jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006700 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | PAULY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 août 2020 et
19 janvier 2021, Mme A B, représentée par le cabinet d'avocats A7Tax, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle ne conteste pas que les pièces de la procédure ont été régulièrement notifiées en droit ; toutefois, elle découvre, deux ans après, cette procédure fiscale " gérée en catimini par son ex-mari " ; elle a, ainsi, perdu le bénéfice de certaines voies de recours (observations, interlocuteur départemental, réclamation préalable avec demande de sursis de paiement) ;
- en motivant la proposition de rectification du 19 décembre 2019 par référence à d'autres documents ou pièces de procédure, qu'elle n'identifie pas, en ne les joignant pas à cette proposition de rectification, en n'y joignant pas les annexes citées ni les éléments justifiant ses affirmations, l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales et la doctrine administrative ; elle n'a donc pu se défendre utilement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2020 et le 4 avril 2022, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal
Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
20 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La Sasu Ifrac Formation, qui a pour activité la formation à la préparation à l'examen pour la capacité de transport, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période du 1er juillet 2013 au 31 décembre 2015 à l'issue de laquelle l'administration fiscale a réintégré dans son résultat imposable diverses charges qui n'avaient pas été engagées dans l'intérêt de la société et considéré que les rémunérations versées par la société à Mme B ne correspondaient pas à un travail effectif. Tirant les conséquences de ces opérations de contrôle à l'égard de
Mme B et de son époux, alors mariés, ce dernier étant gérant et associé à 50% de la société Jbl Associés, détenant 100 % de la Sasu Ifrac Formation, l'administration fiscale a par une proposition de rectification du 19 décembre 2017 et selon la procédure de rectification contradictoire, notifié des rectifications tirées de ce que les charges non exposées dans l'intérêt de la société correspondaient à des avantages occultes taxables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts. Elle a, en outre, considéré que la fraction des rémunérations versées à Mme B, qui ne correspondaient pas à un travail effectif, non déductibles en vertu des dispositions du 1° du 1 de l'article 39 du code général des impôts, constituaient des revenus distribués en application des dispositions du d) de l'article 111 du même code. Par une réclamation préalable du
18 décembre 2019, Mme B a contesté les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, que l'administration fiscale a rejeté par une décision du 30 juin 2020. Par la présente requête,
Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article L 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". L'article R. 57-1 du même livre dispose : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Hormis le cas où elle se réfère à un document qu'elle joint à la proposition de rectification ou à la réponse aux observations du contribuable, l'administration peut satisfaire cette obligation en se bornant à se référer aux motifs retenus dans une proposition de rectification, ou une réponse à ses observations, consécutive à un autre contrôle et qui lui a été régulièrement notifiée, à la condition qu'elle identifie précisément la proposition ou la réponse en cause et que celle-ci soit elle-même suffisamment motivée.
4. Mme B soutient que la proposition de rectification du 19 décembre 2017 est insuffisamment motivée en ce qu'elle se réfère à des documents non joints, qu'elle ne fait pas référence à la proposition de rectification de la Sasu Ifrac Formation et qu'elle est dépourvue de précisions sur les charges considérées comme non engagées dans l'intérêt de la société et les rémunérations jugées excessives.
5. Il résulte de l'instruction que, par une proposition de rectification du 19 décembre 2017, adressée personnellement à M. C et à Mme B, l'administration fiscale a indiqué que, dans le cadre de la vérification de comptabilité de la Sasu Ifrac Formation, elle avait constaté que la société avait, d'une part, comptabilisé des charges qui n'avaient pas été engagées dans l'intérêt de la société mais qui correspondaient en réalité à des sommes versées à M. C justifiées par l'utilisation de fausses factures et, d'autre part, versées à Mme B, salariée du mois d'avril 2013 à sa démission au mois de mai 2016, des salaires ne correspondant pas à un travail effectif. Cette proposition de rectification indique la nature des impôts concernés, les années d'imposition visées, le montant des rehaussements de la Sasu Ifrac Formation et précise que ces sommes constituent des revenus réputés distribués par cette société au profit de M. C et de Mme B sur le fondement des dispositions des c. et d. de l'article 111 du code général des impôts, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Toutefois, comme le soutient la requérante, cette proposition de rectification, qui ne comprend aucun document en annexe, ne précise pas, par elle-même, la nature exacte des charges qui sont remises en cause et les modalités de détermination des bases rectifiées. Elle ne renvoie pas expressément à la proposition de rectification adressée à la société, dont elle ne reprend ni la teneur ni un extrait utile, et se limite à mentionner que " Cette proposition de rectification fait suite à la vérification de la société Ifrac Formation ", sans plus de précision. Il ne résulte, par ailleurs, pas de l'instruction que la proposition de rectification de la société a été notifiée à Mme B et qu'elle a, dans ses observations présentées le 15 janvier 2018 et sa demande de remise gracieuse du 16 février 2018, fait référence à cette proposition de rectification. Compte tenu des considérations qui viennent d'être énoncées, Mme B est fondée à soutenir qu'elle n'a pas été informée des motifs fondant les rectifications envisagées de manière suffisante pour lui permettre de présenter utilement ses observations et qu'elle a ainsi été privée d'une garantie en méconnaissance des dispositions des articles L. 57 et L. 80 CA du livre des procédures fiscales.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que Mme B est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme B demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est déchargée des suppléments de cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé : F. LUNEAU
La présidente,
Signé : S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
Signé : S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté numérique et industrielle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2006700
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026