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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2003979

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2003979

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2003979
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET COLL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juin 2020, le 20 juin 2022, et un mémoire récapitulatif, produit le 7 octobre 2022 à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. B A, représenté par Me Coll, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Nogent-sur-Marne à lui payer la somme de 50 000 euros assortie des intérêts au taux légal en réparation des préjudices subis du fait du harcèlement moral dont il a été victime ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nogent-sur-Marne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle a été liée par le rejet opposé à sa demande indemnitaire préalable né implicitement le 15 avril 2020 ;

- les autres agents de la commune de Nogent-sur-Marne ont commis à son égard des faits constitutifs de harcèlement moral se traduisant par une dégradation de ses conditions de travail, des pressions constantes de la part de ses supérieurs et en premier lieu le directeur général des services, des propos calomnieux tenus à son égard conduisant à son isolement professionnel ;

- sa hiérarchie a commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune en rejetant sa demande de protection fonctionnelle ;

- elle a également commis une faute une faute de nature à engager la responsabilité de la commune en ne lui versant pas la totalité des indemnités auxquelles il avait droit au titre du complément indemnitaire annuel et des heures supplémentaires qu'il a réalisées ;

- ces agissements fautifs ont déclenché chez lui une dépression, lui causant un préjudice moral ;

- il a subi un préjudice financier résultant de l'indemnisation tardive des heures supplémentaires effectuées en 2019, de la perte de l'opportunité de développer ses compétences professionnelles, de la réduction de ses revenus pendant son congé maladie et de la réduction du revenu de remplacement qu'il serait susceptible de percevoir une fois à la retraite.

Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 février 2021 et le 28 novembre 2022, la commune de Nogent-sur-Marne, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable en l'absence de rejet de la demande indemnitaire préalable présentée par le requérant et réceptionnée par la commune le 14 février 2020 et par voie de conséquence de liaison du contentieux et qu'aucun des moyens soulevés par la requête n'est fondé.

Par une ordonnance en date du 12 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Issard,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- et les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, recruté le 19 novembre 2012 en tant qu'agent non titulaire et titularisé au grade d'adjoint technique le 1er novembre 2017, occupe le poste d'adjoint en charge de la logistique au sein du centre technique municipal de la commune de Nogent-sur-Marne. Le 5 juin 2019 a été engagée à son encontre une procédure disciplinaire pour avoir tenté de vendre du matériel appartenant à la commune sur le site de vente en ligne " Le bon coin ". Le 2 septembre 2019, de retour de congé maladie, M. A a appris que le bureau qu'il partageait avec les agents qui lui étaient subordonnés avait été déplacé dans un local situé rue Jean Monnet. M. A a, par la suite, été placé en arrêt maladie pour trouble anxio-dépressif à compter du 6 septembre 2019. Par une lettre en date du 11 février 2020, réceptionnée le 14 février 2020, M. A a adressé à la commune une demande indemnitaire préalable relative aux préjudices moral et matériel subis du fait des agissements constitutifs de harcèlement moral dont il aurait fait l'objet suite à la procédure disciplinaire engagée à son encontre. Cette demande a été rejetée explicitement par la commune le 16 juillet 2020. Par sa requête, M. A demande au tribunal la condamnation de la commune de Nogent-sur-Marne à réparer ces préjudices.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Nogent-sur-Marne :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "

3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

4. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. " Aux termes de l'article 6 : " le présent titre s'applique () aux collectivités territoriales () ".

5. Il résulte de l'instruction que M. A a adressé une demande indemnitaire préalable à la commune de Nogent-sur-Marne, réceptionnée le 14 février 2020 en cours d'instance, et qui a été rejetée expressément le 6 juillet 2020, alors que le délai dont disposait la commune pour y répondre avait été prolongé par les dispositions de l'ordonnance précitée. Ainsi, contrairement à ce que soutient la commune, la condition de liaison du contentieux posée par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative était remplie. Dans ces circonstances, la fin de non-recevoir opposée par la commune ne peut être accueillie.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne le harcèlement moral :

6. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires désormais repris à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique: " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ".

7. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêt un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

8. Au cas particulier, M. A soutient qu'il a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de la part des agents de la commune de Nogent-sur-Marne suite à la procédure disciplinaire dont il a fait l'objet. Il fait valoir qu'à compter de la parution d'un tract syndical le 18 juillet 2019, selon lequel " on apprend qu'un agent s'est permis d'essayer de vendre du matériel appartenant à la collectivité pour son compte personnel sur internet ", le paiement des heures supplémentaires qu'il avait effectuées en 2019 lui a été refusé, ses jours de repos n'ont plus été respectés, il a été dans l'impossibilité de faire appel à des agents supplémentaires pour l'assister dans le cadre d'évènements qu'il était chargé d'organiser, il a fait l'objet de propos vexatoires et humiliants et d'un acharnement de la part de sa hiérarchie, une fiche de poste reprenant les fonctions qui lui étaient jusqu'ici attribuées est parue sur le site de la commune alors qu'il était placé en congé maladie, son nom a disparu de l'organigramme, la commune a refusé de mettre en place des mesures afin de faire cesser les rumeurs circulant sur son compte, et le bureau qu'il partage avec ses subordonnés a été déplacé dans un local insalubre et impropre au travail administratif.

9. Cependant, en premier lieu, il résulte de l'instruction que les heures supplémentaires que M. A a effectuées en 2019 lui ont bien été payées, et que s'il soutient que leur paiement est intervenu tardivement, il ne le démontre pas. Par ailleurs, le mode d'attribution des jours de repos, qui suivait jusqu'à l'automne 2019 un mode d'organisation informel mis en place en 2012, a pu être modifié par la direction du centre technique municipal de la commune dans l'intérêt du service sans que ce changement révèle par lui-même un quelconque harcèlement moral exercé à son encontre.

10. En deuxième lieu, la commune fait valoir sans être contredite que l'impossibilité de faire appel à des agents supplémentaires en cas de charge de travail augmentée dans le cadre d'évènements ponctuels serait due à des contraintes d'effectifs, provoquées notamment par les congés d'été et l'absence d'agents disponibles.

11. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que les seuls propos qui pourraient présenter un caractère vexatoire et humiliant et dont le requérant puisse faire état résultent du seul témoignage d'une collègue qui atteste avoir entendu la directrice des ressources humaines déclarer au directeur des services, alors que M. A était absent, qu'"[elle] [lui] avait toujours dit qu'elle n'aimait pas ce type-là ". Pour malvenus que puissent être ces propos dans un contexte professionnel, ils ne peuvent à eux seuls en tout état de cause, compte tenu de leur caractère isolé, laisser présumer un harcèlement moral.

12. En quatrième lieu, les allégations de M. A tendant à démontrer un acharnement de la part de sa hiérarchie à son encontre ne sont étayées que par les témoignages de deux de ses collègues, le premier affirmant qu' " [il] souhaitait faire état d'acharnement du DST () à l'encontre de M. A depuis le mois de mai ", le second que " nous avons été victimes avec Monsieur B A de malveillance de la part de la direction et d'une interdiction d'accès au CTM, nous obligeant à prendre nos fonctions dans un dépôt infesté par les rats, les fientes de pigeon, la poussière ceci dans le but de déstabiliser le service ". Néanmoins, l'absence d'éléments de contexte plus précis et circonstanciés ne permettent pas d'apprécier l'étendue de l'acharnement allégué. Les faits ainsi relatés ne peuvent être regardés comme présumant une situation constitutive d'un harcèlement moral.

13. En cinquième lieu, les allégations du requérant relatives à la parution d'une fiche de poste reprenant les fonctions qu'il occupait sur le site de la mairie de Nogent-sur-Marne dans le cadre d'un appel à candidature ne sont pas établies, et celles relatives à la disparition de son nom de l'organigramme sont contredites par les pièces versées par la commune, laquelle produit un organigramme dédié à l'organisation du centre technique municipal sur lequel M. A figure effectivement comme responsable logistique.

14. En sixième lieu, la commune fait valoir sans être contredite, d'une part que le tract syndical qui serait à l'origine des rumeurs courant à l'encontre de M. A ne le désignait pas nommément et, d'autre part, que les faits relatés sur le tract ont été avoués par M. A lors de plusieurs entretiens précédents la procédure disciplinaire lancée à son encontre.

15. En septième et dernier lieu, s'il résulte de l'instruction que le bureau dans lequel M. A et ses subordonnés ont été déplacés le 2 septembre 2019 se situe dans un entrepôt du service logistique et que le préfabriqué dans lequel a été installé le poste de travail de M. A ne semble pas présenter des conditions de travail adéquates pour un travail de bureau au vu des photographies versées au dossier tant par l'intéressé que par la commune, qui montrent du matériel technique entreposé, un véhicule recouvert de déjections de pigeon et des préfabriqués apparemment dénués de fenêtres, la commune a pu, étant donné les faits commis et avoués par M. A dans le cadre de la procédure disciplinaire débutée le 5 juin 2019, lequel avait mobilisé son équipe afin de procéder au montage de matériel appartenant à la commune, à savoir un barnum et des caisses métalliques, pour les prendre en photo et poster ensuite une annonce sur le site de vente en ligne " Le bon coin ", prendre des mesures afin d'éloigner l'intéressé du centre technique municipal et d'une partie du matériel qui s'y trouve. La commune fait par ailleurs valoir sans être contredite le fait que le déménagement d'une partie des équipes du centre technique municipal vers ces locaux était programmé antérieurement aux faits reprochés à M. A. Elle soutient également que ces locaux se situeraient à plus grande proximité de la direction des services techniques de la commune, justifiant ainsi un tel déménagement, et que ces locaux, décrits comme indignes par le requérant, étaient utilisés par les agents quotidiennement par le passé, notamment lors des prises de service ou des pauses déjeuner, sans que cela ne fasse l'objet de plaintes. En dernier lieu, si les photographies versées au dossier démontrent que l'installation de bureaux permanents dans ces locaux pourrait être contraire aux principes de santé et de sécurité au travail, contrairement à ce que soutient la commune, ce fait, isolé, ne peut à lui seul faire naître une présomption de harcèlement moral, alors qu'au demeurant le requérant n'y aura travaillé que du 2 au 5 septembre 2019.

16. Il résulte des constatations opérées aux points 9 à 15 que les faits invoqués par M. A, pris isolément ou dans leur ensemble, ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral au sens des dispositions citées au point 6.

En ce qui concerne la demande de protection fonctionnelle :

17. Il résulte de ce qui a été dit au point 16, qu'en refusant à M. A le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison des faits énoncés aux points 9 à 15, l'autorité territoriale n'a pas entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation portée sur la situation du requérant.

En ce qui concerne l'absence de versement du complément indemnitaire annuel et de la rémunération due au titre de l'accomplissement d'heures supplémentaires :

18. Si M. A soutient que le complément indemnitaire annuel ne lui a plus été versé à compter de septembre 2019, il ne verse au dossier que deux arrêtés, datés respectivement du 2 mai et du 26 juin 2018, fixant le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise qu'il doit percevoir, et n'établit pas, ainsi, avoir été privé du versement de cette indemnité à laquelle, au demeurant, il ne pouvait prétendre de droit. Il résulte, par ailleurs, de l'instruction que toutes les heures supplémentaires qu'il a effectuées lui ont été payées, sans qu'il ne démontre que ce paiement soit intervenu tardivement.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité pour faute de la commune de Nogent-sur-Marne.

Sur les conclusions indemnitaires :

20. Il résulte de ce qui a été dit au point 19, que les conclusions présentées par M. A, tendant à la condamnation de la commune de Nogent-sur-Marne à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nogent-sur-Marne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont M. A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que la commune de Nogent-sur-Marne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nogent-sur-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Nogent-sur-Marne.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Massengo, conseillère,

Mme Issard, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

C. ISSARD

La présidente,

I. BILLANDONLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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