jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006273 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | MFENJOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2020, M. A C et
Mme B C, représentés par Me Nji Chouaïbou, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 euro à verser à Me Nji ChouaÏbou en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- leur revenu ne s'est pas amélioré en 2016 ; les revenus déclarés sont les seuls qu'ils ont perçus ; la décision de l'administration fiscale est entachée d'abus de pouvoir ;
- Mme C n'a pu fournir l'ensemble des pièces justificatives qui auraient permis de démontrer sa bonne foi ; l'administration n'a jamais tenu compte des copies de chèques versées au débat ; ils recherchent les autres copies de chèques pour établir leur bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 décembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (Sas) Etre La Drive'n'go, qui exerce l'activité de transports de voyageurs par taxis, et dont Mme C est associée à hauteur de 80% du capital, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a porté sur les exercices clos au 31 décembre 2016 et 31 décembre 2017, dont l'administration fiscale a tiré les conséquences à l'égard de Mme C. Elle lui a ainsi adressé une proposition de rectification le 24 juin 2019, selon la procédure de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, pour imposer entre ses mains, au titre de l'année 2016, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, des revenus considérés comme distribués, en application des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts et de celles du c. de l'article 111 du même code. Mme C a formé, le 20 février 2020, une réclamation contentieuse que l'administration fiscale a rejetée par une décision du 4 juin 2020. Par la présente requête, M. et Mme C doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre de l'année 2016.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () ; / c. Les rémunérations et avantages occultes ; / () ". Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
3. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité de la Sas Etre La Drive'n'go, l'administration fiscale a relevé que Mme C avait la pleine maîtrise de l'affaire après avoir établi qu'elle était l'unique interlocutrice de l'administration fiscale, des fournisseurs et des tiers, qu'elle détenait une part prépondérante du capital de la société à hauteur de 80 % et qu'elle avait la procuration de signature sur le compte bancaire de la société. L'administration fiscale a, en outre, relevé que la Sas Etre la Drive'n'go n'avait pas été en mesure de justifier des sommes inscrites pour un montant total
de 168 015 euros au crédit du compte courant d'associés - compte 455 - au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2016 et que ces crédits constituaient des revenus distribués et devaient être réintégrés au revenu global de l'impôt sur le revenu de l'année 2016 de M. et Mme C dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts.
4. D'une part, la circonstance que l'administration fiscale aurait entaché la décision du 4 juin 2020 rejetant la réclamation contentieuse présentée par Mme C, d'abus de pouvoir, au demeurant non établie, demeure, en tout état de cause, sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige. Le moyen invoqué ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
5. D'autre part, M. et Mme C, qui font valoir que leurs revenus déclarés étaient conformes aux seuls revenus perçus et qui produisent, au soutien de leur argumentation, la copie de trois chèques du 17 décembre 2015 de 28 550,40 euros, du 18 février 2016
de 24 563,86 euros et du 20 avril 2016 de 24 600,32 euros, doivent être regardés comme contestant le rehaussement opéré par l'administration fiscale au titre du c. de l'article 111 du code général des impôts. Toutefois, et contrairement à ce que font valoir les requérants qui ne contestent pas la qualité de maître de l'affaire de Mme C, la seule production des chèques établis les 17 décembre 2015, au demeurant, sur une année hors litige, et 18 février 2016 ne permettent pas, en l'absence de correspondance avec les écritures comptables recensées par l'administration fiscale et portées à la connaissance de Mme C, de justifier des sommes figurant au crédit du compte courant d'associés. Par ailleurs, en se bornant à produire la copie d'un troisième chèque d'un montant de 24 600,32 euros du 28 avril 2016, susceptible de correspondre à l'écriture comptable enregistrée sous l'intitulé " BQ-54 (numéro d'écriture) - Caisse d'Epargne (journal) - 02/06/2016 (date comptable) - remise de chèques N.0000044 (libellé) 455100 (numéro compte) - Associés - comptes courants (libellé compte) - 0 € (débit) - 24 600,32 euros (crédit) ", les requérants ne justifient pas davantage de la somme inscrite au crédit du compte courant d'associés à défaut de produire des pièces comptables justificatives. Il suit de là, alors que la charge de la preuve incombe aux requérants, que les sommes identifiées par l'administration fiscale doivent être regardées comme appréhendées par Mme C du fait même de leur inscription au crédit du compte courant d'associés dont, en sa qualité de maître d'affaires, elle avait la libre disposition et comme imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application des disposions du c. de l'article 111 du code général des impôts. De surcroît, et en tout état décause, à supposer même que M. et Mme C auraient entendu contester les rectifications opérées sur le fondement des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, les pièces produites ne permettent pas de contredire l'analyse de l'administration fiscale.
6. Enfin, M. et Mme C ne sauraient utilement se prévaloir de la bonne foi dès lors que l'administration fiscale n'a pas fait application de pénalités fondées sur la mauvaise foi ni invoqué l'intention délibérée de Mme C de se soustraire à l'impôt sur le revenu.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander la réduction, en droits et pénalités, des impositions en litige. Il y a donc lieu de rejeter leurs conclusions aux fins de réduction ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'ils ont présentées au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2006273
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026