jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008317 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CREAC'H |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 octobre 2020 et le 30 décembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) RAMSEC, représentée par Me Creac'h, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 juillet 2018, ainsi que des rappels de contribution sur les activités privées de sécurité qui lui ont été assignés au titre de la même période ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- en ne répondant pas à son courrier du 2 septembre 2019 et en ne confirmant pas les redressements envisagés, l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales et entaché la procédure d'imposition d'un vice substantiel ;
- les charges de personnels comptabilisées au titre des exercices clos le 31 décembre 2016 et le 31 décembre 2017 sont suffisamment justifiées, dès lors que la société a présenté les bulletins de salaire et le contrat de travail de ses salariés et a payé l'intégralité des charges sociales.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 avril 2021 et le 2 mars 2023, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL RAMSEC ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jean,
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL RAMSEC, qui exerce une activité de sécurité privée, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, étendue au 31 juillet 2018 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification en date du 14 décembre 2018, elle s'est vu notifier des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de contribution sur les activités privées de sécurité, ainsi que des rehaussements d'impôt sur les sociétés, au titre de la période allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015. Par une proposition de rectification en date du 29 juillet 2019 lui ont également été notifiés des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de contribution sur les activités privées de sécurité au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2018 et des rehaussements d'impôt sur les sociétés au titre des années 2016 et 2017. Par la présente requête, la SARL RAMSEC demande au tribunal la décharge de ces impositions supplémentaires.
Sur les conclusions à fin de décharge :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Aux termes de l'article L. 59 du même livre : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () ". Aux termes de l'article L. 59 A de ce même livre : " I. - La commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : / 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition () ".
3. Il résulte de l'instruction, que, par un courrier du 2 septembre 2019, faisant suite à la proposition de rectification du 29 juillet 2019, le conseil de la SARL RAMSEC a informé l'administration de ce que " [sa] cliente contest[ait] intégralement l'ensemble des redressements dont elle fait l'objet y compris les majorations et pénalités " et a demandé la prorogation de trente jours du délai qui lui était imparti pour présenter ses observations. Un tel courrier, alors même que la société n'a pas communiqué à l'administration les motifs de sa contestation des rectifications litigieuses dans le délai prévu par l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales, ne pouvait être regardé comme manifestant son acceptation desdites rectifications. Par suite, et dès lors que le désaccord persistant entre la société et l'administration portait sur l'une des matières énumérées au I de l'article L. 59 A du livre des procédures fiscales, relevant de la compétence de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, le défaut de réponse de l'administration au courrier précité du 2 septembre 2019 a privé la société de la garantie découlant de la possibilité de saisir ladite commission.
4. Il résulte de ce qui précède que la SARL RAMSEC est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de contribution sur les activités privées de sécurité mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2018.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SARL RAMSEC et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL RAMSEC est déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016 et 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2018, ainsi que des rappels de contribution sur les activités privées de sécurité qui lui ont été assignés au titre de la même période.
Article 2 : L'État versera à la SARL RAMSEC la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) RAMSEC et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé : A. Jean Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026