lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008950 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 novembre 2020, M. B C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions référencées " 48 " par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 19 novembre 2017 à 16h14 à Paris (trois points), 9 avril 2018 à 11h19 à Versailles (un point),
20 avril 2018 à 14h21 à Courbevoie (un point), 17 novembre 2018 à 12h17 à Bussy-Saint-Georges (quatre points), 28 novembre 2018 à 13h39 à Rosny-sous-Bois (un point), 7 janvier 2019 à 11h47 à Levallois-Perret (deux points), 22 mai 2019 à 16h52 à Massy (un point), 28 décembre 2019 à 18h12 à Amiens (un point) et 2 octobre 2019 à 10h56 à Rosny-sous-Bois (un point) ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours enregistré le 6 juillet 2020 tendant à l'abrogation ou au retrait des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 19 novembre 2017, 9 avril 2018, 20 avril 2018, 17 novembre 2018, 28 novembre 2018, 7 janvier 2019, 22 mai 2019, 28 décembre 2019 et
2 octobre 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification présent jugement.
Il soutient que :
- les décisions portant retrait de points sont intervenues à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité dès lors qu'il n'a pas reçu l'ensemble des informations prévues aux articles L.223-3 et R. 223-3 lors de la constatation des infractions commises les 19 novembre 2017, 9 avril 2018, 20 avril 2018, 17 novembre 2018, 28 novembre 2018, 7 janvier 2019, 22 mai 2019, 28 décembre 2019 et 2 octobre 2019 ;
- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie dès lors qu'il incombe à l'administration de produire la preuve de la réalité de chaque infraction.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel s'agissant des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions du 17 novembre 2018 et du 22 mai 2019 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur certains retraits de points :
- le point retiré consécutivement à l'infraction relevée le 22 mai 2019 a été restitué au requérant le 5 février 2020 ;
- l'infraction du 17 novembre 2018 n'a pas donné lieu à retrait de points.
Il soutient que :
- s'agissant de l'infraction commise le 19 novembre 2017, le procès-verbal qui mentionne les informations prévues par le code de la route, ne comporte aucune réserve et fait mention que le contrevenant a refusé de signer ;
- s'agissant de l'infraction commise le 28 décembre 2019 constatée par radar automatique, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale ;
- s'agissant des infractions commises les 2 octobre 2019, 7 janvier 2019, 28 novembre 2018, 20 avril 2018 et 9 avril 2018, compte tenu de l'ensemble des diligences mises en œuvre par l'administration, il ne fait pas de doute que le requérant a reçu un avis de contravention " et/ou " un avis de majoration de l'amende forfaitaire et s'est donc vu délivrer l'information préalable au retrait de points.
- la réalité des infractions est établie par les mentions " AF ", " AM ", et " 76 " figurant au relevé d'information intégral ;
Par une ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
16 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 19 novembre 2017 à 16h14 (trois points), 9 avril 2018 à 11h19 (un point), 20 avril 2018 à 14 h21 (un point), 17 novembre 2018 (quatre points), 28 novembre 2018 à 13 h39 (un point), 7 janvier 2019 à 11 h 47 (deux points), 22 mai 2019 à 16 h 52 (un point), 28 décembre 2019 à 18 h 12 (un point) et 2 octobre 2019 à 10 h 56 (un point). Par une décision référencée " 48SI ", le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul. Par une lettre du 2 juillet 2020, réceptionnée le 6 juillet 2020,
M. C a présenté au ministre de l'intérieur une demande tendant à l'abrogation ou au retrait des décisions de retraits de points consécutives aux infractions relevées les 19 novembre 2017,
9 avril 2018, 20 avril 2018, 17 novembre 2018, 28 novembre 2018, 7 janvier 2019, 22 mai 2019, 28 décembre 2019 et 2 octobre 2019, au motif que son droit à l'information au sens des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aurait été méconnu et que les infractions relevées ne sont pas matériellement établies. Le silence conservé par le ministre pendant une durée de deux mois à compter de la réception de cette demande a fait naître une décision implicite de rejet, dont le requérant demande l'annulation.
Sur l'exception de non-lieu à statuer partiel opposée par le ministre de l'intérieur en défense :
2. En premier lieu, il ressort du relevé d'information intégral extrait du fichier national du permis de conduire, édité le 28 décembre 2021 et produit par le ministre de l'intérieur, que le point retiré sur le permis de conduire de M. C consécutivement à l'infraction commise le 22 mai 2019 lui a été restitué le 5 février 2020. Ainsi, la décision de retrait de points afférente à cette infraction doit être regardée comme ayant été retirée antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, contrairement à ce que soutient le ministre en défense qui excipe un non-lieu à statuer, les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de la décision de retrait du point consécutive à l'infraction du 22 mai 2019 à 16h52, ainsi que les conclusions tendant à la restitution de ce point, ne peuvent être regardées que comme étant irrecevables.
3. En second lieu, il ressort du relevé d'information intégral édité le 25 juin 2020 et produit par M. C à l'appui de sa requête que quatre points avaient été retirés de son solde à la suite d'une infraction de non-respect de l'arrêt absolu au stop à une intersection qui avait été relevée à son encontre le 17 novembre 2018. Toutefois, il ressort du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. C édité le 28 décembre 2021 et versé par le ministre en défense que le retrait de ces quatre points n'apparaît plus dans ce nouveau relevé, conformément à la mention " 00203 RESTI OMP ". Par suite, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision procédant au retrait des quatre points consécutivement à l'infraction du 17 novembre 2018. Ce retrait étant devenu définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 17 novembre 2018 et sur les conclusions tendant à la restitution de ces quatre points, qui sont devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions référencées " 48 " consécutives aux infractions relevées les 19 novembre 2017, 9 avril 2018,
20 avril 2018, 28 novembre 2018, 7 janvier 2019, 28 décembre 2019 et 2 octobre 2019 :
S'agissant de l'infraction du 19 novembre 2017 constatée par procès-verbal électronique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :
4. En premier lieu, il ressort du procès-verbal électronique n° 6056538519 établi le
19 novembre 2017 par un agent de la force publique à la suite de l'infraction de franchissement d'une ligne continue par M. C commis à Paris le jour même qu'il comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier celles concernant le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Il s'ensuit que quand bien même M. C a refusé de signer ce procès-verbal, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de la communication de ces informations à l'intéressé préalablement au retrait de point afférent à l'infraction en date 19 novembre 2017 doit être rejeté.
5. En second lieu, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. C, édité le 28 décembre 2021, que l'infraction relevée le 19 novembre 2017 a donné lieu à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, qu'il aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la réalité de cette infraction qui est établie dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de l'infraction relevée le 19 novembre 2017 doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait de point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre le 19 novembre 2017.
S'agissant de l'infraction du 28 décembre 2019 constatée par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire :
7. En premier lieu, il ressort des mentions du relevé d'information intégral concernant la situation de M. C que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse commise le 28 décembre 2019 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement et comprenant les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En outre, M. C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information requise par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.
8. En second lieu, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. C, édité le 28 décembre 2021, que l'infraction contestée le 28 décembre 2019 a donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, qu'il aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation de l'amende forfaitaire. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la réalité de cette infraction qui est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de l'infraction relevée le 28 décembre 2019 doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait de point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre le 28 décembre 2019.
S'agissant de l'infraction du 2 octobre 2019 constatée par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :
10. Il ressort du relevé d'information intégral établi le 28 décembre 2021 et versé au débat par M. C que ce dernier a fait l'objet d'une décision référencée " 48SI " qui lui a été notifiée par une lettre avec accusé de réception n° 2C 1552 6654 705 présentée à l'adresse du requérant le 29 mai 2020. Il ressort en particulier des énonciations du relevé d'information intégral que cette lettre a été enregistrée le 24 avril 2020 dans le fichier du permis de conduire. Or, il ressort également de ce relevé d'information intégral que l'infraction relevée à l'encontre de
M. C le 2 octobre 2019 n'a été enregistrée dans ce fichier que le 12 janvier 2021, soit postérieurement à la date de la perte de validité du permis de conduire du requérant pour solde de point nul. Par suite, l'administration ne pouvait faire prendre une décision ayant pour effet de retirer des points à un contrevenant dont le solde du permis de conduire était déjà nul. Dans ces conditions, M. C ne saurait utilement se prévaloir à l'encontre d'une telle décision de ce qu'il aurait été privé de son droit à l'information qu'il tient des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ou encore de ce que l'infraction relevée n'aurait pas été établie.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait de point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre le 2 octobre 2019.
S'agissant des infractions commises les 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018, et 7 janvier 2019 constatées par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :
12. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, que les infractions commises les 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et
7 janvier 2019 ont fait l'objet de l'émission de titres exécutoires respectivement les 14 août 2018, 28 août 2018, 12 mars 2019 et 9 avril 2019. Toutefois, la seule circonstance qu'aient été émis des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée à raison des infractions ainsi reprochées ne suffit pas à faire présumer que M. C a eu connaissance des avis de contravention comportant les informations requises des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre de l'intérieur produit le spécimen des avis de contraventions ainsi que la copie de l'accusé de réception d'une lettre 48N portant la mention " pli avisé et non réclamé " au 18 mars 2020, il ne ressort pas de ces seuls éléments que l'administration a satisfait à son obligation d'information préalable. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion des infractions des 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019 ne peut qu'être accueilli.
13. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions relevée à son encontre, que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions de retraits de points consécutives aux infractions commises les 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet :
14. Eu égard aux considérations énoncées au point 21. du présent jugement, la décision implicite de rejet du ministre l'intérieur née le 6 septembre 2020 doit être annulée en tant qu'elle rejette le recours gracieux contre les décisions de retrait de points consécutifs aux infractions commises les 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
16. Le présent jugement a prononcé l'annulation des décisions référencées " 48 " de retrait de points intervenues à la suite des infractions des 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019 en raison de ce qu'elles ont été édictées au terme d'une procédure irrégulière. Toutefois, il est constant que M. C n'a pas formé de recours contre la décision référencée " 48SI " du 29 mai 2020 qui a invalidé son permis de conduire pour solde de point nul. Or, il ressort du relevé d'information intégral établi le 28 décembre 2021 que M. C s'est vu notifier à son adresse 6 square Dufourmantelle à Maisons-Alfort le 29 mai 2020 une telle décision. Par suite, et à supposer même qu'elle n'aurait pas contenu les voies et délais de recours, cette décision référencée " 48SI " est devenue définitive. Par suite, M. C, qui ne dispose plus d'un solde de point, ne saurait utilement demander au tribunal d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui réattribuer des points irrégulièrement retirés à la suite des infractions des 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E ;
Article 1er : Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision de retrait de point suite à l'infraction du 17 novembre 2018.
Article 2 : Les décisions référencées " 48 ", par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de points à la suite des infractions relevées les 9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018, et 7 janvier 2019, sont annulées.
Article 3 : La décision implicite, par laquelle le ministre l'intérieur a rejeté le recours gracieux formé le 6 juillet 2020 par M. C, doit être annulée en tant qu'elle rejette le recours gracieux dirigé contre les décisions de retrait de points consécutifs aux infractions commises les
9 avril 2018, 20 avril 2018, 28 novembre 2018 et 7 janvier 2019.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. A
La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026