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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008167

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008167

lundi 13 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008167
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre, JU
Avocat requérantABENA OWONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2020, Mme B A, représentée par

Me Abena Owono, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 252 euros, correspondant à une cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2014 réclamée par voie de saisie administrative à tiers détenteur du 16 juin 2020 ;

2°) de procéder au remboursement de la somme de 1 252 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- elle a quitté l'appartement en cause en septembre 2013, de sorte qu'elle n'était pas redevable de la taxe d'habitation en cause ;

- l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que la requête est tardive.

Par un courrier du 14 mars 2022, les parties ont été informées de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'en vertu des dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, " les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance ".

Vu :

- la décision par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne a statué sur la réclamation préalable ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. Meyrignac, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

A été entendu au cours de l'audience publique du 30 janvier 2023, le rapport de M. C, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Une cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2014 a été mise en recouvrement, le 30 septembre 2014, à l'encontre de Mme A. Pour obtenir le recouvrement de la somme de 1 252 euros, correspondant au montant majoré de cette imposition, le comptable du service des impôts des particuliers de Choisy-le-Roi a notifié, le 16 juin 2020, une saisie administrative à tiers détenteur. L'opposition à l'encontre de cet acte de poursuites présentée par l'intéressée le 26 juin 2020 a été rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne du 4 août suivant. Par la requête précitée, Mme A doit être regardée comme demandant la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification de cette saisie administrative à tiers détenteur.

2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".

3. En application de ces dispositions, il est de jurisprudence constante que des moyens tendant à remettre en cause le bien-fondé ou le calcul de l'imposition dont le paiement est poursuivi par la notification d'un acte de poursuites, ne sont pas recevables à l'appui d'une opposition présentée à l'encontre de cet acte de poursuites.

4. En l'espèce, si Mme A soutient qu'elle n'est pas redevable de la taxe d'habitation de l'année 2014 dont le paiement lui a été réclamé par la saisie administrative à tiers détenteur du 16 juin 2020, dès lors qu'elle n'habitait plus au 1er janvier 2014 dans l'appartement situé à Orly, et que l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation, les moyens précités sont, en tout état de cause, irrecevables à l'appui d'un contentieux de recouvrement, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.

5. Les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée par la saisie administrative à tiers détenteur en cause doivent ainsi être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles au titre des frais de justice, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.

Le magistrat désigné

par la présidente du tribunal,

P. CLe greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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