jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL SIRET & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 août et 16 septembre 2020,
M. B A, représenté par Me Siret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 7 mai 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de restituer quatre points sur son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision " 48SI " est illégale, en vertu de la théorie des formalités impossibles, dès lors qu'elle a été prononcée du fait de l'impossibilité dans laquelle il s'est trouvé placé d'accomplir un stage lui permettant de récupérer quatre points ; la crise sanitaire doit être regardée comme un cas de force majeure ;
- les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020 ont été méconnues ; le stage accompli avant la date de notification de la décision " 48SI ", soit avant le 15 juin 2020, devait lui permettre de récupérer quatre points à titre rétroactif le deuxième jour du stage ; la formalité, soit le stage, qui aurait dû être accomplie, pendant la période de crise sanitaire sous peine d'opposabilité, avant la notification de la décision " 48SI ", doit être réputée avoir été effectuée dans les délais soit avant le 25 août 2020 ;
- l'annulation de la décision " 48SI " s'impose sous peine de ne pouvoir être recruté par un nouvel employeur à compter du 1er septembre 2020 ;
- la décision " 48SI " est entachée d'irrégularité en ce qu'elle a méconnu la procédure tendant à la récupération des points par la réalisation d'un stage ; l'impossibilité de réaliser un stage durant la crise sanitaire constitue un vice substantiel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2020, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 septembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 21 janvier 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis une succession d'infractions au code de la route, les 20 mars 2018, 28 septembre 2018, 16 mai 2019, 29 mai 2019, 2 octobre 2019, 7 février 2020 et 31 janvier 2020 ayant entraîné le retrait de treize points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48SI " du 7 mai 2020, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retrait de points, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête,
M. A demande l'annulation de cette décision " 48SI " en tant qu'elle invalide son permis de conduire.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. / () ". Aux termes de l'article 2 de la même ordonnance : " Tout acte, (), formalité, () prescrit par la loi ou le règlement à peine de (), inopposabilité, (), non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. / () ".
3. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " (). / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Lorsque le titulaire du permis de conduire a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de points égal ou supérieur au quart du nombre maximal de points et qu'il se trouve dans la période du délai probatoire défini à l'article L. 223-1, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. / () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.- Le titulaire de l'agrément () délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ".
4. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celle qui constate la perte de validité du permis pour solde de points nul, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
5. Il résulte de l'instruction et, notamment des observations en défense du ministre de l'intérieur que le stage que M. A n'a pu réaliser aux dates qu'il avait choisies pour récupérer quatre points sur son permis de conduire, compte tenu de la crise sanitaire, relevait de la faculté ouverte par les dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route à tout titulaire d'un permis de conduire de demander la reconstitution partielle du capital de points de points affectés à son permis de conduire en accomplissant un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Cette faculté, ainsi que le relève le ministre de l'intérieur est ouverte à l'intéressé dès qu'il a connaissance d'une décision de retrait partiel de points. Dans ces conditions, M. A ne peut, contrairement à ce qu'il soutient et au vu de ce qui vient d'être dit, utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'ordonnance du 25 mars 2020 dès lors que les dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, dans le champ d'application duquel il rentre, ne prescrivent pas de formalité, au sens de cette ordonnance, qui aurait dû être accomplie entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus sous peine d'être inopposable et qui serait réputée avoir été fait à temps et au plus tard le 25 août 2020. M. A ne peut davantage utilement se prévaloir de la théorie des formalités impossibles alors qu'il résulte de l'instruction qu'il ne pouvait ignorer, en consultant le relevé d'information intégral de son permis de conduire, qu'au vu du nombre et de la gravité des infractions commises, le ministre de l'intérieur était susceptible de constater la perte de validité de son permis de conduire et qu'il lui appartenait, en tout état de cause, dès qu'il avait eu connaissance d'un retrait partiel de points, de demander à réaliser un stage de sensibilisation à la sécurité routière. M. A ne peut, en conséquence, utilement invoquer la méconnaissance par le ministre de l'intérieur d'une procédure administrative que le code de la route n'a pas organisée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision " 48SI " du 7 mai 2020. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction ainsi que les conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C ID E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. C
La greffière,
S. SCHILDERLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2005985
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026