mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006004 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | MORDANT FILIOR SERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2020, Mme B A C, représentée par Me Odin, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, sur le fondement de la responsabilité pour faute, à lui verser la somme de 4 552,76 euros en réparation du préjudice matériel et moral que lui a causé le vol de ses effets personnels lors de son hospitalisation au sein de l'hôpital Henri Mondor à Créteil ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, sur le fondement de la responsabilité de plein droit, à lui verser la somme de 4 552,76 euros en réparation du préjudice matériel et moral que lui a causé le vol de ses effets personnels lors de son hospitalisation au sein de l'hôpital Henri Mondor à Créteil ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a procédé au dépôt de ses effets personnels sous le contrôle de l'infirmière le 8 janvier 2020, avant de descendre au bloc opératoire, dans les conditions prévues à l'article
L. 1113-1 du code de la santé publique ;
- en ne sécurisant pas la clé du casier de sa chambre d'hôpital, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris a engagé sa responsabilité dans le vol de ses affaires personnelles ;
- l'inventaire produit par l'Assistance publique-hôpitaux de Paris est un faux, et ne correspond pas à celui de ses objets ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité de plein droit de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris devra être reconnue ;
- il a lieu de l'indemniser du préjudice matériel et du préjudice moral causés par la perte de ses affaires personnelles qui s'élèvent à hauteur de 4 552,76 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aurore Perrin, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aurore Perrin, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C a été hospitalisée à l'hôpital Henri Mondor de Créteil, relevant de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), du 7 au 9 janvier 2020. Elle a formé une réclamation indemnitaire préalable, suite au vol de ses effets personnels au cours de son hospitalisation, rejetée par une décision du 8 juin 2020. Mme A C demande au tribunal de l'indemniser du préjudice subi résultant de la perte de ses effets personnels par cet établissement de santé.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1113-1 du code de la santé publique : " Les établissements de santé () sont, qu'ils soient publics ou privés, responsables de plein droit du vol, de la perte ou de la détérioration des objets déposés entre les mains des préposés commis à cet effet ou d'un comptable public, par les personnes qui y sont admises ou hébergées. ". Aux termes de l'article L. 1113-3 de ce code : " La responsabilité prévue à l'article L. 1113-1 s'étend sans limitation aux objets de toute nature détenus, lors de leur entrée dans l'établissement, par les personnes hors d'état de manifester leur volonté ou devant recevoir des soins d'urgence et qui, de ce fait, se trouvent dans l'incapacité de procéder aux formalités de dépôt dans les conditions prévues à l'article L. 1113-1. Dans ce cas, ces formalités sont accomplies par le personnel de l'établissement. ". Aux termes de l'article L. 1113-4 de ce code : " Les établissements mentionnés à l'article L. 1113-1 ou l'Etat ne sont responsables du vol, de la perte ou de la détérioration des objets non déposés dans les conditions prévues à l'article L. 1113-1 () que dans le cas où une faute est établie à l'encontre des établissements ou à l'encontre des personnes dont ils doivent répondre. ". L'article R.1113-2 prévoit : " Dans les établissements dotés d'un comptable public, les dépôts s'effectuent entre les mains du comptable public ou d'un régisseur désigné à cet effet lorsqu'ils concernent des sommes d'argent, des titres et valeurs mobilières, des moyens de règlement ou des objets de valeur. Les autres objets sont déposés entre les mains d'un agent désigné à cet effet par le directeur de l'établissement. ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que lorsque des objets sont déposés entre les mains des préposés commis à cet effet par les personnes hospitalisées ou pour leur compte, le régime applicable en cas de perte, vol ou dégradation de ces objets personnels est une responsabilité de plein droit, sans preuve nécessaire par le patiente d'une faute commise par l'établissement. Il en va différemment lorsque les objets en litige n'ont fait l'objet d'aucun dépôt auprès de l'établissement, la responsabilité de l'établissement étant alors subordonnée à la démonstration d'une faute commise.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que contrairement à ce que soutient
Mme A C, elle n'a pas procédé au dépôt, dans les conditions définies à l'article L. 1113-1 précité du code de la santé publique, de ses effets personnels dont la disparition a été constatée le 8 janvier 2020, à son retour de salle d'opération, alors qu'elle les avait entreposés dans le coffre du casier, fermé à clé, de sa chambre d'hôpital. La circonstance à la supposer établie que l'entreposage de ses effets personnels ait eu lieu en présence d'une infirmière qui aurait conservé la clef ne permet pas de démontrer que la requérante aurait procédé au dépôt de ses effets personnels dans les conditions précitées. En outre, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été hors d'état de manifester sa volonté et se serait ainsi trouvée dans le cas d'empêchement visé à l'article L. 1113-3 précité. Dans ces conditions, la responsabilité de l'AP-HP, pour la perte des effets personnels de Mme A C, ne peut être engagée que si une faute est établie à son encontre en application de l'article L. 1113-4 du code de la santé publique.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A C n'apporte aucun élément précis à l'appui de ses allégations tendant à soutenir que la disparition de ses effets personnels, qu'elle avait conservés dans le casier de sa chambre d'hôpital, résulte d'une faute commise par le personnel de l'hôpital Henri Mondor. Le seul fait que ses effets personnels aient disparu dans des circonstances inconnues ne suffit pas à établir que leur perte résulterait d'une faute commise par les services de l'hôpital. Par suite, Mme A C n'est pas fondée à engager la responsabilité pour faute de l'AP-HP à raison de la disparation de ses effets personnels dans sa chambre d'hôpital le 8 janvier 2020.
6. Il résulte de ce qui précède que les faits invoqués par Mme A C ne sont pas de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP pour faute, ni comme elle le demande, à titre subsidiaire, la condamnation de l'AP-HP sur le fondement de la responsabilité de plein droit en l'absence de preuve du dépôt réalisé. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défait, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'AP-HP, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A C une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'AP-HP présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Assistance publique-hôpitaux de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La magistrate désignée,
A. PerrinLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026