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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2006376

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2006376

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2006376
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre, JU
Avocat requérantFRANCK COHEN AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 14 août 2020 et

le 9 décembre 2020, M. A C D, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 2 décembre 2014 à 12h57 à Nice (quatre points) et 9 avril 2017 à 10h02 à Saint-Ouen (trois points) ;

2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 26 avril 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé devant le ministre de l'intérieur le 24 avril 2019 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer son permis de conduire affecté d'un solde de points résultant de la restitution des points illégalement retirés suite aux décisions consécutives aux infractions constatées les 2 décembre 2014 et 9 avril 2017 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice somme administrative.

M. D soutient que :

En ce qui concerne les décisions référencées " 48 SI " :

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 2 décembre 2014 :

- la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 2 décembre 2014 ne lui a pas été notifiée régulièrement et effectivement par une lettre avec accusé de réception ; pourtant la loi impose la notification d'une lettre référencée " 48 N " lui enjoignant de suivre un stage de récupération de points dans un délai de quatre mois ; le relevé d'information intégral indique qu'une telle lettre lui aurait été adressée le 2 juillet 2015 et serait revenue avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée " ; l'intéressé était sous permis probatoire du 18 avril 2012 au 18 avril 2015 ; il n'a pas eu la possibilité de s'inscrire au stage de récupération de points, ce qui ne lui a pas permis d'éviter l'invalidation de son permis de conduire ;

- il n'a pas été informé préalablement conformément aux dispositions des articles

L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le requérant n'a pas reçu d'avis de contravention et n'a pas payé d'amende en relation avec cette infraction ; cette attestation ne satisfait pas les critères de la jurisprudence Gosso ;

- l'infraction du 2 décembre 2014 n'est pas établie ; il n'a acquitté aucune amende ; le titre exécutoire n'a pas été porté à sa connaissance ; l'attestation de paiement produite est insuffisante, dès lors que le paiement de l'amende est intervenu plus de trois ans après l'émission du titre exécutoire soit au titre d'une exécution forcée.

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 9 avril 2017 :

- il n'a pas été informé préalablement conformément aux dispositions des articles

L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; l'intéressé n'a reçu ni avis de contravention ni aucune autre information préalable sous une autre forme, nonobstant la mention " amende forfaitaire majorée " sur le relevé d'information intégral ; l'intéressé n'a d'ailleurs pas signé le procès-verbal électronique ; la jurisprudence Sellem n'est applicable qu'aux infractions relevées par radar automatique, et en l'espèce, l'administration doit prouver qu'elle a délivré l'information ; la production du relevé d'information intégral est insuffisante ;

- l'infraction du 9 avril 2017 n'est pas établie ; il a formé une réclamation contre le titre exécutoire de cette amende forfaitaire majorée devant l'officier du ministère public, et ainsi cette infraction ne saurait être regardée comme étant définitive.

En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :

- le permis de conduire du requérant n'était pas nul ; par conséquent, la décision invalidant son permis de conduire est illégale.

Par un mémoires en défense, enregistré le 27 octobre 2020, le ministère de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Le ministre de l'intérieur soutient que :

En ce qui concerne les décisions référencées " 48 " :

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 2 décembre 2014 :

- la circonstance que l'administration n'est pas de nature à établir la notification à un contrevenant d'une lettre référencée " 48 N " est sans incidence sur la légalité de la décision référencée " 48 SI " ;

- la décision consécutive à l'infraction du 2 décembre 2014 a été édictée dans des conditions respectueuses au droit à l'information du requérant ; il ressort de l'attestation du trésorier du Centre national de traitement du Contrôle Sanction Automatisé que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée ; il n'établit pas avoir formé une réclamation recevable sur le fondement des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale ;

- les mentions AF et AM figurant au relevé d'information intégral permettent d'établir la réalité des infractions querellées.

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 9 avril 2017 :

- la décision consécutive à l'infraction du 9 avril 2017 a été établie dans des conditions respectueuses du droit à l'information du requérant ; l'infraction a été relevée par un procès-verbal électronique indiquant qu'elle entraîne un retrait de trois points ; l'avis de contravention puis l'avis de majoration comportent tous deux l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le bordereau de situation émis par la trésorerie indique que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée ; le requérant n'établit ni même n'allègue avoir reçu un avis incomplet ou avoir formé une réclamation préalable sur le fondement des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale ;

- les mentions AF et AM figurant au relevé d'information intégral permettent d'établir la réalité des infractions querellées ;

- concernant l'infraction du 9 avril 2017, l'intéressé n'apporte pas la preuve du caractère recevable de sa réclamation contre le titre exécutoire portant sur l'amende forfaitaire afférente à sa réclamation ; le bordereau de situation indique que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée le 12 avril 2019, soit un mois avant la réclamation ; le paiement a éteint l'action publique, et ainsi la réclamation est sans objet et non recevable.

En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " :

- la décision est légale compte tenu du solde de point nul afférent au permis de conduire du requérant.

Par ordonnance du 21 septembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 21 janvier 2021 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;

- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 14 juin 2012 à 2h26 (un point), 2 février 2013 à 5h19 (un point), 2 décembre 2014 à 12h57 (quatre points), 17 janvier 2015 à 00h59 (un point), 9 avril 2017 à 10h02 (trois points), et 21 juillet 2017 à 17h12 (un point). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 26 avril 2019, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par une lettre du 23 mai 2019, réceptionnée le 24 avril 2019, M. D a formé un recours contre cette décision et a sollicité la restitution de sept points. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " en date du 26 avril 2019 ainsi que les décisions référencées " 48 SI" consécutives aux infractions du 2 décembre 2014 et 9 avril 2017.

Sur les conclusions à fin d'annulation tendant à l'annulation des décisions référencées " 48 SI" de retrait de points en litige :

En ce qui concerne la décision référencée " 48 SI " consécutive à l'infraction du

2 décembre 2014, ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire majorée :

2. En premier lieu, la délivrance, préalablement au règlement de l'amende, de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une condition de la légalité des décisions de retrait de points. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration était revêtu des mentions qui permettaient au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et qui portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.

3. Il résulte de l'instruction que pour attester de la réalité de l'infraction de non-respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant commis le 2 décembre 2014, le ministre de l'intérieur a versé aux débats une attestation de paiement en date du 9 octobre 2020 établi sous le timbre de la direction générale des finances publiques par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes indiquant que M. D a versé au titre de l'amende forfaitaire majorée concernant cette infraction une somme de 188,35 euros le 25 mai 2018 et une somme de 131,65 euros

le 7 juin 2018. Si le requérant soutient qu'eu égard au délai séparant l'émission du titre exécutoire le 4 mars 2015, pour une infraction du 2 décembre 2014, du paiement de cette amende ce paiement peut être intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il n'a pas apporté la preuve qui lui incombait que cette amende a fait l'objet d'un recouvrement forcé, alors même que le ministre en défense lui opposait que le paiement effectué en mai et juin 2018 établissait la réalité de l'infraction. En outre, M. D n'a pas allégué avoir reçu un avis d'amende forfaitaire majorée inexact ou incomplet. Par suite, le requérant doit être regardé comme ayant reçu l'information prescrite par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait des points consécutifs à l'infraction du 2 décembre 2014 doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que pour attester de la réalité de l'infraction de non-respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant commis le 2 décembre 2014, le ministre de l'intérieur a versé aux débats une attestation de paiement en date du 9 octobre 2020 établi sous le timbre de la direction générale des finances publiques par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes. Ce document indique l'infraction du 2 décembre 2014 a donné lieu à un avis de contravention n° 33340063742811, à une amende forfaitaire majorée n° 035050031150010988, à un titre exécutoire n° 15003209 émis le 4 mars 2015, et à deux versements de 188,35 euros le 25 mai 2018 et de 131,65 euros le 7 juin 2018. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. D, ce document comporte des mentions suffisamment précises pour établir la réalité de cette infraction. En outre, si M. D soutient qu'il n'a acquitté aucune amende concernant cette infraction, la seule circonstance que le double versement soit intervenu plus de trois ans après la date de commission de l'infraction ne suffit pas à remettre en cause cette attestation. Ainsi, et en l'absence de tout autre élément avancé par le requérant de nature à mettre en doute la réalité des paiements attestés, le document produit, dont les mentions sont suffisamment précises, permet d'établir que M. D s'est acquitté de l'amende forfaitaire majorée au titre de l'infraction du 2 décembre 2014. Par suite, la preuve de la réalité de cette infraction doit être considéré comme rapportée. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'établissement de l'infraction du 2 décembre 2014 doit être écarté.

5. En troisième lieu, il résulte des énonciation du relevé d'information intégral édité

le 26 octobre 2020 concernant M. D que ce dernier s'est vu notifier le 2 juillet 2015 une lettre référencée " 48 N " avec accusé de réception lui indiquant son obligation à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière en raison de ce qu'il a commis une infraction ayant entraîné un retrait de quatre points du solde afférent à son permis de conduire et de sa qualité de conducteur titulaire d'un permis provisoire et de ce que cette lettre est revenue à l'expéditeur avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ". En outre, il est constant que l'intéressé était sous permis probatoire du 18 avril 2012 au 18 avril 2015 lorsqu'il a commis l'infraction du 2 décembre 2014. Toutefois, la circonstance, à la supposer établie, que M. D n'aurait pas reçu la lettre référencée " 48 N " est sans incidence sur la légalité du retrait de quatre points consécutif à cette infraction.

6. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " par laquelle le ministre de l'intérieur lui a retiré quatre points sur le solde afférent à son permis de conduire en raison de l'infraction relevée le 2 décembre 2014 à 12h57 sur le territoire de la commune de Nice.

En ce qui concerne la décision référencée " 48 " consécutive à l'infraction du 9 avril 2017, constatée par procès-verbal électronique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :

7. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

8. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral concernant

M. D édité le 26 octobre 2020, que l'infraction au code de la route relevée le 9 avril 2017 à 10h02 à Saint-Ouen consistant en un arrêt ou un stationnement dangereux a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée à l'encontre du contrevenant. En revanche, elle n'a pas donné lieu à une interpellation du contrevenant. En outre, il ressort du bordereau de situation établi par la trésorerie de Seine-Saint-Denis que l'amende forfaitaire majorée dont il s'agit a fait l'objet d'un règlement le 12 avril 2019 par M. D à hauteur de 386 euros,

soit 375 euros d'amende et 11 euros de frais de poursuite. Ainsi, le règlement de cette amende forfaitaire majorée a fait suite à une procédure de recouvrement d'office et n'a pas été volontaire. Si le requérant soutient qu'il a pris connaissance de l'amende forfaitaire majorée en litige suite à ce recouvrement, et qu'il a alors formé une réclamation le 23 mai 2019, le ministre de l'intérieur n'établit pas par le seul bordereau de situation de la trésorerie de Seine-Saint-Denis qu'il produit que M. D a bien reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, la décision en litige doit être regardée comme ayant été édictée au terme d'une procédure qui a privé M. D d'une garantie.

10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision référencée

" 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur lui a retiré trois points sur le solde afférent à son permis de conduire en raison de l'infraction relevée le 9 avril 2017 à 10h02 sur le territoire de la commune de Saint-Ouen.

Sur les conclusions à fin d'annulation tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " :

11. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. D pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis six infractions les 14 juin 2012 à 2h26 (un point), 2 février 2013 à 5h19 (un point), 2 décembre 2014 à 12h57 (quatre points), 17 janvier 2015 à 00h59 (un point), 9 avril 2017 à 10h02 (trois points), et

21 juillet 2017 à 17h12 (un point) pour un total de 11 points retirés. Toutefois, d'une part, il résulte du relevé d'information intégral édité le 26 octobre 2020 que les décisions consécutives aux infractions du 14 juin 2012, 2 février 2013, 17 janvier 2015, 21 juillet 2017 ont été retirées et les points débités ont été réattribués au solde afférent au permis de conduire de M. D par l'effet du mécanisme de reconstitution automatique du solde de points les 10 avril 2013,

8 septembre 2013, 8 octobre 2015 et 28 mai 2018, soit une somme de quatre points. D'autre part, et ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, la décision référencée " 48 SI " consécutive à l'infraction relevée le 9 avril 2017 à 10h02 sur le territoire de la commune de Saint-Ouen est illégale, ce qui implique que trois points soient restitués à M. D. Dans ces conditions, le solde de points du permis de conduire de M. D n'était pas nul.

12. Il résulte de ce qui précède que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " en date du 26 avril 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

14. En premier lieu, le présent jugement qui annule la décision référencée " 48 " par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré à M. D trois points sur le solde afférent à son permis de conduire en raison de l'infraction relevée le 9 avril 2017 à 10h02 sur le territoire de la commune de Saint-Ouen implique que les trois points retirés soient restitués à l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

15. En second lieu, le présent jugement qui annule la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de M. D implique qu'il soit enjoint à ce ministre de prendre toutes les mesures utiles pour que le titre de conduite de l'intéressé lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que ce dernier ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire de nouveaux retraits de points faisant obstacle à une telle restitution.

Sur les frais liés à l'instance :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation "

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision référencée " 48 SI ", par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points au solde afférent au permis de conduire de M. D consécutivement à l'infraction du 9 avril 2017, est annulée.

Article 2 : La décision référencée " 48 SI " en date du 26 avril 2020, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. D pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis, est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer trois points au solde de points afférent au permis de conduire de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de prendre toutes les mesures utiles pour que le titre de conduite de M. D soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entrainé, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution.

Article 5 : L'Etat est condamné à verser à M. D une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C D et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

S. BLa greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

N°2006376

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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