jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007510 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 septembre 2020, 9 février 2021, 31 mars 2021 et 18 novembre 2021, Mme C B, représentée par Me Bouaziz, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne à lui verser les sommes de 45 000 euros en réparation des préjudices financier et de carrière qu'elle estime avoir subis, 40 000 euros en réparation de son préjudice moral et 1 560 euros toutes taxes comprises au titre des frais d'avocat exposés ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de statuer sur les dépens.
Elle soutient que :
- dès lors qu'elle fait l'objet d'agissements de harcèlement moral depuis plusieurs années, le refus opposé par le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne à sa demande de protection fonctionnelle constitue une illégalité fautive ouvrant droit à réparation ;
- elle est fondée à obtenir réparation de ses préjudices financier, de carrière, moral et au titre des frais d'avocat exposés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 décembre 2020, 2 mars 2021 et 20 mai 2021, le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne, représenté par son président en exercice et par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que, les différents faits avancés par Mme C B ne caractérisant pas un harcèlement moral à son encontre, ses prétentions ne sont pas fondées.
Par ordonnance du 2 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2022 à 12 h 00.
Vu :
- la clé USB enregistrée par le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne le 27 mai 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2020-182 du 27 février 2020 ;
- l'arrêté du 19 mars 2015 pris pour l'application aux corps des secrétaires administratifs des administrations de l'Etat des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Belal-Cordebar, substituant Me de Faÿ, représentant le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, titulaire du grade de rédactrice territoriale depuis 2014, exerçait ses fonctions auprès du centre communal d'action sociale (CCAS) de Montereau-Fault-Yonne. Estimant avoir été victime d'agissements de harcèlement moral, Mme B a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle auprès du CCAS ainsi que la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de ces agissements, par un courrier du 19 juin 2020. Sa demande a été refusée par une décision du 4 août 2020. Par la présente requête, Mme B entend obtenir l'indemnisation des divers préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité du CCAS de Montereau-Fault-Yonne :
2. Aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Par ailleurs, pour être qualifiés de harcèlement moral, les agissements en cause doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.
4. En premier lieu, Mme B fait valoir les propos à caractère raciste qu'aurait tenus à son égard son ancienne responsable hiérarchique en 1998, 2001 et 2004, figurant dans des mentions portées sur les formulaires de validation de ses congés bonifiés. Ces faits font présumer d'un harcèlement moral à son encontre. Toutefois, et d'une part, ainsi que le relève le CCAS en défense, Mme B n'avait jamais fait part à ses supérieurs hiérarchiques de ses faits avant 2020. D'autre part, le CCAS soutient, sans être sérieusement contesté, que ces propos, inadmissibles dans leur principe, s'inscrivaient dans une relation très proche et complice qui liait Mme B et son ancienne responsable hiérarchique, laquelle a d'ailleurs perduré jusqu'à présent, ainsi qu'en témoignent les captures d'écran fournies par le CCAS faisant état d'échanges de messages complices entre les intéressées en 2018 et 2019, et dont la valeur probante n'est pas remise en cause. Au surplus, le témoignage produit par la requérante en 2021 d'une personne présente sur les lieux en qualité de stagiaire pendant huit jours en 2013, ayant constaté un comportement à connotation raciste de l'ancienne responsable hiérarchique de Mme B n'est pas de nature à remettre en cause la nature des relations de l'intéressée avec cette dernière. Par conséquent, et dans les circonstances de l'espèce, les faits en cause ne peuvent être regardés comme caractérisant un agissement de harcèlement moral à l'encontre de Mme B.
5. En deuxième lieu, Mme B fait valoir, d'une part, le délai écoulé entre sa réussite à l'examen professionnel de rédacteur territorial en 2009 et sa nomination en qualité de stagiaire en 2014 et, d'autre part, la prolongation injustifiée de la durée de son stage en 2015 au motif qu'elle aurait fait preuve d'un manque d'implication. Ces faits sont susceptibles de faire présumer d'un harcèlement moral à son encontre. Il résulte toutefois de l'instruction que, d'une part, le délai écoulé entre la réussite à l'examen professionnel de rédacteur territorial et sa nomination en qualité de stagiaire résulte de la nécessité de nommer Mme B sur un emploi correspondant à ce grade au sein des effectifs du CCAS, laquelle n'établit, ni même n'allègue que des postes vacants correspondant à son grade auraient été disponibles au sein du CCAS avant 2014. Ce délai est ainsi justifié, par le CCAS, par des considérations étrangères à tout harcèlement. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi le 25 mars 2015, que la prolongation de la durée de son stage était fondée sur des éléments précis et circonstanciés tenant à la manière de servir de Mme B, faisant ressortir notamment un manque d'intérêt et d'initiative. Ainsi, en l'absence de tout élément probant fourni par Mme B remettant en cause ce motif, le CCAS justifie la prolongation de son stage par des considérations étrangères à tout harcèlement. Par conséquent, les faits invoqués par Mme B ne constituent pas des agissements de harcèlement moral.
6. En troisième lieu, Mme B évoque une " mise au placard " par son responsable hiérarchique à la suite de la consultation de son dossier administratif le 16 avril 2015 ainsi qu'une interdiction de circuler dans les autres services et un refus de ce dernier de la saluer. Ces faits sont de nature à faire présumer d'un harcèlement à son égard. La réalité des faits allégués est toutefois contestée par le CCAS. Par ailleurs, le seul témoignage d'une personne extérieure ayant constaté une fois une absence de salut à Mme B de la part de son responsable hiérarchique traduit un fait isolé. En outre, il résulte de l'instruction que Mme B avait fait l'objet à plusieurs reprises de rappels à l'ordre de la part de son responsable hiérarchique lorsqu'elle discutait avec les collègues d'autres services pendant ses heures de travail. Dans ces conditions, au regard des seuls éléments avancés par Mme B, les faits invoqués ne caractérisent pas des agissements de harcèlement moral.
7. En quatrième lieu, Mme B soutient s'être vu retirer, par son responsable hiérarchique, certains dossiers dont elle avait la charge et s'être vue interdite de participer aux commissions d'impayés de loyers et d'aides, à compter de 2016. Si ces faits font présumer d'un harcèlement moral à son encontre, il résulte toutefois de l'instruction que, d'une part, avant 2018, aucun dossier n'a été retiré à Mme B, qui ne conteste pas avoir été présente à trois commissions en 2016 et avoir été absente lors des commissions prévues en 2017 et 2018 pour des motifs étrangers au CCAS. D'autre part, il est constant que Mme B a été en charge, à compter de 2018, du dispositif de micro-crédit social instauré par le CCAS et qu'à ce titre, sa charge de travail a été revue par son responsable hiérarchique afin de lui permettre d'instruire les demandes, ce qui a abouti notamment au retrait, en contrepartie, de certains dossiers, lequel est ainsi justifié par l'intérêt du service. Par conséquent, aucun agissement de harcèlement moral n'est caractérisé à ce titre.
8. En cinquième lieu, Mme B soutient avoir fait l'objet d'une agression verbale, ainsi que d'une menace d'agression physique à l'aide d'un sapin de Noël, le 10 janvier 2018 par son responsable hiérarchique. Elle fait valoir, à ce titre, le dépôt d'une main courante le 17 janvier 2018 ainsi que sa demande, le jour de l'incident, afin de changer de service. Ces faits font présumer d'un harcèlement moral à son encontre. Si les faits d'altercation entre Mme B et son responsable hiérarchique sont reconnus par le CCAS, les faits de menace d'agression physique sont contestés et, au demeurant, ne sont corroborés par aucune pièce du dossier. En outre, si Mme B justifie du dépôt d'une main courante à la suite de l'incident, il ne résulte pas des termes de son courriel du même jour, par lequel elle sollicite seulement un changement de service, qu'elle en ait informé ses autres responsables hiérarchiques. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'altercation survenue le 10 janvier 2018 entre Mme B et son responsable hiérarchique faisait suite à des remontrances, émanant de ce dernier, tendant à la présence de Mme B, pendant les heures de services, auprès d'autres collègues en train de discuter, fait qui avait déjà donné lieu à des rappels à l'ordre de la part de son responsable hiérarchique. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, les faits en cause, tels qu'ils résultent de l'instruction, n'ont pas excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et, par suite, ne peuvent caractériser un harcèlement à l'égard de Mme B.
9. En sixième lieu, Mme B soutient avoir informé la commune des agissements de harcèlement dont elle estime avoir été victime par un courrier du 19 juin 2020 et sollicité un changement de service, sans réaction de la part de cette dernière pour la protéger, fait susceptible de faire présumer d'un harcèlement. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment des termes du courrier du 19 juin 2020 lui-même, que Mme B y décrit les faits en cause et a sollicité, à ce titre, le bénéfice de la protection fonctionnelle, sa demande, dont l'objet était également de lier le présent contentieux, ayant ensuite été rejetée par un courrier du président du CCAS du 4 août 2020. La seule circonstance que le président du CCAS ait refusé sa demande, une telle décision entrant dans l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, ne révèle pas un agissement de harcèlement moral à son encontre.
10. En septième lieu, Mme B soutient avoir été affectée à l'accueil, fonctions ne correspondant pas à son grade de rédactrice territoriale. Si ce fait est de nature à faire présumer d'un harcèlement moral à son encontre, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des écritures du CCAS, non sérieusement contredites par Mme B, que l'ensemble des agents du CCAS étaient, par rotation, affectés à l'accueil du centre, de sorte que l'exercice ponctuel de ces tâches est justifié par l'intérêt du service. Par conséquent, ce fait ne révèle pas un agissement de harcèlement moral.
11. En huitième lieu, Mme B fait valoir un refus injustifié opposé par le CCAS à sa demande de congés du 18 au 25 mai 2020. Si ce fait présume d'un harcèlement moral, il résulte toutefois de l'instruction, notamment du formulaire relatif à sa demande de congés, que ceux-ci ont été refusés au motif de nécessités de service et de mobilisation du personnel en raison de la crise sanitaire. Si Mme B fournit un planning du service de la semaine en cause et fait valoir que des congés ont été accordés à d'autres agents, ces seules considérations, au demeurant imprécises, sont insuffisantes pour remettre en cause la réalité du motif de refus de ses congés, lequel n'excède pas les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors, le fait invoqué ne révèle pas un harcèlement moral à son encontre.
12. En neuvième lieu, si Mme B soutient avoir fait l'objet d'une agression verbale de la part de son responsable hiérarchique le 17 novembre 2017, elle ne fournit aucune précision à l'appui de ses allégations, le seul justificatif de sa visite auprès du médecin de prévention le 22 novembre suivant, sans indication au demeurant du motif de cette visite, étant insuffisant à cet égard. Dès lors, les allégations imprécises de Mme B ne font pas présumer d'un harcèlement moral à son encontre.
13. En dixième lieu, si Mme B fait valoir le refus de son responsable hiérarchique d'évoquer son avancement au grade de rédacteur de 2ème classe, il est toutefois constant que, malgré les évaluations positives de Mme B jusqu'en 2020 et son avancement continu à l'ancienneté minimale, l'avancement de grade, soumis à l'appréciation de l'autorité territoriale, ne constitue pas un droit. En outre, Mme B n'apporte aucune précision quant au contexte dans lequel elle avait exprimé à l'intéressé le souhait d'aborder la question de son avancement et se serait vu opposer un refus catégorique d'en discuter. Par conséquent, ce seul fait ne fait pas présumer d'un harcèlement moral à son encontre.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fait l'objet d'un réexamen : / () 2° Au moins tous les quatre ans, en l'absence de changement de fonctions et au vu de l'expérience acquise par l'agent () ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent bénéficier d'un complément indemnitaire annuel qui tient compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir () ". L'application combinée des dispositions de l'arrêté du 19 mars 2015 pris pour l'application aux corps des secrétaires administratifs des administrations de l'Etat des dispositions du décret précité du 20 mai 2014 et du décret du 27 février 2020 relatif au régime indemnitaire des agents de la fonction publique territoriale rend les dispositions précitées du décret du 20 mai 2014 applicables au cadre d'emploi des rédacteurs territoriaux, auquel appartient Mme B.
15. Mme B fait valoir l'absence d'examen et d'évolution de sa rémunération depuis 2016, notamment une baisse en 2019, une absence d'évolution de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise depuis 2016, année de sa titularisation dans le grade de rédactrice territoriale, et l'absence de bénéfice du complément indemnitaire annuel. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment des différents arrêtés produits par le CCAS, que Mme B a bénéficié d'un déroulement normal de sa carrière entre 2016 et 2019, notamment d'avancements d'échelon conformes à la grille indiciaire telle que modifié dans le cadre du protocole relatif aux parcours professionnels, carrières et rémunérations et à l'avenir de la fonction publique, à compter du 1er janvier 2017. La baisse alléguée de sa rémunération en 2019 ne résulte pas de l'instruction, notamment des différents bulletins de salaire fournis sur l'ensemble de l'année 2019. En outre, si le CCAS ne conteste pas une absence de réexamen de l'IFSE perçu par Mme B en 2020, en méconnaissance des dispositions de l'article 3 précité du décret du 20 mai 2014, ce seul fait, isolé, ne peut caractériser un harcèlement moral à son encontre. Enfin, il résulte de l'instruction que le complément indemnitaire annuel est une composante facultative de la rémunération des agents, au demeurant créée à compter de 2017, et, par ailleurs, le CCAS établit, notamment au vu de l'attestation du 30 novembre 2020 du président du CCAS, qu'aucun agent du CCAS ne le percevait. Dans ces conditions, aucun fait invoqué par Mme B n'est de nature à faire présumer d'agissements de harcèlement moral.
16. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence d'agissements de harcèlement moral à son encontre, le CCAS n'a commis aucune faute à l'égard de Mme B, susceptible d'engager sa responsabilité. Par conséquent, l'ensemble des prétentions indemnitaires de Mme B doit être rejeté ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme réclamée par le CCAS de Montereau-Fault-Yonne sur le même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre communal d'action sociale de Montereau-Fault-Yonne.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026