, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai. Il a également enjoint au préfet de Seine-et-Marne de procéder à la reconstitution des droits sociaux de Mme A correspondant à la période de son éviction illégale, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui verser les intérêts au taux légal, jusqu'à la date de versement des sommes dues à Mme A, majoré de cinq points à compter du 16 mai 2018 en application de l'article L.313-3 du code monétaire et financier, ayant couru à compter du 6 août 2015, capitalisés au 6 août 2016, 2017, 2018 et 2019 et a mis à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il a enfin ordonné au préfet de Seine-et-Marne de communiquer les actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n°1506452-1506637 du 6 février 2018 et a rejeté le surplus des conclusions de la requête. Par courrier du 3 mars 2020, reçu par les services de la préfecture de Seine-et-Marne le 4 mars 2020, Mme A a formé une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir l'indemnisation du préjudice moral résultant depuis le 6 février 2018 de l'inexécution totale du jugement du 6 février 2018 précité jusqu'au mois de février 2020 et pour le reliquat d'exécution à compter du mois de février 2020. Par la requête susvisée, Mme A demande l'indemnisation du préjudice moral résultant de la faute de l'Etat dans l'exécution du jugement du 6 février 2018.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 25 septembre 2020, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas produit d'observations en réponse à la requête avant la clôture d'instruction. Il doit en conséquence être regardé comme acquiesçant aux faits énoncés dans la requête dont l'inexactitude ne ressort pas des pièces du dossier, en vertu des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.
Sur la responsabilité de l'Etat et le préjudice subi par Mme A :
3. En premier lieu, Mme A fait valoir que l'Etat a commis une faute en exécutant tardivement une partie seulement du jugement du 6 février 2018 et en ne procédant pas au versement des intérêts dus au titre des années 2018 à 2020, ni à leur capitalisation sur ces trois années, ni au rétablissement de ses droits à congés. Il résulte de l'instruction qu'en vertu du jugement du 6 février 2018 précité, le préfet de Seine-et-Marne disposait d'un délai de deux mois à compter de la notification du jugement pour d'une part, rétablir Mme A dans ses droits à congé annuel pour la période du 17 mars au 28 avril 2014 et, d'autre part, lui verser la somme correspondant à la différence entre le montant de la rémunération qu'elle aurait dû percevoir durant la période du 17 mars 2014 au 31 mars 2016 et celui de la rémunération qu'elle a perçue durant cette période, cette somme devant être assortie des intérêts à compter du 6 août 2015 avec capitalisation des intérêts dus à compter de chaque échéance annuelle. Toutefois, si l'administration a procédé au versement des sommes dues au titre des frais exposés et non compris dans les dépens le 8 mars 2018, elle n'a réglé les sommes dues au titre de la régularisation de rémunération que fin février 2020, après échec de la phase administrative d'exécution du jugement du 6 février 2018 et audiencement de l'affaire en phase juridictionnelle. Le préfet qui n'a produit aucune observation durant la phase d'instruction de la présente instance ne justifie ni avoir exécuté les autres dispositions du jugement, ni de circonstances de nature à justifier le retard et l'absence d'exécution totale du jugement litigieux. Ce délai déraisonnable d'exécution et le caractère seulement partiel de celle-ci constituent des fautes de nature à engager la responsabilité de l'Etat. En outre, quand bien même, le préfet aurait exécuté depuis lors le jugement du 6 février 2018, cette seule circonstance n'est pas de nature à retirer le caractère fautif du retard d'ores et déjà constaté.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction que du fait de cette faute de l'administration, Mme A a dû multiplier ses démarches pour faire valoir ses droits, renoncer à des soins dentaires ainsi que solliciter l'aide de ses proches depuis le courant du mois de mars 2018. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral constitué par ces éléments en l'évaluant à 2 500 euros.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat est condamné à payer à Mme A la somme de 2 500 euros au titre de son préjudice moral.
Sur les frais du litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à payer à Mme A la somme de 2 500 euros au titre du préjudice moral subi.
Article 2 : L'État versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme Fatima Araci et au ministre des solidarités de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
C. LEDAMOISEL
La greffière,
H. BOURDAIS
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026