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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2003771

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2003771

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2003771
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre, JU
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mai 2020, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur référencée " 48SI " du 6 mars 2020, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points consécutifs aux infractions commises les 3 mai 2016, 28 mai 2016, 4 juin 2016, 11 juin 2016,

11 janvier 2018, 14 juillet 2018, 26 décembre 2018, 22 mai 2019, 5 juin 2019, 7 juin 2019, 11 juin 2019 et 2 août 2019 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu préalablement l'information prévue aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2020, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision " 48SI " en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. A pour solde de points nul et des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les

11 janvier 2018, 11 juin 2016 et 14 juillet 2018, et, à titre subsidiaire, au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que :

- les points retirés consécutivement aux infractions commises les 11 janvier 2018, 11 juin 2016 et 14 juillet 2018 ayant été restitués à M. A, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont sans objet ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 22 octobre 2020 à 12 heures.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 11 juin 2016 et 11 janvier 2018 dès lors que les points retirés ont été restitués à M. A respectivement les 19 avril 2017 et 28 février 2019, soit antérieurement à l'introduction de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a commis différentes infractions au code de la route, les

28 mai 2016, 3 mai 2016, 4 juin 2016, 11 juin 2016, 11 janvier 2018, 26 décembre 2018, 14 juillet 2018, 7 juin 2019, 5 juin 2019, 11 juin 2019, 22 mai 2019 et 2 août 2019 ayant entraîné le retrait de dix-huit points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48SI " du

6 mars 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision " 48SI " ainsi que décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 28 mai 2016, 3 mai 2016, 4 juin 2016, 11 juin 2016, 11 janvier 2018, 26 décembre 2018, 14 juillet 2018, 7 juin 2019, 5 juin 2019, 11 juin 2019, 22 mai 2019 et 2 août 2019.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral du dossier de permis de conduire de M. A, édité le 26 août 2020, que les mentions afférentes à l'infraction commise le 14 juillet 2018 ont été supprimées. Le ministre de l'intérieur doit ainsi être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 14 juillet 2018 contestée ainsi que la décision " 48SI " - le permis de conduire étant à la date d'édition du relevé valide -, postérieurement à l'introduction de la requête. Ainsi, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 14 juillet 2018 ainsi que sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision " 48SI ".

Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 11 juin 2016 et 11 janvier 2018 :

3. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral du dossier de permis de conduire de M. A, édité le 26 août 2020 que les points retirés sur son permis de conduire suite aux infractions constatées les 11 juin 2016 et 11 janvier 2018 lui ont été restitués respectivement les 19 avril 2017 et 28 février 2019, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de la requête de M. A dirigées contre les décisions procédant aux retrait de ces points sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées ainsi que les parties en ont été informées par lettre du 19 octobre 2022.

Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les infractions commises les 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019, 4 juin 2016 :

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, que, d'une part, les infractions commises les 2 août 2019, 22 mai 2019 et 5 juin 2019 ont fait l'objet de l'émission de titres exécutoires respectivement les 4 novembre,

12 octobre et 6 septembre 2019. Toutefois, la seule circonstance qu'aient été émis des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée à raison des infractions ainsi reprochées ne suffit pas à établir que M. A a eu connaissance des avis de contravention comportant les informations requises des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre de l'intérieur produit les copies des avis de contraventions ainsi que les copies des accusés de réception portant la mention " pli avisé et non réclamé ", la date de réception et la correspondance avec les titres exécutoires émis produits sont illisibles ou manquants et ne permettent pas, en l'espèce, de considérer que l'administration a satisfait à son obligation d'information préalable. En outre, s'agissant des infractions des 7 et 11 juin 2019,

4 juin 2016, 3 mai 2016, le ministre de l'intérieur, n'apporte aucun élément de nature à établir que l'avis de contravention ou le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée ait été effectivement et régulièrement adressé à M. A, les mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de l'intéressé étant sans force probante sur ce point. Dans ces conditions, moyen tiré du défaut d'information préalable aux retraits de points consécutifs aux infractions commises les 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019, 4 juin 2016 ne peut qu'être accueilli.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen invoqué à l'encontre des décisions de retrait de points en litige consécutives aux infractions commises les 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019, 4 juin 2016, que M. A est fondé à demander l'annulation de ces décisions.

En ce qui concerne les infractions commises les 28 mai 2016, 3 mai 2016 et 26 décembre 2018 :

S'agissant de la réalité des infractions :

6. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " (). / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. / () ".

7. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".

8. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

9. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, édité le 26 août 2020, que les infractions des 26 décembre 2018,

3 mai 2016 et 28 mai 2016 ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et, il n'est d'ailleurs pas allégué ni établi que le requérant aurait présenté des requêtes en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation des infractions ou de l'envoi de l'avis de contravention. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la réalité de ces infractions dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions commises par M. A doit être écarté.

S'agissant du défaut d'information préalable :

10. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route: " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

11. Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L.225-1 à L. 225-9. III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception ".

12. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

13. D'une part, il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse commise le 3 mai 2016 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. A n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information préalable doit être écarté.

14. D'autre part, les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

15. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A que l'intéressé s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire afférente aux infractions commises les 28 mai 2016 et 26 décembre 2018, lesquelles ont a été relevés par procès-verbal électronique. Il suit de là que M. A a nécessairement reçu à son domicile les avis de contravention afférents à ces infractions. Dans ces conditions, alors que l'intéressé n'a pas produit ces avis ni par conséquent démontré leur caractère éventuellement inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information préalable doit être écarté.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

16. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital du permis de conduire de M. A et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019 et 4 juin 2016. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision " 48SI " du 6 mai 2020 portant invalidation du permis de conduire de M. A et de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 14 juillet 2018.

Article 2 : Les décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019 et 4 juin 2016 sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A les points illégalement retirés à la suite des infractions des 2 août 2019, 22 mai 2019, 5, 7 et 11 juin 2019 et 4 juin 2016, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis de conduire et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La magistrate désignée,

S. C

La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2003771

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