jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003573 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 14 mai 2020 et
le 29 juin 2020, M. A C, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 9 juillet 2017 à 18h33 à Rosny-sous-Bois (un point), 7 septembre 2017 à 11h21 à Pomponne (un point),
26 mars 2018 à 16h34 à Lieusaint (un point), 26 avril 2018 à 14h08 à La Ville-du-Bois (un point), 2 janvier 2019 à 17h55 à Pomponne (trois points), 2 janvier 2019 à 17h56 à Pomponne
(trois points), 2 janvier 2019 à 17h57 à Pomponne (trois points), et 12 janvier 2020 à 15h53 à Bernay-Vilbert (quatre points) ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice somme administrative ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par l'Etat tendant à la mise à sa charge d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
En ce qui concerne les décisions référencées " 48 SI " :
S'agissant des décisions relatives aux infractions commises les 9 juillet 2017,
7 septembre 2017, 26 mars 2018, 26 avril 2018 et 12 janvier 2020 :
- l'ensemble des informations préalables prescrites par les dispositions des
articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été respecté pour les infractions
des 9 juillet 2017 à 18h33 à Rosny-sous-Bois (un point), 7 septembre 2017 à 11h21 à 11h21 à Pomponne (un point), 26 mars 2018 à 16h34 à Lieusaint (un point), 26 avril 2018 à 14h08 à La Ville-du-Bois (un point) et 12 janvier 2020 à 15h53 à Bernay-Vilbert (quatre points) ;
- l'information doit être complète et porter sur les règles de réduction de points prévues à l'article L. 223-2 du code de la route, l'existence d'un traitement automatisé relatif aux points du permis de conduire et le droit d'accès aux données du traitement, les conséquences du paiement de l'amende et de l'exécution d'une composition pénale sur la reconnaissance de la réalité de l'infraction et en matière de retrait de points ;
- le procès-verbal électronique n'est pas conforme aux exigences des articles
L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le paiement de l'amende forfaitaire est sans incidence sur le droit à l'information du justiciable ; les mentions du relevé d'information intégral ne sont pas suffisantes ; l'émission du titre exécutoire en matière d'amende forfaitaire majorée est sans incidence sur le droit à l'information.
S'agissant des décisions relatives aux infractions commises le 2 janvier 2019 :
- la décision en litige méconnait les dispositions de l'article L. 223-2 du code de la route et du décret n° 2003-642 du 11 juillet 2003 concernant la limitation du cumul de retrait de points, codifiées à l'article R. 223-2 du code de la route ; les infractions du 2 janvier 2019 ont généré un cumul de retrait de points dépassant la limite de 8 points ; cinq infractions ont fait l'objet d'un avis dont trois ont déclenché un retrait de points à savoir le franchissement de ligne continue (17h55), la conduite sans laisser de distance de sécurité suffisante au véhicule qui précède (17h56) et le dépassement de véhicule par la droit (17h57) ; mais deux autres infractions lui sont reprochées : conduite à une vitesse excessive eu égard aux circonstances (17h56) et circulation de véhicule avec maintien des feux de route (17h56) ; ces infractions ont été commises simultanément et ont fait l'objet d'un même contrôle par un même agent verbalisateur ;
- les procès-verbaux des infractions du 2 janvier 2019 ont été dressés par le même agent verbalisateur ; ces trois infractions ont été commises simultanément ; si en défense, l'administration consent à estimer que les infractions de franchissement de la ligne continue (à Pomponne à 17H55) et de dépassement par la droite (à Saint-Thibaud-des-Vignes à 17h57) sont simultanées, il faut étendre cette approche à la troisième infraction à savoir le défaut de respect des distances de sécurité car elle a été commise à Pomponne comme le franchissement de la ligne continue ; en retirant neuf points au solde du permis de conduire de M. C, l'administration a commis une erreur de droit en tant que le retrait de points excès la limite de huit points.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- les retraits de points consécutifs aux infractions susmentionnées étant irréguliers, la décision " 48 SI " doit être annulée par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2020, le ministère de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
En ce qui concerne les décisions relatives aux infractions commises les 9 juillet 2017,
7 septembre 2017, 26 mars 2018, 26 avril 2018 et 12 janvier 2020 :
S'agissant du moyen tiré du défaut d'information :
- les décisions consécutives aux infractions du 2 janvier 2019 commises à 17h55, 17h56 et 17h57 sont régulières ; il ressort du relevé d'information intégral que ces infractions ont été constatées par procès-verbal électronique au moyen d'un appareil électronique sécurisé garantissant la complétude de l'information donnée au contrevenant ; le requérant a payé l'amende forfaitaire prévue par les dispositions de l'article 529 du code de procédure pénale ;
- les décisions consécutives aux infractions du 9 juillet 2017, 7 septembre 2017,
26 mars 2018 et 26 avril 2018 sont régulières ; il ressort du relevé d'information intégral que ces infractions ont été constatées par radar automatique et que l'intéressé s'est acquitté d'une amende forfaitaire.
S'agissant du moyen tiré du défaut d'établissement des infractions :
- les mentions " AF " figurant au relevé d'information intégral permettent d'établir la réalité des infractions querellées.
En ce qui concerne les décisions relatives aux infractions commises le 2 janvier 2019 :
- ces décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 223-2 et R. 223-2 du code de la route ; si le retrait de points ne peut excéder huit points compte tenu de leur simultanéité, les infractions n'ont pas été commises simultanément mais successivement ; si le dépassement de véhicule par la droite et le franchissement de ligne continue peuvent être commis simultanément, la conduite d'un véhicule sans respect des distances de sécurité ne peut être commis simultanément aux deux autres infractions ; les infractions n'ont pas été commises dans les mêmes communes ; en tout état de cause, si l'administration avait tenu compte de la règle de limitation du cumul des pertes de points, son permis de conduire aurait perdu sa validité compte tenu de la seule perte de seize points.
Par ordonnance du 22 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 22 octobre 2020 à midi.
Par une lettre du 9 juin 2022 le Tribunal a informé les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le présent jugement est susceptible de reposer sur un moyen relevé d'office tiré de ce que certaines conclusions à fin d'annulation sont dirigées contre des décisions de retrait de points qui ont été retirées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 9 juillet 2017 à 18h33 à Rosny-sous-Bois (un point), 7 septembre 2017 à 11h21 à 11h21 à Pomponne (un point), 26 mars 2018 à 16h34 à Lieusaint (un point), 26 avril 2018 à 14h08 à La Ville-du-Bois (un point), 2 janvier 2019 à 17h55 à Pomponne (trois points), 2 janvier 2019 à 17h56 à Pomponne (trois points), 2 janvier 2019 à 17h57 à Pomponne (trois points), et 12 janvier 2020 à 15h53 à Bernay-Vilbert (quatre points). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI "
du 26 mars 2020 ainsi que des décisions référencées " 48 SI " de retrait de points consécutives aux infractions précitées.
Sur l'étendue du litige :
2. M. C demande l'annulation des décisions par lesquelles un point lui a été retiré de son permis de conduire consécutivement aux infractions commises le 7 septembre 2017 à 11h21 sur le territoire de Pomponne et le 26 avril 2018 à 14h08 sur le territoire de la Ville-du-Bois. Toutefois, il ressort du relevé d'information intégral en date du 2 juin 2020 produit par le ministre en défense que ces points ont été restitués à l'intéressé par l'effet du mécanisme de reconstitution automatique du solde de point le 6 mai 2018 et le 18 novembre 2018. Ainsi, ces deux décisions de retrait de point en litige doivent être regardées comme étant retirées. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions de retrait d'un point consécutives aux infractions commises les 7 septembre 2017 et 26 avril 2018 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction tendant à la restitution de ces points ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation tendant à l'annulation des décisions référencées " 48 SI " de retrait de points en litige :
En ce qui concerne les décisions relatives aux infractions commises les 9 juillet 2017,
26 mars 2018 et 12 janvier 2020 :
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 9 juillet 2017 constatée par radar automatique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
3. En premier lieu, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
4. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 2 juin 2020 concernant la situation de M. C que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse commise à Rosny-sous-Bois le 9 juillet 2017 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.
5.En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent M. C s'est acquitté de l'amende forfaitaire émise à son encontre à la suite de l'infraction du 9 juillet 2017. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le contrevenant aurait présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de cette infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant retrait de point consécutive à l'infraction du
9 juillet 2017.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction 26 mars 2018, constatée par radar automatique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
7. En premier lieu, il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité
le 2 juin 2020 concernant la situation de M. C que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse commise à Lieusaint le 26 mars 2018 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.
8. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent M. C s'est acquitté de l'amende forfaitaire émise à son encontre à la suite de l'infraction du 26 mars 2018. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le contrevenant aurait présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de cette infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant retrait de point consécutive à l'infraction
du 26 mars 2018.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction 12 janvier 2020, constatée par procès-verbal électronique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
10. En premier lieu, les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
11. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral établi le 2 juin 2020 relatif au permis de conduire de M. C que l'intéressé s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire afférente à l'infraction commise le 12 janvier 2020 à 15h53 à Bernay-Vilbert concernant le non-respect de l'arrêt absolu au stop à une intersection, laquelle a été relevée par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé. Il s'en infère que
M. C a nécessairement reçu à son domicile les avis de contravention afférents à cette infraction. Dans ces conditions, alors que l'intéressé n'a pas produit cet avis ni par conséquent démontré son caractère éventuellement inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable.
12. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent M. C s'est acquitté de l'amende forfaitaire émise à son encontre à la suite de l'infraction du 12 janvier 2020. En outre, il ne résulte pas de l'instruction de ce que le contrevenant aurait présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de cette infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
13. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant retrait de point consécutive à l'infraction du 12 janvier 2020.
En ce qui concerne les décisions relatives aux infractions commises le 2 janvier 2019 à 17h55, 17h56 et 17h57 :
14. Aux termes de l'article L. 223-2 du code de la route : " () III. Dans le cas où plusieurs infractions entraînant retrait de points sont commises simultanément, les retraits de points se cumulent dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points ". Aux termes de l'article R.223-2 du même code : " Dans les cas où plusieurs infractions entraînant retrait de points sont commises simultanément, les retraits de points se cumulent dans la limite de huit points. ".
15. Il résulte de ces dispositions que, dans l'hypothèse où un conducteur commet simultanément plusieurs infractions, seuls huit des douze points affectés à son permis de conduire peuvent lui être retirés.
16. Il résulte de l'instruction, et notamment des cinq avis de contravention produits par M. C que ce dernier a été verbalisé par le même agent le 2 janvier 2019 à 17h55 pour un franchissement de ligne continue sur l'autoroute A104 au point repère n° 023.500 à Pomponne, à 17h56 pour une conduite sans respect des interdistances entre véhicules sur l'autoroute A104 au point repère n° 024.000 à Pomponne, à 17h56 pour une conduite à une vitesse excessive eu égard aux circonstances sur l'autoroute A104 au point repère n° 024.000 à Pomponne, à 17h56 pour une conduite avec maintien des feux de route en circulant à faible distance avec le véhicule suivant de nuit sur l'autoroute A104 au point repère n° 024.000 à Pomponne, et à 17h57 pour un dépassement d'un véhicule par la droite sur l'autoroute A104 au point repère n° 025.000 à Saint-Thibaud-des-Vignes. En outre, il ressort du relevé d'information intégral édité le 2 juin 2020 concernant la situation de M. C versé par le ministre de l'intérieur en défense qu'en conséquence de ces cinq infractions commises le 2 janvier 2019, le ministre de l'intérieur n'a infligé au requérant que trois décisions référencées " 48 SI " consécutives à l'infraction de franchissement de ligne continue constatée à 17h55, à l'infraction de conduite sans respect de l'interdistance constatée à 17h56 et à l'infraction de dépassement de véhicule par la droite constatée à 17h57.
17. D'une part, si le ministre en défense oppose que l'infraction de dépassement par la droite a été commise sur le territoire de la commune de Saint-Thibaud-des-Vignes tandis que les deux infractions de franchissement de ligne continue et de méconnaissance des interdistances entre véhicules ont été commises sur le territoire de la commune de Pomponne, cette circonstance ne permet pas à elle-seule de retirer le caractère simultané des trois infractions dès lors qu'elles ont été commises sur le même autoroute dans un laps de temps de deux minutes. D'autre part, si le ministre en défense soutient que l'infraction de conduite sans respect des interdistances doit être détachée des infractions de franchissement de la ligne continue et de dépassement d'un véhicule par la droite, ces trois infractions aux règles de circulation qui ont été commises sur une distance de 1,5 kilomètre et dans un intervalle de deux minutes sur la même voie au moyen d'un même véhicule intercepté par le même agent verbalisateur doivent être regardées dans les circonstances de l'espèce comme présentant également un caractère de simultanéité. Par suite, en procédant au retrait de neuf points du permis de conduire de M. C à la suite de ces trois infractions, le ministre de l'intérieur a méconnu les dispositions précitées du code de la route fixant à huit le nombre maximal de points pouvant être retirés à la suite d'infractions commises simultanément. Toutefois, il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Saisi de conclusions dirigées contre plusieurs décisions du ministre de l'intérieur procédant à un retrait de points, le juge peut soit les rejeter, soit prononcer l'annulation demandée, soit réformer la décision en réduisant le nombre de points retirés. Dans ces conditions, il y a lieu d'annuler la troisième décision prise le 2 janvier 2019 à la suite des trois infractions simultanées, en l'espèce la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 2 janvier 2019 à 17h57 sur le territoire de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes, dans la mesure où le retrait de points opéré par ces trois décisions excède la limite de huit points fixée par les dispositions susmentionnées.
18. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est fondé à demander l'annulation que de la seule décision référencée " 48 SI " portant retrait de point consécutive à l'infraction commise le 2 janvier 2019 à 17h57 en tant qu'elle inflige au requérant un retrait de trois points alors qu'elle ne pouvait lui infliger qu'un retrait de deux points.
Sur les conclusions à fin d'annulation tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " :
19. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis infractions pour un total de dix-sept points retirés. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, les deux points qui avaient été retirés à M. C consécutivement aux infractions commises les 7 septembre 2017 et 26 avril 2018 lui ont été restitués par l'effet du mécanisme de reconstitution automatique du solde de points. En outre, et ainsi qu'il a été dit au point 18 du présent jugement, l'annulation de la décision relative à l'infraction commise le 2 janvier 2019 à 17h57 n'a été prononcée qu'en tant qu'elle a opéré un retrait de trois points alors qu'elle ne pouvait régulièrement opérer qu'un retrait de deux points. Ainsi, le retrait des deux décisions de retrait d'un point du solde afférent au permis de conduire de M. C et l'annulation du retrait d'un point sur trois concernant l'infraction commise le 2 janvier 2019 à 17h57 n'a pas pour effet de rendre positif le solde de points attaché au permis de conduire du requérant.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " en date du 26 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
22. Le présent jugement qui annule une des trois décisions relatives aux infractions commises le 2 janvier 2019 en tant seulement que le retrait de points qu'elle opère excède la limite fixée par les dispositions de l'article L. 223-2 du code de la route et qui rejette les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision d'invalidation du permis de conduire de M. C en raison d'un solde de point nul n'a pas pour effet de rendre le solde de point afférent au permis de conduire de l'intéressé positif. Par suite, le présent jugement n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation "
24. En premier lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
25. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant au rejet de conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute pour cette autorité ministérielle d'avoir présenté de telles conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision référencée " 48 ", par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de trois points affectés au permis de conduire de M. C à la suite de l'infraction commise par ce dernier le 2 janvier 2019 à 17h57, est annulée en tant que le retrait de points qu'elle opère excède le quantum de deux points.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'interieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022 .
Le magistrat désigné,
S. BLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2003573
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026