LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008103

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008103

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008103
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantDUCHESNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 octobre 2020 et le 17 mai 2021, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Cabinet A, représentée par Me Duchesne, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016 et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors que les opérations de contrôle ont débuté avant même l'envoi de l'avis de vérification de compatibilité ;

- c'est à tort que l'administration a considéré qu'elle avait sciemment souscrit des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée minorées, dès lors que le montant de la taxe sur la valeur ajoutée collectée figurait au passif de ses bilans ; il n'y a eu aucune dissimulation, ni volonté d'éluder l'impôt ;

- la majoration de 40 % prévue par l'article 1729 a. du code général des impôts n'est pas justifiée en l'absence de manquement délibéré de sa part ;

- cette majoration porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de ses biens garanti par les stipulations de l'article 1er du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mars 2021 et le 8 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SELARL Cabinet A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 19 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jean,

- les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public,

- et les observations de M. A, représentant la SELARL Cabinet A.

Considérant ce qui suit :

1. La SELARL Cabinet A, dont M. B A est le gérant et l'associé unique et au sein de laquelle il exerce la profession d'avocat, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2016, à l'issue de laquelle l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 3 avril 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des exercices clos les 30 septembre 2014, 30 septembre 2015 et 30 septembre 2016, selon la procédure de rectification contradictoire prévue par l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. Par la présente requête, la SELARL Cabinet A demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. La société requérante soutient que la procédure est irrégulière dès lors que les opérations de contrôle ont débuté avant l'envoi de l'avis de vérification de compatibilité, ainsi qu'en attesterait un courrier daté du 8 janvier 2017, par lequel la vérificatrice lui a demandé de mettre à sa disposition l'ensemble des notes d'honoraires émises pour la période vérifiée. Il résulte toutefois de l'instruction que par un avis de vérification de comptabilité en date du 23 janvier 2017, l'administration fiscale a informé la SELARL Cabinet A de ce qu'elle se présenterait à son siège social le 8 février 2017 à 14 heures afin de procéder à la vérification de comptabilité en cause. La société requérante, qui ne conteste pas sérieusement que la date du 8 janvier 2017 portée sur le courrier dont elle se prévaut résulte d'une erreur de plume, ni que ledit courrier lui a été remis en main propre lors de la première intervention le 8 février 2017, n'est dès lors pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition serait entachée d'irrégularité pour ce motif.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

3. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel () ". Aux termes de l'article 266 de ce même code : " 1. La base d'imposition est constituée : / a. Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers () ". Aux termes de l'article 269 de ce code : " 1 Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué () / 2. La taxe est exigible : / () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. "

4. Il résulte de l'instruction que des discordances ont été relevées entre les montants de taxe sur la valeur ajoutée collectée mentionnés sur les déclarations mensuelles modèles CA3 souscrites par la société requérante, d'une part, et celui résultant de ses chiffres d'affaires réalisés au titre des trois exercices concernés, figurant dans la comptabilité présentée, et corrigés des créances clients, des produits constatés d'avance, des factures à établir, des avances de paiements des clients et des débours exonérés de taxe sur la valeur ajoutée, d'autre part. L'administration a, par conséquent, procédé aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée correspondants, à hauteur de 34 620 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2014, de 47 513 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2015 et de 45 731 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016. Si la société requérante fait valoir qu'il n'y a eu aucune dissimulation, ni volonté d'éluder l'impôt de sa part, dès lors que le montant de la taxe sur la valeur ajoutée collectée figurait au passif de ses bilans et se prévaut de difficultés de trésorerie, de telles circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé des impositions contestées.

En ce qui concerne les pénalités :

5. D'une part, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Pour établir le manquement délibéré du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

6. Si la société requérante soutient que l'administration fiscale n'établit pas l'élément intentionnel du manquement, il résulte de l'instruction que des insuffisances de taxe sur la valeur ajoutée déclarée ont été constatées sur les trois exercices contrôlés, dans des proportions importantes, alors même que les principes régissant l'exigibilité de la taxe sur la valeur ajoutée avaient été exposés dans le cadre d'une précédente vérification portant sur la période allant du 1er octobre 2009 au 30 septembre 2012 et que, ainsi qu'il a été dit précédemment, les minorations constatées ressortaient de la comptabilité présentée, de sorte que l'insuffisance de reversement de la taxe ne pouvait résulter d'une simple erreur ou omission. Par ailleurs, les difficultés de trésorerie ou encore les problèmes personnels ou médicaux invoqués par le gérant de la société ne sont pas de nature à remettre en cause le caractère délibéré du manquement.

7. D'autre part, aux termes de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes ". Il résulte des termes de cet article que le droit au respect de ses biens reconnu à toute personne physique ou morale ne porte pas atteinte au droit des Etats de mettre en œuvre les lois qu'ils jugent nécessaires pour assurer le paiement des impôts. En l'espèce, compte tenu de l'objectif et de la portée de l'article 1729 du code général des impôts, qui prévoit que les pénalités infligées pour manquement délibéré du contribuable sont proportionnelles aux droits éludés par ce dernier et dont le taux est fixé à 40 % de ces droits, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'application de cette majoration porterait une atteinte disproportionnée au respect de ses biens au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SELARL Cabinet A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la SELARL Cabinet A la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

10. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". Si la SELARL Cabinet A demande la condamnation de l'Etat aux dépens, elle ne justifie avoir engagé, dans la présente instance, aucun des frais mentionnés par l'article R. 761-1. Ces conclusions ne peuvent donc, en tout état de cause, qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SELARL Cabinet A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Cabinet A et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.

La rapporteure,

Signé : A. Jean Le président,

Signé : N. Le Broussois

Le greffier,

Signé : G. Ngassaki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions