mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005378 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020, la société bureau Veritas construction, représenté par Me Junqua-Lamarque, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de Seine-et-Marne à lui verser la somme de 4 516,73 euros TTC majorée des intérêts moratoires au taux de l'intérêt légal ;
2°) de condamner le département de Seine-et-Marne à lui payer la somme de 363,20 euros HT au titre des indemnités légales ;
3°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucune disposition du marché ne subordonne le paiement des prestations à la fourniture d'un " tableau de révision " demandé par le département.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le département de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société bureau Veritas construction au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable faute d'avoir respecté la procédure prévue à l'article 37.2 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de prestations intellectuelles ;
- à titre subsidiaire, la société n'a pas respecté l'article 4 du cahier des clauses particulières (CCP) du marché qui prévoit que les demandes d'acomptes doivent être établies conformément à un modèle annexé.
Par ordonnance du 14 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 mars 202Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- l'arrêté du 16 septembre 2009 approuvant le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles (CCAG-PI) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Israël, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Salenne-Bellet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le département de Seine-et-Marne a confié à la société bureau Veritas construction un marché de mission de contrôle technique d'une opération de construction d'un collège à Chelles. Ce marché a été conclu à un prix global et forfaitaire de 37 635 euros HT, tranche conditionnelle incluse. Ce prix était réglable au vu de demande de paiement. La société a émis quatre factures au titre de la tranche ferme et une au titre de la tranche optionnelle, pour un total de 4 516,73 euros. En l'absence de règlement de ces factures, et à la suite d'une mise en demeure restée infructueuse, la société demande par la présente requête la condamnation du département à lui verser la somme litigieuse ainsi que les indemnités légales.
2. Aux termes des stipulations de l'article 37 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles (CCAG-PI) approuvé par l'arrêté du 16 septembre 2009 et qui est au nombre des pièces contractuelles du marché en litige, en application de l'article 2 du cahier des clauses administratives particulières du marché : " Tout différend entre le titulaire et le pouvoir adjudicateur doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'une lettre de réclamation exposant les motifs de son désaccord et indiquant, le cas échéant, le montant des sommes réclamées. Cette lettre doit être communiquée au pouvoir adjudicateur dans le délai de deux mois, courant à compter du jour où le différend est apparu, sous peine de forclusion ". Il résulte de ces stipulations qu'il appartient au titulaire du marché d'adresser, dans les deux mois suivant le jour où le différend est apparu, un mémoire en réclamation, sous peine de voir sa requête rejetée pour irrecevabilité par le juge.
3. Il résulte de l'instruction que, par lettre du 30 janvier 2020 régulièrement réceptionnée par le département de Seine-et-Marne, la société bureau Veritas construction a mis en demeure la collectivité de lui régler, dans un délai de huit jours, la somme de 4 516,73 euros TTC correspondant aux factures suivantes :
- n° 19328348 d'un montant de 1 198,08 euros TTC, datée du 24 septembre 2019,
- n° 19328349 d'un montant de 565,25 euros TTC, datée du 24 septembre 2019,
- n° 19328350 d'un montant de 847,87 euros TTC, datée du 24 septembre 2019,
- n° 19328351 d'un montant de 473,09 euros TTC datée du 24 septembre 2019,
- n° 19356172 d'un montant de 1 432,44 euros TTC, datée du 18 novembre 2019,
ainsi que 40 euros par facture impayée au titre de 1'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, soit 200 euros et la somme de 163,20 euros TTC au titre du coût de la mise en demeure. Cet envoi adressé par courrier recommandé avec demande d'avis de réception, précisait qu'à défaut de respecter ledit délai, une action judiciaire serait engagée afin d'obtenir le recouvrement de ces créances.
4. Il est constant, qu'à la suite de la réception de cette mise en demeure, le département de Seine-et-Marne n'a pas procédé au règlement des sommes réclamées, dans le délai de huit jours fixé par son auteure au-delà duquel elle considèrerait l'absence de réponse à sa demande comme signifiant un rejet ni, au demeurant, postérieurement à ce délai. Par suite, un différend opposant la société bureau Veritas construction au département de Seine-et-Marne est né, au sens des stipulations de l'article 37 du CCAG-PI, du fait du refus implicite dudit département de payer les sommes réclamées par cette mise en demeure. Toutefois, dès lors que cette même mise en demeure ne constitue pas la réclamation prévue par les dispositions citées au point 2, il appartenait à la société requérante d'adresser au département un mémoire de réclamation dans le délai de deux mois suivant le jour où ce différend est ainsi apparu. Or il ne résulte d'aucune des pièces versées aux débats que la société requérante a adressé au département avant l'expiration du délai de deux mois, ni même au-delà, un tel mémoire indiquant de manière précise et détaillée les chefs sur lesquels portaient ses réclamations et justifiant le montant de la somme réclamée. Dans ces conditions, le département peut à bon droit opposer en défense à la société requérante que son action en réclamation est forclose. Dès lors, le département de Seine-et-Marne est fondé à soutenir que les conclusions de la société bureau Veritas construction dirigées contre son refus de lui régler les factures litigieuses sont irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société bureau Veritas construction n'est pas recevable à demander la condamnation du département de Seine-et-Marne à lui verser la somme de 4 879,93 euros TTC euros.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de Seine-et-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société bureau Veritas construction demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société le versement au département d'une somme de 1 500 euros en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société bureau Veritas construction est rejetée.
Article 2 : La société bureau Veritas construction versera une somme de 1 500 euros au département de Seine-et-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Société bureau Veritas construction et au département de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
D. Israël
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
A. Starzynski
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026