LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008425

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008425

vendredi 8 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008425
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP ARENTS-TRENNEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 20 octobre 2020 et le 19 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Cazin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 24 août 2020 par lequel le maire de Villevaudé a mis fin à son détachement de manière anticipée, l'a réintégrée dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux et l'a affectée à un emploi correspondant à ce grade ;

2°) d'annuler les arrêtés n° 2020-078, 2020-079 et 2020-080 du 25 août 2020 par lesquels le maire de Villevaudé a procédé au retrait de la nouvelle bonification indiciaire, de la prime de responsabilité et de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise dont elle bénéficiait jusqu'alors ;

3°) d'enjoindre à la commune de Villevaudé de procéder à la reconstitution juridique de sa carrière, y compris en lui attribuant les primes et indemnités auxquelles elle aurait eu droit entre le 24 août et le 20 septembre 2020 dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Villevaudé la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'arrêté du 24 août 2020 :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été convoquée dans un délai raisonnable à l'entretien précédant la fin de son détachement, qu'elle n'a pas pu prendre connaissance de son dossier administratif et qu'elle n'a pas pu présenter des observations durant cet entretien ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors que la fin de son détachement est intervenue moins de six mois après la nomination de l'autorité territoriale et sans information du conseil municipal ;

- la fin de son détachement est intervenue en l'absence de motif tiré de l'intérêt du service, ce qui est constitutif de détournement de pouvoir.

Sur les autres arrêtés :

- ils sont illégaux du fait de l'illégalité de l'arrêté du 24 août 2020.

Par un mémoire, présenté par Me Trennec et enregistré le 23 novembre 2020, la commune de Villevaudé, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 octobre 2022 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Issard,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, titulaire du grade d'attachée territoriale, a été détachée à compter du 19 mars 2016 sur l'emploi de directrice générale des services de la commune de Villevaudé. Par un arrêté en date du 24 août 2020, le maire de Villevaudé a mis fin à son détachement de manière anticipée à compter du jour même, a prononcé sa réintégration dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux et l'a affectée sur un emploi correspondant à ce grade. Par trois arrêtés en date du 25 août 2020, notifiés le même jour, cette autorité a procédé au retrait de la nouvelle bonification indiciaire, de la prime de responsabilité et de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dont elle bénéficiait jusqu'alors. Mme A demande l'annulation de ces quatre arrêtés.

Sur la légalité de l'arrêté du 24 août 2020 :

2. Aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Il ne peut être mis fin aux fonctions des agents occupant les emplois mentionnés ci-dessus, sauf s'ils ont été recrutés directement en application de l'article 47, qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. La fin des fonctions des agents mentionnés aux troisième à huitième alinéas du présent article est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante. ".

3. Il est constant que l'arrêté en date du 24 août 2020 par lequel le maire de Villevaudé a mis fin de manière anticipée au détachement de la requérante, qui occupait jusqu'à cette date l'emploi de directrice générale des services, est intervenu deux mois seulement après la désignation de l'autorité territoriale et sans que l'assemblée délibérante de cette collectivité en ait été informée préalablement. Dès lors, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les garanties procédurales imposées par les dispositions de l'article précité et à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de sa requête.

Sur la légalité des arrêtés n° 2020-078, 2020-079 et 2020-080 du 25 août 2020 :

4. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.

5. Il ressort des pièces du dossier que les arrêtés attaqués ont été pris en application de l'arrêté du 24 août 2020 qui constitue leur base légale. Ainsi, l'annulation de l'arrêté du 24 août 2020 emporte, par voie de conséquence, l'annulation de ces trois arrêtés par lesquels le maire de Villevaudé a procédé au retrait de la nouvelle bonification indiciaire, de la prime de responsabilité et de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise dont Mme A bénéficiait jusqu'alors.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

6. L'annulation de l'arrêté du 24 août 2020 implique seulement, en l'absence de service fait, que le maire de Villevaudé procède à la reconstitution administrative de la carrière de Mme A pour la période du 24 août 2020 au 20 septembre 2020, date de sa mutation dans les cadres d'emploi d'une autre collectivité territoriale, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villevaudé une somme de 1 500 euros à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La requérante n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par la commune de Villevaudé au même titre ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 août 2020 du maire de Villevaudé est annulé.

Article 2 : Les arrêtés nos 2020-078, 2020-079 et 2020-080 du 25 août 2020 du maire de Villevaudé sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint à la commune de Villevaudé de procéder à la reconstitution administrative de la carrière de Mme A pour la période du 24 août 2020 au 20 septembre 2020 dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : La commune de Villevaudé versera à Mme A une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Les conclusions présentées par la commune de Villevaudé sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Villevaudé.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Massengo, conseillère,

Mme Issard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.

La rapporteure,

C. ISSARD

La présidente,

I. BILLANDONLa greffière,

L. LE GRALL

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions