mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007027 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2020, M. C A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision SI du 31 juillet 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 30 mai 2009, 27 novembre 2009, 26 janvier 2010, 15 février 2011, 17 septembre 2013, 29 octobre 2014, 29 octobre 2014, 25 juillet 2016, 12 décembre 2016, 14 mai 2017, 18 octobre 2016, 21 mai 2018, 15 novembre 2018, 5 février 2019, 1er mars 2019, 26 avril 2019 et 29 novembre 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement aux décisions de retrait ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 26 janvier 2010, 15 février 2011 et 26 avril 2019 ainsi que celles dirigées contre la décision invalidant le permis de conduire du requérant et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que les points retirés à la suite des infractions commises les 26 janvier 2010 et 15 février 2011 ont été restitués les 9 février 2020 et 15 février 2021, que les mentions du relevé d'information intégrale relatives à l'infraction du 26 avril 2019 ont été supprimées, que la décision 48 SI du 31 juillet 2020 a été retirée, le permis de conduire du requérant étant valide avec un total de neuf points, qu'aucune infraction en date du 25 juillet 2018 n'est inscrite dans le dossier de permis de conduire du requérant et que les moyens de la requête concernant les autres décisions ne sont pas fondés.
Par un courrier du 5 décembre 2022, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions relatives aux infractions des 30 mai 2009, 27 novembre 2009, 17 septembre 2013, 29 octobre 2014, 14 mai 2017 et 1er mars 2019 sont devenues sans objet dès lors qu'il ressort du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur que les points retirés à la suite de ces infractions ont été restitués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande l'annulation des décisions de retraits de points effectués sur son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 30 mai 2009, 27 novembre 2009, 26 janvier 2010, 15 février 2011, 17 septembre 2013, 9 octobre 2014, 29 octobre 2014, 25 juillet 2016, 12 décembre 2016, 14 mai 2017, 18 octobre 2016, 21 mai 2018, 15 novembre 2018, 5 février 2019, 1er mars 2019, 26 avril 2019 et 29 novembre 2019, ainsi que l'annulation de la décision 48 SI du 31 juillet 2020 invalidant son permis de conduire.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte des mentions non contestées du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A B, produit par l'administration, d'une part que les points retirés à la suite des infractions commises les 26 janvier 2010 et 15 février 2011 ont été restitués
les 9 février 2020 et 15 février 2021, d'autre part que les mentions relatives à l'infraction commise le 26 avril 2019 ont été retirées et que la décision de retrait de points correspondante doit être regardée comme ayant également été retirée, et enfin qu'à la date du 23 mars 2021 le permis de conduire de M. A B était à nouveau valide et affecté de neuf points, de sorte que la décision 48 SI du 30 juillet 2020 doit être regardée comme ayant été retirée en ce qu'elle invalidait le permis de conduire de l'intéressé et en demandait la restitution. Par suite, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que les conclusions de la requête aux fins d'annulation des décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 26 janvier 2010, 15 février 2011 et 26 avril 2019 et de la décision du 30 juillet 2020 invalidant le permis de conduire de M. A B et en demandant la restitution, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Il ressort également des mentions non contestées du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A B que les points retirés consécutivement aux infractions commises les 30 mai 2009, 27 novembre 2009, 17 septembre 2013, 29 octobre 2014, 14 mai 2017 et 1er mars 2019 ont été restitués. Par suite les décisions de retrait de points consécutives à ces infractions doivent être regardées comme ayant été retirées et les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions ainsi que les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
S'agissant des infractions des 29 octobre 2014, 25 juillet 2016, 12 décembre 2016, 21 mai 2018, 5 février 2019 et 29 novembre 2019 :
4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un outil dédié ou par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
5. Il ressort des mentions " AF " portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A B que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant aux infractions constatées les 29 octobre 2014, 25 juillet 2016, 12 décembre 2016, 21 mai 2018 et 5 février 2019 par radar automatique ainsi qu'à l'infraction du 29 novembre 2019 qui a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de ces infractions doit être écarté.
S'agissant de l'infraction constatée le 18 octobre 2016 :
6. Le ministre de l'intérieur produit, en ce qui concerne l'infraction constatée le 18 octobre 2016, une attestation du trésorier principal du contrôle automatisé relative à l'encaissement le 3 juillet 2021, de l'amende forfaitaire majorée afférente à l'avis de contravention au code de la route. Dans ces conditions, M. A B doit être regardé comme ayant été destinataire de cet avis préalablement à l'émission de l'avis d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A B n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis à cette occasion, que celui-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions
de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement au paiement de cette amende.
S'agissant de l'infraction constatée le 15 novembre 2018 :
7. Il résulte de l'instruction que, pour avoir commis l'infraction du 15 novembre 2018, M. A B a fait l'objet d'une condamnation par un jugement correctionnel du tribunal de police de Paris du 16 décembre 2019 devenue définitive le 18 juin 2020, dont il n'a pas été fait opposition dans les délais requis. Par suite, l'éventuelle défaut de délivrance de l'information préalable n'a aucune incidence sur la légalité de la procédure de retrait de point.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
8. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
9. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".
10. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
11. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. A B, édité le 23 mars 2021, que les infractions contestées restant en litige ont donné lieu soit au paiement de l'amende forfaitaire soit à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire soit à une condamnation pénale devenue définitive. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, que ce dernier aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions de retrait de points contestées et restant en litige, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant, doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 26 avril 2019, 26 janvier 2010, 15 février 2011, 30 mai 2009, 27 novembre 2009, 17 septembre 2013, 29 octobre 2014, 14 mai 2017 et 1er mars 2019, de la décision 48 SI du 30 juillet 2020 en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. A B et en demande la restitution, ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente du tribunal,
C. DLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026