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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2006808

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2006808

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2006808
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET NATAF & PLANCHAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 août 2020, le 29 septembre 2021 et le 24 août 2022, M. B A, représenté par Me Planchat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2015, ainsi que de l'amende prononcée à son encontre et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les propositions de rectification du 21 décembre 2016 et du 15 décembre 2017 ne lui ont pas été régulièrement notifiées ;

- la procédure d'imposition est irrégulière, dès lors que les documents obtenus de tiers et sur lesquels l'administration fiscale s'est fondée ne lui ont pas été communiqués en intégralité malgré sa demande en date du 4 septembre 2017 ;

- la taxation, au titre de l'année 2012, des sommes provenant de l'importation illicite de tabac, prévue par les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, et la pénalité de 80 % pour activité occulte sont des sanctions et méconnaissent le principe ne bis in idem, garanti par l'article 4 du protocole n° 7 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a été condamné pour les mêmes faits par le tribunal correctionnel ;

- le prix de vente du tabac retenu par le service est excessif ;

- l'amende fiscale est irrégulière, dès lors que l'administration n'a pas rapporté la preuve de ce qu'il aurait effectué au moins une opération de crédit ou de débit sur ses comptes à l'étranger en 2014.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 décembre 2020 et le 26 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 13 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jean,

- les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public,

- et les observations de Me Planchat, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de ses revenus de l'année 2012, à la suite de son implication dans une procédure d'infraction à la législation sur les stupéfiants, puis d'un examen de sa situation fiscale personnelle concernant les revenus perçus en 2013, 2014 et 2015. Par trois propositions de rectification en date des 21 décembre 2016, 3 août 2017 et 15 décembre 2017, l'administration fiscale a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012, 2013, 2014 et 2015, ainsi qu'une amende fiscale d'un montant de 1 500 euros pour défaut de déclaration de compte à l'étranger, au titre de l'année 2014, ramenée à la somme de 750 euros à la suite d'un dégrèvement prononcé par décision du 11 octobre 2018. Par la présente requête, M. A demande au tribunal la décharge, en droits et en pénalités, de ces impositions supplémentaires.

Sur l'étendue du litige :

2. Par décision du 3 décembre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence de la somme de 629 euros de la cotisation supplémentaire de prélèvements sociaux à laquelle le requérant a été assujetti au titre de l'année 2013, d'une part, et à hauteur de la somme de 750 euros, correspondant au reliquat de l'amende fiscale mise à sa charge au titre de l'année 2014, d'autre part. Les conclusions de la requête relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Si le contribuable conteste qu'une décision lui a bien été notifiée, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste.

4. A supposer que le requérant soutienne n'avoir jamais reçu la proposition de rectification en date du 21 décembre 2016, il résulte de l'instruction que celle-ci lui a été notifiée par lettre recommandée, dont l'accusé de réception, en date du 2 décembre 2017, porte la signature de son destinataire. S'agissant de la proposition de rectification en date du 15 décembre 2017, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été notifiée par courrier recommandé avec accusé de réception, qu'elle été présentée à son domicile le 21 décembre 2017 et que le pli a été retourné au service avec la mention " pli avisé non réclamé ". Dans ces conditions, la proposition de rectification en cause doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée au requérant à cette date.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable lui en fait la demande, l'administration est, en principe, tenue de lui communiquer, alors même qu'il en aurait eu connaissance, les renseignements, documents ou copies de documents obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés, afin de lui permettre d'en vérifier l'authenticité ou d'en discuter la teneur ou la portée. Il en va autrement s'agissant des documents et renseignements qui, à la date de la demande de communication, sont directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration. Dans cette dernière hypothèse, si le contribuable établit qu'il ne peut avoir effectivement accès aux mêmes documents et renseignements que ceux détenus par l'administration, celle-ci est alors tenue de les lui communiquer.

6. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la proposition de rectification en date du 3 août 2017 indique qu'elle tire les conséquences fiscales de la procédure judiciaire ouverte à l'encontre du requérant et dont le dossier a été communiqué au service, à sa demande, par le procureur de la République du tribunal de grande instance de Dijon. Il est, d'autre part, constant que l'administration a, en réponse à la demande formulée par M. A par courrier en date du 5 octobre 2017, transmis à ce dernier la demande de communication de pièces adressée au procureur de la République le 12 décembre 2016, laquelle mentionne l'autorisation accordée, ainsi que la copie du jugement du tribunal correctionnel de Dijon du 21 janvier 2016 et le rapport de synthèse de l'enquête de flagrance établi par les douanes, en date du 13 octobre 2012. Il ressort par ailleurs des mentions de la proposition de rectification du 3 août 2017 que, pour procéder à des rehaussements qualifiés de revenus occultes en application de la procédure de présomption de revenus prévue par l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, le vérificateur s'est fondé sur les éléments relatés dans le jugement du tribunal correctionnel de Dijon, en particulier sur la constatation du transport de 1 128 kg de tabac à narguilé le 17 mai 2012 et de 550 kg du même produit le 12 octobre 2012. Par conséquent, en l'absence de toute précision dans la requête permettant d'identifier d'autres documents issus du dossier pénal dont l'administration aurait pu obtenir communication ou qu'elle aurait utilisés pour fonder les impositions litigieuses, le moyen tiré de la méconnaissance des obligations d'information et de communication issues des dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige, " 1. Lorsqu'il résulte des constatations de fait opérées dans le cadre d'une des procédures prévues aux articles 53, 75 et 79 du code de procédure pénale et que l'administration fiscale est informée dans les conditions prévues aux articles L. 82 C, L. 101 ou L. 135 L du livre des procédures fiscales qu'une personne a eu la libre disposition d'un bien objet d'une des infractions mentionnées au 2, cette personne est présumée, sauf preuve contraire appréciée dans le cadre des procédures prévues aux articles L. 10 et L. 12 de ce même livre, avoir perçu un revenu imposable équivalent à la valeur vénale de ce bien au titre de l'année au cours de laquelle cette disposition a été constatée./ La présomption peut être combattue par tout moyen et procéder notamment de l'absence de libre disposition des biens mentionnés au premier alinéa, de la déclaration des revenus ayant permis leur acquisition ou de l'acquisition desdits biens à crédit ()./ Lorsque plusieurs personnes ont la libre disposition des biens ou de la somme mentionnés respectivement au premier et au quatrième alinéas, la base du revenu imposable est, sauf preuve contraire, répartie proportionnellement entre ces personnes. / 2. Le 1 s'applique aux infractions suivantes : / a. crimes et délits de trafic de stupéfiants prévus par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal () ".

8. Aux termes de l'article 4, paragraphe 1, du protocole n° 7 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement par les juridictions du même Etat en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été acquitté ou condamné par un jugement définitif conformément à la loi et à la procédure pénale de cet Etat ". La règle " non bis in idem ", telle qu'elle résulte de ces stipulations, ne trouve à s'appliquer, selon la réserve accompagnant l'instrument de ratification de ce protocole par la France et publiée au Journal officiel de la République française du 27 janvier 1989, à la suite du protocole lui-même, que pour " les infractions relevant en droit français de la compétence des tribunaux statuant en matière pénale ", et n'interdit ainsi pas le prononcé de sanctions administratives parallèlement aux décisions définitives prononcées par le juge répressif. Lorsqu'un traité ou un accord a fait l'objet de réserves, visant, pour l'Etat qui exprime son consentement à être lié par cet engagement, à exclure ou à modifier l'effet juridique de certaines de ses clauses dans leur application à son endroit, il incombe au juge administratif, après s'être assuré qu'elles ont fait l'objet des mêmes mesures de publicité que ce traité ou cet accord, de faire application du texte international en tenant compte de ces réserves. De telles réserves définissant la portée de l'engagement que l'Etat a entendu souscrire et n'étant pas détachables de la conduite des relations internationales, il n'appartient pas au juge administratif d'en apprécier la validité.

9. En l'espèce, par un jugement du 21 janvier 2016, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il ne serait pas devenu définitif, le tribunal correctionnel de Dijon a condamné M. A pour importation illicite de tabac de narguilé, infraction à l'origine du rehaussement de 99 580 euros de son revenu imposable au titre de l'année 2012, en application de la présomption de l'article 1649 quater-0 B bis précité du code général des impôts. Si le requérant soutient que la réserve française susvisée doit être écartée, il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il n'appartient pas au juge national de se prononcer sur la validité de cette réserve, non dissociable de la décision de la France de ratifier le protocole n° 7 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la taxation, qui n'a au demeurant pas le caractère d'une sanction, des sommes provenant de l'importation illicite de tabac, sur le fondement des dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, méconnaîtrait les stipulations de l'article 4 du protocole n° 7 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il en va de même s'agissant de la pénalité de 80 % pour activité occulte prononcée sur le fondement de l'article 1758 du code général des impôts.

10. En deuxième lieu, le régime d'imposition prévu par les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, citées ci-dessus, ne vise pas à imposer les profits issus de la revente ou du transport de produits illicites, mais à taxer le revenu imposable qui, correspondant à la valeur vénale des biens visés par ces dispositions, est présumé avoir été perçu par les personnes qui les détiennent et sont coupables des infractions mentionnées par ces dispositions. Il appartient alors au contribuable de combattre cette présomption, en établissant, par exemple, qu'il n'a pas eu en réalité la disposition des biens ou des sommes d'argent en cause, ou qu'il a procédé à la déclaration des revenus ayant permis l'acquisition des biens objets des infractions en cause. Il résulte en outre des dispositions du dernier alinéa du 1 de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts que, lorsque le contribuable établit que plusieurs personnes ont eu la libre disposition des biens ou de la somme, visés au premier et quatrième alinéas de cet article, la base du revenu imposable doit, en principe, être répartie par parts égales entre ces personnes. Le contribuable comme l'administration peuvent toutefois apporter par tout moyen la preuve que les circonstances de l'espèce imposent une répartition différente.

11. Si le requérant soutient que l'administration ne peut se prévaloir de la présomption instituée par les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, dès lors qu'il n'avait pas la libre disposition du tabac en cause, il résulte des constatations de fait mentionnées dans le jugement du 21 janvier 2016 du tribunal correctionnel de Dijon, que M. A était non seulement chargé " d'ouvrir " les transports de tabac à narguilé constatés les 17 mai et 12 octobre 2012, mais également qu'il a, notamment, demandé à son frère de louer le véhicule qui transportait le tabac à narguilé lors du premier voyage et qu'il a demandé à un tiers d'effectuer le transport du 12 octobre 2012 pour son compte, moyennant la somme de 200 euros, et lui a fourni, pour ce faire, un téléphone portable dédié à ce transport. M. A a par conséquent été considéré comme ayant été le co-auteur des infractions relevées lors de ces transports, en ce sens qu'il y a participé directement en " ouvrant " la route. Il résulte de ces circonstances que M. A participait activement au trafic et pouvait librement disposer des biens en cause. En l'absence de tout élément permettant de renverser cette présomption, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que M. A avait, avec les co-auteurs de l'infraction, la libre disposition du tabac en cause et a ainsi réparti entre eux, à parts égales, la base du revenu imposable.

12. En troisième lieu, ni l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, ni aucune autre disposition ne prévoient une procédure particulière pour la détermination de la valeur vénale des biens objets de l'infraction. L'administration a établi cette valeur en se fondant sur le prix au kilogramme de tabac à narguilé de marque EL FAKHER, tel que fixé par les arrêtés des 15 décembre 2011 et 13 septembre 2012 portant homologation des prix de vente au détail des tabacs. Dans ces conditions et alors que le requérant ne propose pas de méthode d'évaluation alternative, le moyen tiré de ce que la valeur vénale des produits en cause retenue par l'administration serait excessive doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter la décharge des impositions contestées.

Sur les frais liés au litige :

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A à hauteur de 629 euros en matière de prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 et à hauteur de 750 euros en matière d'amende fiscale au titre de l'année 2014.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.

Le rapporteur,

Signé : A. Jean

Le président,

Signé : N. Le Broussois

Le greffier,

Signé : G. Ngassaki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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