jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006480 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BERNIGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 août 2020 et 16 février 2021, l'Association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière, représentée par Me Bernigard, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne en date du 20 février 2020 en réponse à sa demande de rescrit ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- le recours pour excès de pouvoir qu'elle présente est recevable dès lors qu'elle établit l'existence d'effets notables autres que fiscaux ;
- la décision est entachée par la méconnaissance du délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 80 CB du livre des procédures fiscales ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'erreurs de droit sur le droit pour une association de filialiser ses activités commerciales, sur l'existence alléguée de liens privilégiés entre une association à but non lucratif et une société filiale de cette association, sur sa gestion désintéressée et sur le caractère non lucratif de ses activités exercées actuellement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2020 et 16 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juin 2023 :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public ;
- et les observations de Me Azami, représentant l'association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande de rescrit du 2 avril 2019, l'association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière a demandé à l'administration fiscale si le projet de filialisation d'activités lucratives qu'elle envisageait n'était pas de nature à remettre en cause son caractère non lucratif. Par courrier du 27 août 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a conclu à ce que la gestion de l'association n'est pas désintéressée, que ses activités sont concurrentielles et qu'elle se livre à titre prépondérant à des opérations de caractère lucratif, de sorte qu'elle est passible des impôts commerciaux. Par un courrier du 9 octobre suivant, l'association a contesté cette position et sollicité un second examen de sa demande. A la suite de l'avis du collège territorial de second examen de Nanterre émis au terme de sa séance du 17 janvier 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a, par décision du 14 février suivant, confirmé sa position initiale en concluant que l'association exerce actuellement, à titre principal, des activités commerciales et qu'elle est donc imposable aux impôts commerciaux quand bien même elle ne créerait pas de société dont elle détiendrait l'ensemble des parts et ayant pour objet de réaliser d'autres activités commerciales. Par la présente requête, l'association demande l'annulation pour excès de pouvoir de cette dernière décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal. Elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi () ". Aux termes de l'article L. 80 CB du même livre : " Lorsque l'administration a pris formellement position à la suite d'une demande écrite, précise et complète déposée au titre des 1° à 6° ou du 8° de l'article L. 80 B ou de l'article L. 80 C par un redevable de bonne foi, ce dernier peut saisir l'administration, dans un délai de deux mois, pour solliciter un second examen de cette demande, à la condition qu'il n'invoque pas d'éléments nouveaux. () Lorsqu'elle est saisie d'une demande de second examen, auquel elle procède de manière collégiale, l'administration répond selon les mêmes règles et délais que ceux applicables à la demande initiale, décomptés à partir de la nouvelle saisine ".
3. Une prise de position formelle de l'administration sur une situation de fait au regard d'un texte fiscal en réponse à une demande présentée par un contribuable dans les conditions prévues par les dispositions mentionnées au point précédent a, eu égard aux effets qu'elle est susceptible d'avoir pour le contribuable et, le cas échéant, pour les tiers intéressés, le caractère d'une décision. En principe, la décision prise par l'administration à la suite d'un second examen, qui se substitue à la prise de position initiale, ne peut pas, compte tenu de la possibilité d'un recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt, être contestée par le contribuable par la voie du recours pour excès de pouvoir. Toutefois, cette voie de droit est ouverte lorsque la prise de position de l'administration, à supposer que le contribuable s'y conforme, entraînerait des effets notables autres que fiscaux et qu'ainsi, la voie du recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt ne lui permettrait pas d'obtenir un résultat équivalent. Il en va ainsi, notamment, lorsque le fait de se conformer à la prise de position de l'administration aurait pour effet, en pratique, de faire peser sur le contribuable de lourdes sujétions, de le pénaliser significativement sur le plan économique ou encore de le faire renoncer à un projet important pour lui ou de l'amener à modifier substantiellement un tel projet.
4. En l'espèce, l'association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière soutient que le recours pour excès de pouvoir à l'encontre de la décision contestée du 14 février 2020 est recevable dès lors que cette décision entraînerait " des sujétions notamment comptables ", aurait " pour effet de la pénaliser significativement sur le plan économique " et compromettrait son projet de développement. Toutefois, elle n'établit pas ainsi que cette décision entraînerait des effets notables autres que fiscaux, dès lors qu'elle est déjà astreinte à la tenue d'une comptabilité, qu'elle n'apporte aucune précision sur les nouvelles sujétions comptables dont elle fait état ni sur l'impact sur le plan économique autre que celui résultant de son assujettissement aux impôts commerciaux et que l'intéressée ne justifie pas que la décision en cause aurait un effet sur le projet de création d'une société exerçant des activités lucratives qu'elle envisageait. Dans ces conditions, la décision contestée résultant de la prise de position du collège territorial de second examen de Nanterre ne peut être contestée par la requérante par la voie du recours pour excès de pouvoir.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête dirigées contre la décision du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne en date du 14 février 2020 ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association sportive du golf d'Ozoir-la-Ferrière et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. MEYRIGNAC La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026