vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005303 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCHMITT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juillet 2020 et le 3 juin 2022, la société LPCR Collectivités Publiques, représentée par Me Douineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 504 émis par la commune de Charenton-le-Pont le
31 mars 2020 pour le recouvrement de la somme de 21 000 euros relative aux pénalités liées à l'exécution de la convention de concession de service public pour l'exploitation de la structure d'accueil petite enfance " multi-accueil Bleu ", entrée en vigueur le 28 août 2017 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer les pénalités à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Charenton-le-Pont une somme de
3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune ne prouve pas qu'elle a respecté les formalités prévues à l'article L. 1617-5 4° du code général des collectivités territoriales ;
-le titre exécutoire litigieux n'indique pas suffisamment les bases de sa liquidation, comme le requiert l'article 24 du décret du 7 novembre 2012, et notamment, les documents envoyés précédemment ne permettaient pas de connaître les bases de calcul de la somme ;
- les conditions d'exécution du contrat respectaient la capacité d'accueil prévue par l'article 10 de la convention, tel qu'il doit être interprété à partir de l'article R. 2324-7 du code de la santé publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2020, la commune de Charenton-le-Pont conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société LPCR Collectivités Publiques ne sont pas fondés.
Par lettre du 23 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 15 septembre 2022.
L'instruction a été close par l'émission de l'avis d'audience le 19 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Douineau, représentant la société LPCR Collectivités publiques et de Mme A et Mme B, représentant la commune de Charenton-le-Pont.
Considérant ce qui suit :
1. La société LPCR Collectivités Publiques est délégataire d'une convention de délégation de service public pour l'exploitation de la structure d'accueil petite enfance " multi-accueil Bleu " signée avec la commune de Charenton-le-Pont et entrée en application le
28 août 2017 pour une durée de cinq ans. Constatant dans la période allant de janvier à avril 2019 divers manquements de la société délégataire à ses obligations contractuelles relatives à la capacité d'accueil, la commune a mis à la charge de la société délégataire une pénalité de
21 000 euros, par émission d'un titre exécutoire le 31 mars 2020. La société requérante demande l'annulation de ce titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer cette somme.
2. D'une part, il résulte de l'article 10 de la convention de délégation de service public que l'équipement dispose d'une capacité d'accueil de 45 places, et de l'article 57 de la convention de délégation de service public que : " la Personne publique peut infliger des pénalités au Titulaire (). Les manquements sont constatés par la Personne publique, par la PMI, par tout autre organe de contrôle () ". L'article 57.1 prévoit une pénalité de 1 000 euros par constat hebdomadaire, portée à 2 000 euros à partir du deuxième constat pour les mêmes faits, en cas de non-respect des règles imposées par un organe institutionnel ou le contrat concernant le nombre d'usagers accueillis, constaté par la personne publique, de visu ou sur étude des plannings des équipes et des usagers. D'autre part, aux termes de l'article R. 2324-27 du code de la santé publique, dans sa rédaction en vigueur à la date de la conclusion de la concession : " Sous réserve du respect des dispositions du premier alinéa de l'article R. 2324-17 et de l'article R. 2324-43 et à condition que la moyenne hebdomadaire du taux d'occupation n'excède pas cent pour cent de la capacité d'accueil prévue par l'autorisation du président du conseil départemental ou figurant dans la demande d'avis qui lui a été adressée, des enfants peuvent être accueillis en surnombre certains jours de la semaine, dans le respect des limites suivantes : () / 3° Vingt pour cent de la capacité d'accueil pour les établissements ou services d'une capacité supérieure ou égale à quarante et une places ".
3. Il résulte de l'instruction que pour infliger la pénalité de 1 000 euros et les dix pénalités de 2 000 euros en cause, la commune de Charenton-le-Pont s'est fondée sur le fait que la moyenne hebdomadaire du nombre d'enfants présents par jour, tel que ce dernier nombre figurait au tableau de suivi transmis à la commune par la société délégataire, dépassait pour onze semaines la capacité d'accueil de 45 enfants prévue par l'autorisation du président du conseil départemental. Toutefois, ni les stipulations contractuelles, ni les dispositions réglementaires précitées, ne prévoient que ce nombre, dont l'instruction révèle qu'il correspond au maximum d'enfants accueillis simultanément au cours d'une même journée, devait être retenu, plutôt que la moyenne des enfants accueillis simultanément au cours d'une même journée, pour calculer la moyenne hebdomadaire du taux d'occupation. Si la commune soutient subsidiairement que la moyenne hebdomadaire devait être calculée suivant la formule figurant à l'article 12.1 de la convention fixant la capacité théorique maximale contractuelle de référence, il ne résulte pas de l'instruction que les parties, pas plus que les dispositions réglementaires précitées, se soient référées à une telle formule, dont l'objet est de contrôler que le taux d'occupation financier de référence est conforme aux directives de la caisse nationale d'allocations familiales, pour calculer la moyenne hebdomadaire et donc que cette formule serait susceptible de fonder les pénalités en cause, qui ne sont d'ailleurs pas conformes au nouvel article R. 2324-27 du code de la santé publique, lequel présente le caractère d'une loi nouvelle plus douce. Au demeurant, il résulte de l'instruction que la moyenne hebdomadaire des semaines ayant donné lieu aux pénalités est inférieure à cette capacité hebdomadaire théorique maximale, qui a été fixée à 111 870 heures pour la période allant de septembre 2018 à août 2019. La société requérante est donc fondée à soutenir que le titre exécutoire n'est pas fondé, et, par voie de conséquence, à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 21 000 euros correspondant à ces pénalités.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société LPCR est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire émis par la commune de Charenton-le-Pont le 31 mars 2020 pour le recouvrement de la somme de 21 000 euros relative aux pénalités liées à l'exécution de la convention de concession de service public pour l'exploitation de la structure d'accueil petite enfance " multi-accueil Bleu ". Elle est également fondée à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 21 000 euros correspondant à ces pénalités.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Charenton-le-Pont une somme de 1 500 euros à verser à la société LPCR Collectivités Publiques au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire émis à l'encontre de la société LPCR Collectivités Publiques le
31 mars 2020 par la commune de Charenton-le-Pont est annulé.
Article 2 : La société LPCR Collectivités Publiques est déchargée de l'obligation de payer les pénalités infligées par la commune de Charenton-le-Pont en exécution de la concession de service publique pour l'exploitation de la structure petite-enfance " multi-accueil-Bleu ".
Article 3 : La commune de Charenton-le-Pont versera la somme de 1 500 euros à la société LPCR Collectivités Publiques en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société LPCR Collectivités Publiques et à la commune de Charenton-le-Pont.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 novembre 2022.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026