mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005398 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | THOMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2020, la société à responsabilité limitée A International, représentée par son gérant, représentée par Me Thomas, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016 et en 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'administration fiscale a réintégré à tort dans ses résultats les rémunérations attribuées à Mme A dès lors que ces rémunérations, qui correspondent à un travail effectif et ne présentent pas de caractère excessif, constituent ainsi des charges déductibles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2020, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée du contrôle fiscal conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la Sarl A International ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
10 février 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (Sarl) A International, dont M. et Mme A sont les co-gérants, exerce, aux termes de ses statuts, une activité de prise de participation dans toutes sociétés françaises ou étrangères et de gestion administrative et comptable de sociétés. A l'issue de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet pour la période courant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, l'administration fiscale a, notamment, remis en cause la déductibilité des rémunérations allouées à Mme A, actionnaire et co-gérante de la société, au motif que les rémunérations n'étaient pas justifiées par un travail effectif au regard des dispositions du 1° du 1 de l'article 39 du code général des impôts, et les a réintégrées dans les bénéfices imposables de la société au titre des exercices clos en 2016 et 2017. En conséquence, par une proposition de rectification du 27 mai 2017 notifiée selon la procédure de rectification contradictoire, les rectifications envisagées ayant été maintenues au stade de la réponse aux observations du contribuable puis à l'issue de l'avis favorable du 18 novembre 2019 de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, la
Sarl A International a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. La Sarl A International a contesté les impositions supplémentaires d'impôt sur les sociétés par une réclamation du 10 février 2020, que l'administration fiscale a rejetée par une décision du 24 juin 2020. Par la présente requête, la Sarl A International doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016 et 2017.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. D'une part, aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés ". Aux termes de l'article 39 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. / Toutefois les rémunérations ne sont admises en déduction des résultats que dans la mesure où elles correspondent à un travail effectif et ne sont pas excessives eu égard à l'importance du service rendu. Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais ". Les charges pouvant être admises en déduction du bénéfice imposable, en application de l'article 39 du code général des impôts, doivent avoir été exposées dans l'intérêt direct de l'entreprise ou se rattacher à sa gestion normale, correspondre à des charges effectives et être appuyées de justificatifs.
3. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions du 1 de l'article 39 du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
4. Il résulte de l'instruction et, notamment, de la proposition de rectification du
27 mai 2019 que l'administration fiscale a réintégré dans les résultats imposables de la
Sarl A International la somme globale de 42 000 euros, qui correspond à la rémunération allouée à Mme A et qu'elle avait comptabilisée en charge au titre de chaque exercice clos en 2016 et en 2017, au motif que la réalité et l'effectivité du travail accompli par l'intéressée au sein de la société n'était pas établie.
5. La Sarl A International soutient, de manière générale, que " la réalisation et la signature de documents juridiques " par Mme A constitue " l'exacte contrepartie de son mandat social, à savoir s'engager et engager la société et prendre ainsi ses responsabilités, et en répondre au besoin ". Pour justifier de la réalité du travail réalisé par Mme A, la société requérante produits divers documents juridiques signés par Mme A et fait valoir qu'" il sera constaté à la lecture de ces derniers, que Madame B A était aussi organisatrice et présente aux assemblées ". Toutefois, la seule production de deux rapports de gestion, établis et signés par Mme A, ne permettent pas de justifier, à eux-seuls, de l'effectivité d'un travail sur les deux années en litige alors que l'administration fiscale fait valoir, sans être contredite, que ces rapports reprennent les éléments d'un autre rapport dont Mme A n'est pas l'autrice. Or, la Sarl A International n'apporte aucune autre pièce ou document relatif à la gestion de la société de nature à démontrer que Mme A aurait fourni un travail effectif alors que l'administration fiscale a, par ailleurs, pu constater que l'intéressée n'avait engagé aucun frais de déplacement ou frais de mission au titre des deux années litigieuses. La Sarl A International n'apporte pas davantage d'éléments susceptible d'établir le travail réalisé par Mme A dans l'organisation des assemblées. Enfin, la circonstance que Mme A détienne la signature sur l'un des deux comptes bancaires de la société requérante n'est pas davantage de nature à établir l'existence d'un travail effectif, dès lors qu'elle ne produit aucune pièce démontrant qu'elle aurait pris une quelconque décision à portée financière ayant engagé la Sarl A International. Il suit de là qu'en l'absence de tout travail effectif, c'est à bon droit, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère excessif de cette rémunération, qui s'élève à la somme globale de 84 000 euros, que l'administration fiscale a rejeté la déductibilité de la totalité de ces rémunérations au titre des exercices clos en 2016 et 2017, et les a réintégrées dans les bénéfices de la
Sarl A International.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la Sarl A International n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des contributions sociales au titre des exercices clos en 2016 et en 2017. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins de décharge ainsi que celles qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL A International est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée A International et à la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2005398
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026