jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003649 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 19 mai 2020 et
le 11 septembre 2020, M. C B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 20 novembre 2015 à 2h00 à Paris (trois points), 4 janvier 2018 à 8h40 à Coupvray (six points), et 27 novembre 2018 à 23h24 à Magny Le Hongre (trois points) ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 13 mars 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés s'agissant des infractions constatées les 20 novembre 2015 à 2h00 à Paris (trois points), 22 juillet 2016 à 11h08 à Saint-Fons (un point), 4 janvier 2018 à 8h40 à Coupvray (six points), le 3 avril 2018 à 15h40 à La Courneuve (un point) et 27 novembre 2018 à 23h24 à Magny Le Hongre (trois points) et de rétablir le capital de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice somme administrative ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par l'Etat tendant à la mise à sa charge d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions dirigées contre les décisions consécutives aux infractions du 20 novembre 2015 et du 4 janvier 2018 :
- le requérant n'a pris connaissance de ces deux décisions que par la notification de la décision référencée " 48 SI " en date du 13 mars 2020 ; il a formé un recours contentieux contre cette décision ainsi que les deux décisions de retrait de points contestées dans le délai de deux mois.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI" :
S'agissant du défaut d'information :
- l'ensemble des informations préalables prescrites par les dispositions des articles
L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été respecté pour les infractions des
20 novembre 2015 à 2h00 à Paris (trois points), 4 janvier 2018 à 8h40 à Coupvray (six points), et 27 novembre 2018 à 23h24 à Magny Le Hongre (trois points)
- l'information doit être complète et porter sur les règles de réduction de points prévues à l'article L. 223-2 du code de la route, l'existence d'un traitement automatisé relatif aux points du permis de conduire et le droit d'accès aux données du traitement, les conséquences du paiement de l'amende et de l'exécution d'une composition pénale sur la reconnaissance de la réalité de l'infraction et en matière de retrait de points ;
- le procès-verbal électronique n'est pas conforme aux exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le paiement de l'amende forfaitaire est sans incidence sur le droit à l'information du justiciable ; les mentions du relevé d'information intégral ne sont pas suffisantes ; l'émission du titre exécutoire en matière d'amende forfaitaire majorée est sans incidence sur le droit à l'information ;
- la décision consécutive à l'infraction du 20 novembre 2015 est régulière ; le ministre de l'intérieur n'assume pas la charge de la preuve ; l'intéressé n'a pas payé d'amende forfaitaire et une amende forfaitaire majorée a été émise, ce qui signifie qu'il n'a pas reçu l'information appropriée ; sans production du procès-verbal d'infraction ou d'un avis de contravention, la décision devra être annulée ;
- la décision consécutive à l'infraction du 4 janvier 2018 est irrégulière en raison d'un défaut d'information ;
- la décision consécutive à l'infraction du 27 novembre 2018 est irrégulière ; le procès-verbal produit expose un texte illisible au-dessus de la signature de l'intéressé ; le document produit n'est que le troisième volet du formulaire et non le deuxième qui porte l'information utile ; les mentions portant information du contrevenant ne sont apposées que sur un " boîtier électronique " et non sur le " document remis ou adressé ", alors que e procès-verbal électronique est conservé par le service verbalisateur.
S'agissant du défaut de motivation :
- la décision consécutive à l'infraction du 4 janvier 2018 est insuffisamment motivée en droit et en fait ; la décision " 48 SI " ne mentionne que sommairement l'existence d'un jugement et d'une condamnation définitive, alors qu'aucune précision n'est donnée quant à la nature de la décision juridictionnelle ou encore à ses modalités de signification.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait, notamment en ce qui concerne les conséquences de l'infraction du 4 janvier 2018.
Par un mémoires en défense, enregistré le 3 septembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le ministre de l'intérieur oppose, à titre principal, une fin de non-recevoir tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions consécutives aux infractions du 20 novembre 2015 et du 4 janvier 2018 :
- la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise
le 20 novembre 2015 a été notifiée par une lettre référencée " 48N " comportant les voies et délais de recours ; elle a été notifiée le 5 novembre 2016 ;
- la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 4 janvier 2018 a été notifiée par une lettre référencée " 48N " comportant les voies et délais de recours ; elle a été notifiée le 27 juillet 2018 ; la notification de cette décision résulte de ce que le pli recommandé a été retourné à l'administration après une vaine présentation par l'agent du service postal ;
- la notification de la décision référencée " 48 SI " qui récapitule l'ensemble des infractions ayant donné lieu à retrait de points n'a pas pour effet de rouvrir les délais de recours contre les décisions définitives qu'elle a récapitulée ;
Le ministre de l'intérieur fait valoir, à titre subsidiaire, que la requête est mal fondée, dès lors que :
S'agissant des moyens tirés du défaut de notification et de forme :
- le défaut de notification des décisions référencées " 48 SI" est sans incidence sur leur propre légalité ; ce même défaut de notification des décisions de retrait de points est sans incidence sur la légalité de la décision d'invalidation du permis de conduire ;
- la décision référencée " 48 SI " est suffisamment motivée en droit et en fait ; elle indique pour chaque infraction la date, l'heure et le lieu de sa commission.
S'agissant du défaut d'information :
- la décision consécutive à l'infraction du 20 novembre 2015 est régulière ; elle a été constatée par procès-verbal électronique par un appareil normé et l'avis de contravention et l'avis de majoration expédiés au domicile du contrevenant sont complets ; il n'apporte pas la preuve d'avoir formé un recours en justice ;
- la décision consécutive à l'infraction du 27 novembre 2018 est régulière ; l'infraction a été constatée avec un appareil électronique sécurisé offrant toute garantie d'informations ;
- la décision consécutive à l'infraction du 4 janvier 2018 est régulière ; le contrevenant a fait l'objet d'une condamnation pénale prononcée le 14 février 2018 par le Tribunal de grande instance de Meaux qui est devenue définitive le 9 avril 2018 ; il a fait l'objet d'une décision référencée " 72 " enregistrant cette condamnation au sein du relevé d'information intégral.
S'agissant de la réalité des infractions :
- les mentions " AM " et " 72 " figurant au relevé d'information intégral permettent d'établir la réalité des infractions en litige.
Par ordonnance du 22 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 22 octobre 2020 à midi.
Par une lettre du 10 juin 2022, le Tribunal a informé les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le présent jugement est susceptible de reposer sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions du 22 juillet et du 3 avril 2018 ont été retirées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 20 novembre 2015 à 2h00 à Paris (trois points), 22 juillet 2016 à 11h08 à Saint-Fons (un point), 4 janvier 2018 à 8h40 à Coupvray (six points), le 3 avril 2018 à 15h40 à La Courneuve (un point) et 27 novembre 2018 à 23h24 à Magny Le Hongre (trois points). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 13 mars 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " et des décisions référencées " 48 SI" portant retrait de points consécutives aux infractions relevées le 20 novembre 2015, le 4 janvier 2018 et le 27 novembre 2018.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense par le ministre de l'intérieur :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa version en vigueur du 1er janvier 2016 au 1er janvier 2017 : " () la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " et aux termes des dispositions de ce même article, dans sa version en vigueur du 1er janvier 2017 au 10 février 2019 : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
3. Aux termes de l'article R. 223-4 du code de la route : " I.- Lorsque le conducteur titulaire du permis de conduire a commis, pendant le délai probatoire défini à l'article L. 223-1, une infraction ayant donné lieu au retrait d'au moins trois points, la notification du retrait de points lui est adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Cette lettre l'informe de l'obligation de se soumettre à la formation spécifique mentionnée au quatrième alinéa de l'article L. 223-6 dans un délai de quatre mois. ".
4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, cette preuve doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée au domicile du destinataire. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.
S'agissant des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision référencée " 48 " consécutive à l'infraction commise le 20 novembre 2015 :
5. Le ministre de l'intérieur oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de retrait de trois points consécutive à l'infraction commise le 20 novembre 2015 à Paris compte tenu de leur tardiveté. Il résulte du relevé d'information intégral édité le 2 septembre 2020 concernant la situation de M. B, versé aux débats par le ministre de l'intérieur, que cette décision a fait l'objet d'une lettre référencée
" 48 N " expédiée par un pli porteur du numéro d'accusé de réception 2C 08162703692
le 5 novembre 2016 au domicile connu du requérant. Le ministre de l'intérieur produit à cet égard une copie de l'avis de réception de ce même pli indiquant " distribué le 05/11/2016 " et portant la signature du destinataire. Si le ministre de l'intérieur ne verse pas la décision contestée, il produit toutefois le modèle-type de lettre " 48 N " qui précise les voies et délais de recours à son verso contre une telle décision. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme s'étant vu notifier régulièrement la décision en litige le 5 novembre 2016 avec les voies et délais de recours. Par suite, cette décision était devenue définitive le 6 janvier 2017. La seule circonstance que la décision référencée " 48 SI " en date du 13 mars 2020 récapitule l'ensemble des décisions de retrait de points frappant M. B est sans incidence sur le caractère définitif de la décision contestée et ne saurait rouvrir les délais de recours. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B contre la décision de retrait de trois points consécutives à l'infraction d'arrêt ou stationnement dangereux commise le 20 novembre 2015 sont tardives. Dès lors, cette première fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur doit être accueillie.
S'agissant des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision référencée " 48 " consécutive à l'infraction commise le 4 janvier 2018 :
6. Le ministre de l'intérieur oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de retrait de six points consécutive à l'infraction commise le 4 janvier 2018 à Coupvray. Il résulte du relevé d'information intégral édité le 2 septembre 2020 concernant la situation de M. B, versé aux débats par le ministre de l'intérieur, que cette décision a fait l'objet d'une lettre référencée " 48 N " expédié par un pli porteur du numéro d'accusé de réception 2C 1368 1336 399 le 7 juillet 2018. Le ministre de l'intérieur produit à cet égard une copie de l'avis de réception de ce même pli indiquant
" présenté / avisé le 7 juillet 2018 " et mentionnant l'adresse du bureau conservant le pli ainsi que ces horaires d'ouverture, ainsi qu'une copie de l'enveloppe comportant la mention " pli avisé et non réclamé ". Si le ministre de l'intérieur ne verse pas la décision contestée, il produit toutefois le modèle-type de lettre " 48 N " qui précise les voies et délais de recours à son verso contre une telle décision. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme s'étant vu notifier régulièrement la décision en litige avec les voies et délais de recours le 7 juillet 2018, date du passage du préposé de La Poste ayant déposé l'avis dans la boîte aux lettres de M. B. Par suite, cette décision était devenue définitive le 10 septembre 2018. La seule circonstance que la décision référencée " 48 SI " en date du 13 mars 2020 récapitule l'ensemble des décisions de retrait de points frappant M. B est sans incidence sur le caractère définitif de la décision contestée et ne saurait rouvrir le délai de recours. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B contre la décision de retrait de six points consécutives à l'infraction de conduite malgré un usage de stupéfiants commise le 4 janvier 2018 sont tardives. Dès lors, la seconde fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision référencée " 48 " consécutive à l'infraction du 27 novembre 2018, constatée par procès-verbal électronique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
7. En premier lieu, il ressort du procès-verbal n° 6096654287 établi le 27 novembre 2018 à la suite de l'infraction de changement de direction d'un véhicule effectué sans avertissement préalable commise à Magny-le-Hongre le 27 novembre 2018 à 23h24 que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et qu'il est signé tant par l'agent verbalisateur que par M. B. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort de ce procès-verbal que si la police des caractères est petite, les mentions ne sont pas illisibles, et qu'en outre il n'est pas contesté que
M. B, qui a signé le procès-verbal électronique lors de l'interception de son véhicule, aurait pu en demander l'agrandissement à l'agent verbalisateur. Enfin, si M. B soutient que les informations obligatoires ne figureraient qu'au procès-verbal électronique qui est conservé par l'agent de la force publique, cette circonstance est sans incidence sur la qualité de l'information qui a été donnée à l'intéressé. Par suite, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfaite à l'obligation d'information. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date du 27 novembre 2018 doit être rejeté.
8. En second lieu, il résulte du relevé d'information intégral établi le 2 septembre 2020 concernant la situation de M. B qu'un titre exécutoire portant amende forfaitaire majorée a été émis contre le contrevenant. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait présenté une réclamation dans les conditions de l'article 530 du code de procédure pénale à l'encontre de ce titre. Dans ces conditions, la réalité de cette infraction doit être regardée comme établie.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant retrait de trois points consécutive à l'infraction commise le 27 novembre 2018.
En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :
10. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis cinq infractions pour un total de quatorze points retirés. Toutefois, il résulte de l'instruction que les deux points qui avaient été retirés à M. B consécutivement aux infractions commises les 22 juillet 2016 et 3 avril 2018 lui ont été restitués par l'effet du mécanisme de reconstitution automatique du solde de points les 9 mai 2017 et 14 février 2019. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant perdu douze points. Par suite, le solde de points du permis de conduire du requérant était nul. Dès lors, que le ministre de l'intérieur pouvait légalement constater la perte de validité du titre de conduite de M. B.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander par les moyens qu'il invoque l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 13 mars 2020 du ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
15. En premier lieu, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais engagés par lui et non compris dans les dépens.
16. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant aux rejets de conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute pour cette autorité ministérielle d'avoir présenté de telles conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022 .
Le magistrat désigné,
S. ALa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2003649
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026