jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2004654 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ JEAN-NOËL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2020, M. A B, représenté par Me Sanchez, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et intérêts, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu mise à sa charge au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la proposition de rectification est entachée d'une insuffisance de motivation au sens de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- les travaux déduits en charge sont justifiés par la production du devis et de la facture ;
- l'administration avait déjà opéré un contrôle sur pièces négatif.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 mai 2023 :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle sur pièces opéré à l'encontre de la société civile immobilière (SCI) du Plateau, M. B a été rendu destinataire, en sa qualité d'associé à hauteur de 50 % des parts de cette société, d'une proposition de rectification le 18 décembre 2018 au titre de ses revenus fonciers de l'année 2015. Une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre de cette année ont été mis en recouvrement à son encontre le 31 janvier 2020. Une réclamation d'assiette a été présentée le 14 février 2020 et rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date du 14 juin suivant. Par la requête précitée, l'intéressé demande la décharge des impositions ainsi mises à sa charge.
Sur la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " () les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. Il en est de même () : 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ". Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les membres d'une société de personnes énumérées à l'article 8 du code général des impôts sont personnellement assujettis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société et que l'administration ne peut légalement mettre des suppléments d'imposition à la charge personnelle des associés sans leur avoir notifié, dans les conditions prévues à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, les corrections apportées aux déclarations qu'ils ont eux-mêmes souscrites, en motivant cette notification au moins par une référence aux rehaussements apportés aux bénéfices sociaux et par l'indication de la quote-part de ces bénéfices à raison de laquelle les intéressés sont imposés.
4. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 18 décembre 2018 adressée à M. B mentionne la nature de l'impôt concerné, l'année en cause et le montant du rehaussement envisagé au titre des revenus fonciers, à raison de sa quote-part dans les résultats de la SCI du Plateau, et précise le motif du redressement correspondant à la remise en cause des dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration pour un montant de 64 108 euros par référence à la proposition de rectification régulièrement adressée à cette société le même jour. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification et de son absence de caractère interruptif sur la prescription manquent en fait et doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'administration avait déjà demandé à la SCI du Plateau la justification des frais et charges des années 2014 et 2015 par un courrier du 24 octobre 2017 et n'avait alors pas remis en cause la réalité de ceux-ci ni leur paiement, de sorte qu'elle n'était plus en droit d'engager une nouvelle procédure de contrôle. Toutefois, la circonstance que l'administration a, par le courrier précité, exercé un droit de communication auprès de la société qui ne constitue pas une procédure de vérification de comptabilité, est sans incidence sur les procédures de contrôle sur pièces engagées à l'encontre de la société en cause et de M. B. De plus, la circonstance qu'à la suite de l'envoi des pièces justificatives demandées, aucune rectification n'en a résulté ne vaut pas prise de position formelle de l'administration.
6. En troisième lieu, si dans le cadre de sa requête, le requérant analyse et critique la décision de rejet de la réclamation d'assiette, les éléments qu'il y développe sont sans influence sur la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
7. Aux termes de l'article 31 du code général des impôts : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ".
8. Il résulte de l'instruction que la SCI du Plateau a déduit du montant de ses revenus fonciers au titre de l'année 2015 des dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration pour un montant de 64 108 euros. Pour justifier de l'existence de telles dépenses, la société a produit à l'administration une facture du 6 juillet 2015 émanant de la SARL Bat-Com indiquant la réalisation de travaux de démolition d'une dalle de 220 m² puis de sa reconstruction après la pose de drains. Le service a refusé la prise en compte de ces dépenses en faisant valoir, d'une part, que la SCI avait produit une déclaration en 2016 mentionnant une augmentation de la superficie de la partie principale de 552 m², de sorte que les travaux effectués devaient être qualifiés de travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement non déductibles des revenus fonciers et, d'autre part, que cette facture ne pouvait être acceptée dès lors que la SARL en cause avait totalement cessé son activité au 15 décembre 2013, qu'elle avait été placée en liquidation judiciaire le 10 février 2015 et qu'elle avait été définitivement radiée à compter du 5 août suivant.
9. Pour contester le caractère de facture de complaisance retenu par l'administration, le requérant se prévaut de la production d'un devis du 15 février 2015 et d'une facture du 6 juillet suivant et soutient qu'il résulte d'une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que pour refuser la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée, l'administration doit démontrer un circuit de fraude et la connaissance de ce circuit par le bénéficiaire de la taxe sur la valeur ajoutée déductible. Toutefois, il appartient à M. B d'établir l'existence de la déduction des revenus fonciers dont il se prévaut, ce qu'il ne fait pas en se bornant à produire le devis et la facture précités, alors que l'administration justifie que la société qui aurait réalisé ces travaux était en liquidation judiciaire et n'avait pas les moyens financiers, matériels et humains pour réaliser les travaux en cause. Par ailleurs, le requérant ne justifie, en tout état de cause, pas que les travaux réalisés constituaient des dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration au sens des dispositions précitées de l'article 31 du code général des impôts et pouvaient être déductibles des revenus fonciers alors que la SCI du Plateau a déclaré un agrandissement important de la superficie des locaux dont elle est propriétaire.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des impositions contestées doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. MEYRIGNAC La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026