mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2004166 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | SCP ABCG - ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2020, M. A C représenté par Me Grébille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision SI du 22 avril 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées les 9 novembre 2017, 10 décembre 2017, 24 décembre 2017, 1er janvier 2018, 5 mars 2018, 31 janvier 2019, 10 août 2019 et 2 septembre 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant le capital de points correspondant aux décisions annulées, sous huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les informations requises par l'article L. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement aux décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions relatives à la décision de retrait de point consécutive à l'infraction commise le 31 janvier 2019 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que le point retiré à la suite de l'infraction du 31 janvier 2019 a été restitué et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 22 avril 2020, le ministre de l'intérieur a récapitulé les différentes décisions de retraits de points affectant le permis de conduire de M. A C, a constaté un solde de points nul et la perte pour M. A C du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. M. A C demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Le ministre de l'intérieur fait valoir sans être contesté et il ressort du relevé intégral d'information produit en date du 21 septembre 2020 que le point retiré du permis de conduire de M. A C à la suite de l'infraction commise le 31 janvier 2019 à Montreuil lui a été restitué le 13 novembre 2019. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de ce retrait de point ni sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Sur le surplus des conclusions :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
En ce qui concerne les infractions des 9 novembre 2017, 10 décembre 2017 et 2 septembre 2019 :
4. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A C que les infractions des 9 novembre 2017, 10 décembre 2017 et 2 septembre 2019 ont été constatées par voie de radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. L'administration ne justifie toutefois pas que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aient été transmises à l'intéressé, faute pour le ministre d'apporter la preuve de la réception des avis de contravention correspondant, de l'avis d'amende forfaitaire majorée ou du paiement par le requérant des amendes forfaitaires majorées en cause. A défaut de justifier que le requérant ait été informé de la qualification des infractions litigieuses, l'administration ne peut utilement se prévaloir de ce que le requérant aurait reçu les informations requises à l'occasion d'infractions antérieurement commises. M. A C est par suite fondé à soutenir que les décisions litigieuses ont été irrégulièrement établies.
En ce qui concerne les autres infractions :
5. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A C que les infractions des 24 décembre 2017, 1er janvier 2018, 5 mars 2018 ainsi que celle du 10 juin 2019 (et non 10 août 2019 comme il est mentionné sur la décision 48SI entachée d'une erreur de fait à cet égard) ont été constatées par voie de radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur apporte des éléments justificatifs non contestés dont il ressort que les avis d'amende forfaitaire majorée correspondant à ces infractions mentionnent toutes les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et que ces avis, envoyés par lettres recommandées présentées à l'adresse de M. A C qui en a été à chaque fois avisé, et qui n'ont pas été réclamées, ont été régulièrement notifiés au requérant. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de ces infractions doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que seules les décisions portant retraits de points consécutives aux infractions commises les 9 novembre 2017, 10 décembre 2017 et 2 septembre 2019 doivent être annulées, ainsi que, par voie de conséquence, la décision 48 SI
du 22 avril 2020 en ce qu'elle constate un solde de point nul et invalide le permis de conduire de M. A C.
7. L'annulation des décisions prises à la suite des infractions commises
les 9 novembre 2017, 10 décembre 2017 et 2 septembre 2019 implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur qu'il rétablisse ces points dans la limite maximum du capital de points égal à douze, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
8. Il résulte de ce qui précède que le permis de conduire de M. A C est valide. Il y a par suite lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite du requérant lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que le requérant présente sur le fondement de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de point prise consécutivement à l'infraction commise le 31 janvier 2019.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de points sur le permis de conduire de M. A C à la suite des infractions commises les 9 novembre 2017, 10 décembre 2017 et 2 septembre 2019 et a constaté l'invalidité de son permis de conduire sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les points illégalement retirés par les décisions annulées à l'article 2, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution, et de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite du requérant lui soit restitué, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente du tribunal,
C. DLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026