vendredi 27 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008764 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | KATO & LEFEBVRE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 octobre 2020 et le 31 mai 2023, Mme C E épouse D, représentée par Me Triomphe, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme totale de 93 963,50 euros en réparation des conséquences de l'infection dont elle a été victime lors de sa prise en charge le 30 mai 2017 à l'hôpital Henri Mondor ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP les dépens ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée du fait de l'infection nosocomiale qu'elle a contractée à l'occasion d'une injection intra-discale réalisée le 30 mai 2017 à l'hôpital
Henri Mondor ;
- elle est ainsi fondée à demander réparation de son préjudice personnel à hauteur des sommes suivantes : 5 387,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 15 000 euros au titre des souffrances endurées ; 15 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 15 000 euros au titre du préjudice sexuel, 10 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 15 000 euros au titre du préjudice d'angoisse de mort imminente ;
- elle est fondée à demander réparation de son préjudice patrimonial à hauteur des sommes suivantes : 5 488 euros au titre des besoins d'assistance par tierce personne avant consolidation, 8 088 euros au titre des frais divers avant consolidation et 5 000 euros au titre des frais d'assistance par un avocat pendant les opérations d'expertise.
Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, représentée par la SELARL Kato et Lefebvre associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la totale somme de 40 998,58 euros au titre des débours qu'elle a exposés du fait des conséquences dommageables dont fait état la requérante, assortie des intérêts à compter du 14 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP les dépens ainsi que la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP l'indemnité forfaitaire prévue par le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Elle soutient qu'elle est fondée à réclamer les sommes de 34 788,98 euros au titre des frais d'hospitalisation, de 2 264,90 euros au titre des frais médicaux, de 3 787,75 euros au titre des frais pharmaceutiques, 33,52 euros au titre des frais d'appareillages et 123,43 euros au titre des frais de transport.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général, conclut au rejet des conclusions indemnitaires de la requérante au titre du préjudice d'agrément, du préjudice d'angoisse de mort imminente et des frais divers, à ce que les sommes qu'elle demande pour le surplus soient réduites à de plus justes proportions et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante n'apporte pas la preuve de son préjudice d'agrément ainsi que des frais divers restés à sa charge ;
- le préjudice d'angoisse de mort imminente n'a vocation qu'à indemniser la période précédant un décès et la douleur morale endurée par Mme E épouse D est déjà prise en compte dans le poste de préjudice relatif aux souffrances endurées.
Vu :
- l'ordonnance n° 1805566 du 10 septembre 2019, par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. A, expert, à la somme de 1 620 euros et les frais et honoraires de M. B, sapiteur, à la somme de 1 500 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Triomphe, avocat de Mme E épouse D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E épouse D, a subi, le 30 mai 2017 à l'hôpital Henri Mondor, une infiltration intra-discale. Dès le lendemain, l'intéressée a présenté en état fébrile et des douleurs dans le dos et les jambes. Du 2 juin 2017 au 1er août 2017, elle a été hospitalisée en raison d'une bactériémie pluri-microbienne et d'une spondylodoscite infectieuse. Après avoir obtenu la désignation d'un expert devant le juge des référés, Mme E épouse D demande au tribunal de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), dont relève l'hôpital Henri Mondor, à réparer les conséquences dommageables de l'infection dont elle a ainsi été victime.
Sur la responsabilité de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris :
2. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les professionnels de santé et les établissement, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins " sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
3. Il résulte de l'instruction et en particulier du rapport de l'expert désigné par le juge des référés, que, lors de l'infiltration du disque L4-L5 réalisée à l'hôpital Henri Mondor
le 30 mai 2017, l'aiguille a pénétré dans la partie caecale du tube digestif de Mme E
épouse D et que la brèche du tube digestif qui en a résulté a provoqué la présence de germes fécaux dans son sang et entraîné la spondylodiscite infectieuse du disque dont a souffert la requérante. Par suite, l'infection contractée par Mme E épouse D au cours de sa prise en charge présente un caractère nosocomial au sens des dispositions citées au point 2. Il s'ensuit que la requérante est fondée à demander à l'AP-HP réparation des conséquences dommageables de cette infection.
Sur le préjudice :
4. Il résulte de l'instruction que la date de consolidation de l'état de santé de Mme E épouse D peut être fixée au 28 février 2019.
En ce qui concerne les postes de préjudice patrimonial :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
5. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme demande le remboursement des frais d'hospitalisation exposés entre le 2 juin 2017 et le 1er août 2017 ainsi que le 31 mai 2018 à hauteur de 34 788,98 euros, les frais médicaux à hauteur de 2 264,90 euros, les frais pharmaceutiques à hauteur de 3 787,75 euros ainsi les frais d'appareillages à hauteur de 33,52 euros. Il résulte de l'instruction que ces frais sont imputables à l'infection nosocomiale présentée par Mme E épouse D. Dans ces conditions, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme est fondée à demander à l'AP-HP le remboursement des dépenses qui ont été exposées ci-dessus, pour un montant total de 40 875,15 euros.
S'agissant des frais divers :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert désigné en référé, que l'état de santé de Mme E épouse D avant la consolidation de son état de santé, a nécessité l'assistance d'une tierce personne à hauteur d'une heure par jour du 2 août 2017 au 1er septembre 2018 et à hauteur de 4 heures par semaine du 2 septembre 2017 au 28 février 2019 et que la requérante n'a pas bénéficié à ce titre d'un avantage ou d'une prestation devant venir en réduction du montant représentatif du coût de cette aide. Pour l'évaluation de ce préjudice, il y a lieu de tenir compte du coût total pour un employeur correspondant au salaire horaire minimun conventionnel, incluant les congés payés et jours fériés. Par suite, eu égard au coût horaire du recours du recours à une tierce personne pour une aide non spécialisée qu'il convient d'estimer à 18 euros, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à ce titre une somme de 7 000 euros à ce titre à Mme E épouse D.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme a exposé des frais de transport le 12 juin 2017 à hauteur de 123,43 euros. Par suite, elle est fondée à en demander le remboursement.
8. En troisième et dernier lieu, Mme E épouse D demande réparation au titre des frais d'annulation des billets d'avion et des réservations d'hôtel pour deux séjours en Allemagne prévus du 22 juin au 5 juillet 2017 et du 31 août au 11 septembre 2017 à hauteur de 8 088 euros. Si elle produit les factures des billets d'avion et des chambres d'hôtel, elle n'établit pas, malgré la mesure d'instruction diligentée par le tribunal, qu'un reliquat soit resté à sa charge après annulation ou échange des billets d'avion et des réservations d'hôtel. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à demander le remboursement de ces frais.
En ce qui concerne les postes de préjudice personnel :
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme E épouse D a subi, du fait de l'infection nosocomiale dont elle a été atteinte, un déficit fonctionnel temporaire total du 31 mai 2017 au 1er août 2017, un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % du 2 août 2017 au 1er septembre 2017 et un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25 % du 2 septembre 2017 au 28 février 2019. Il sera fait une juste appréciation des troubles de toutes nature dans les conditions d'existence qui en ont résulté pour l'intéressée en lui allouant à ce titre une somme de 3 900 euros.
10. En deuxième lieu, Mme E épouse D a éprouvé des souffrances dont l'intensité a été estimée à 4 sur une échelle de 0 à 7 par l'expert désigné en référé. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en lui allouant à ce titre une somme de 10 000 euros, qui tient compte de l'angoisse qu'elle a pu éprouver en raison des conséquences que pouvait avoir cette infection pour son pronostic vital, dont elle avait conscience.
11. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la requérante reste atteinte, après consolidation de son état de santé, d'une raideur lombaire basse séquellaire et que son déficit fonctionnel permanent peut être fixée à 10 %. Compte tenu de son âge à la date de consolidation, soit 71 ans, il sera fait une juste évaluation des troubles de toute nature dans les conditions d'existence de Mme E épouse D en lui allouant une somme de 12 000 euros
à ce titre.
12. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert désigné par le juge des référés, que Mme E épouse D subit des difficultés à réaliser l'acte sexuel du fait des douleurs et de la raideur lombaire séquellaire directement imputables à l'infection nosocomiale. Il sera fait une juste appréciation du préjudice en résultant en fixant la somme devant le réparer à 2 500 euros.
13. En cinquième et dernier lieu, si Mme E épouse D demande réparation au titre d'un préjudice d'agrément résultant de ce qu'elle ne peut plus voyager, s'occuper de sa petite fille et de ce qu'elle a dû arrêter sa pratique sportive du ski et de la randonnée, les pièces produites ne permettent pas d'établir la réalité et l'intensité de la pratique de ces activités avant la survenue des séquelles affectant sa vie quotidienne de telle manière qu'elle serait fondée à demander réparation d'un préjudice distinct des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence qui sont déjà indemnisés au titre du déficit fonctionnel permanent.
En ce qui concerne les frais exposés à l'occasion des opérations d'expertise :
14. Il résulte de l'instruction que Mme E épouse D a été assistée par un avocat pendant les opérations d'expertise. Il sera faite une juste évaluation des frais qu'elle a exposés à ce titre en lui allouant une somme de 1 000 euros.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme E épouse D est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser une somme totale de 36 400 euros et que la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme est fondée à demander le remboursement de la somme de 40 998,58 euros.
Sur les intérêts :
16. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme a droit aux intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2021, date à laquelle son mémoire a été enregistrée.
Sur les frais liés au litige :
17. En premier lieu, le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du
1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté interministériel susvisé du 15 décembre 2022 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles
L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".
18. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme a droit, en application des dispositions qui viennent d'être citées, à une indemnité de 1 162 euros dès lors que le tiers de la somme dont elle obtient le remboursement en vertu du présent jugement est supérieur au montant maximal fixé par les dispositions qui viennent d'être citées.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". L'article R. 621-13 du même code prévoit que : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ".
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise de
M. A, expert désigné par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de
1 620 euros, et les frais et honoraires de M. B, sapiteur désigné dans le cadre de l'expertise qui a ainsi été diligentée, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros, à la charge définitive de l'AP-HP.
21. En troisième et dernier lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP, d'une part, une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme E épouse D et non compris dans les dépens et d'autre part, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à payer à Mme E épouse D une somme de 36 400 euros.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à payer à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 40 998,58 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2021.
Article 3 : Les frais de l'expertise confiée à M. A, liquidés et taxés à 1 620 euros et les frais de mission confiée à M. B, sapiteur, liquidés et taxés à 1 500 euros par l'ordonnance du 10 septembre 2019, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Article 4 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme E épouse D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E épouse D, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de|-Dôme.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. GallaudLe président,
T. Gallaud
La greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026