lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003611 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | FRANCK COHEN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mai 2020 et 18 novembre 2020,
M. A D B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions référencées " 48 " par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 13 novembre 2012 à 16h52 à Villabe (trois points) et 28 mars 2019 à 16h26 à Paris (trois points) ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 18 octobre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé devant le ministre de l'intérieur ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté d'un solde de points résultant de la restitution des points illégalement retirés sur son permis de conduire consécutivement aux infractions constatées les 28 mars 2019 et 13 novembre 2012 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les deux décisions de retrait de points en litige :
- il conteste avoir reçu une quelconque information conforme aux articles L.223-3 et suivants ou à l'article R.223-3 du code de la route ; il n'a pas reçu l'information préalable de retrait de points alors que ces infractions ont fait l'objet d'une interception ; il n'a d'ailleurs pas acquitté les amendes forfaitaires majorées ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la réalité des infractions commises en violation de l'article L.223-1 du code de la route ; il n'a pas acquitté les amendes forfaitaires majorées, mais il s'est borné à verser une consignation pour lesdites infractions ; le requérant a d'ailleurs formé une réclamation contentieuse devant l'officier du ministère public ;
Il soutient, en outre, avoir un recours devant le ministre de l'intérieur tendant à l'annulation de la décision en litige, qui a été adressé à l'administration le 14 novembre 2019 et qui a été réceptionné par elle le 15 novembre 2019, ce qui a généré une décision implicite de rejet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de M. D B et à ce qu'il soit mis à sa charge une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. C, a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 13 novembre 2012 à 16h52 (trois points) et 28 mars 2019 (trois points). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 18 octobre 2019, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par une lettre du 14 novembre 2019, réceptionnée le
15 novembre 2019, M. D B a formé un recours contre cette décision et a sollicité la restitution des points retirés. Par la présente requête, M. D B demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " en date du 18 octobre 2019, l'ensemble des décisions référencées
" 48 " portant retrait de points consécutives aux infractions précitées ainsi que la décision implicite de rejet du recours adressé au ministre de l'intérieur en date du 21 août 2017.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions référencées " 48 " consécutives aux infractions des 13 novembre 2012 et 28 mars 2019 :
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
3. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du
26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37 19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223 3 et R. 223 3 du code de la route.
4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 13 novembre 2012 :
5. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. D B établi le 16 septembre 2020, que l'infraction du 13 novembre 2012 a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort de ce procès-verbal électronique qu'il a été signé par l'agent verbalisateur et le contrevenant. Toutefois, d'une part, s'il ressort de ce procès-verbal établi sous l'empire d'une application logicielle régie par un arrêté antérieur à celui du
4 décembre 2014 qu'il ne comporte pas toute l'information prévue par les articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route, il en ressort qu'il indique que l'infraction reprochée au requérant est un usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation et que son annexe indique qu'il encourt un retrait de trois points. D'autre part, la seule circonstance que ce procès-verbal ne fait pas mention de l'existence d'un traitement de données gérant le solde afférent aux permis de conduire et ne précise pas les modalités d'accès audit traitement n'a pas eu pour effet, en l'espèce, de priver M. D B d'une garantie compte tenu de ce qu'il a déjà fait l'objet d'un tel retrait de points pour une telle infraction au cours de sa carrière de conducteur et de ce qu'il n'a pas réglé après sa verbalisation une amende forfaitaire entre les mains de l'agent verbalisateur ou de manière différée sans avoir été avisé des conséquences d'un tel paiement. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant la décision consécutive à l'infraction du 13 novembre 2012 ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 28 mars 2019 :
6. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. D B établi le 16 septembre 2020, que l'infraction du 28 mars 2019 constituée par un usage d'un téléphone par le conducteur d'un véhicule en circulation a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique édité à l'aide d'un appareil exploitant un logiciel mettant en œuvre l'arrêté du 4 décembre 2014 faisant apparaître l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et qu'elle a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort de ce procès-verbal électronique qu'il a été signé par l'agent verbalisateur et le contrevenant. Par suite, M. B doit être regardé comme ayant bénéficié de l'ensemble des informations prévues par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant la décision consécutive à l'infraction du 28 mars 2019 ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
7. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
8. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".
9. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 13 novembre 2012 :
10. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. D B, établi le 16 septembre 2020, que l'infraction contestée du 13 novembre 2012 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée. En outre, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir présenté une réclamation contre un tel titre exécutoire dans les conditions prévues par les dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée en l'espèce comme ayant apporté la preuve que la réalité de cette infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article
L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de l'infraction commise le 13 novembre 2012 doit être écarté.
S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 28 mars 2019 :
11. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. D B, établi le 16 septembre 2020, que l'infraction contestée du 28 mars 2019 a donné lieu à l'émission du titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée. Si le requérant soutient avoir introduit le 15 novembre 2019 une réclamation, conformément aux dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale, concernant l'infraction du 28 mars 2019, et soutient également qu'il a versé une consignation de la somme requise, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des pièces versées à l'instance par le requérant, que cette réclamation ait entrainé l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée émis concernant une telle infraction. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve que la réalité de cette infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de l'infraction commise le
28 mars 2019 doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. D B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions référencées " 48 " consécutives aux infractions des 13 novembre 2012 et 28 mars 2019.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée " 48 " et de la décision implicite rejetant le recours gracieux contre cette décision :
13. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. D B pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis six infractions les 19 octobre 2011 (deux points), 13 novembre 2012 (trois points), 17 octobre 2013 (quatre points), 17 mars 2016 (deux points), 21 février 2017 (deux points) et 28 mars 2019 (trois points). S'il résulte du relevé d'information intégral établi le 16 septembre 2020 que M. D B a bénéficié d'une décision référencée " 98 " du 5 avril 2017 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a attribué quatre points sur son solde, le solde de points du requérant était pourtant bien nul à la date de la décision en litige. Dès lors, le ministre de l'intérieur ne pouvait légalement que constater la perte de validité du titre de conduite de M. D B.
14. Il résulte de ce qui précède que M. D B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision 18 octobre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé devant cette autorité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. D B, n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
18. En premier lieu, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. D B demande au titre des frais engagés par lui et non compris dans les dépens.
19. En second lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D B, la somme que l'Etat demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du ministre de l'intérieur et des Outre-mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. C
La greffière,
C. RICHEFEU
La république mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2003611
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026