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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2009049

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2009049

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2009049
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantDORASCENZI-FENART AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2020, la société civile immobilière (SCI) 38 rue d'Arcueil, représentée par Me Dorascenzi, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en principal et pénalité, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- c'est à tort que l'administration l'a assujettie à l'impôt sur les sociétés ;

- le calcul de la plus-value est erroné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) 38 rue d'Arcueil qui exerce une activité de location immobilière, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016, à l'issue de laquelle elle a été rendue destinataire d'une proposition de rectification le 23 mars 2018. Une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2016, résultant de la réintégration à son résultat imposable d'une plus-value immobilière afférente à la vente d'un bien immobilier intervenue le 9 décembre 2016, a été mise en recouvrement à son encontre le 16 août 2018. La réclamation d'assiette présentée par l'intéressée le 8 avril 2020 a été rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne du 7 septembre suivant. Par la requête précitée, la société demande la décharge de cette imposition.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. () Il en est de même, sous les mêmes conditions : 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ". Aux termes de l'article 206 du même code : " () 3. Sont soumis à l'impôt sur les sociétés s'ils optent pour leur assujettissement à cet impôt dans les conditions prévues à l'article 239 : () b. Les sociétés civiles mentionnées au 1° de l'article 8 () ". Aux termes de l'article 239 du même code : " 1. Les sociétés et groupements mentionnés au 3 de l'article 206 peuvent opter, dans des conditions qui sont fixées par arrêté ministériel, pour le régime applicable aux sociétés de capitaux. Dans ce cas, l'impôt sur le revenu dû par les associés () est établi suivant les règles prévues aux articles 62 et 162 () ". Enfin, l'article 22 de l'annexe IV au même code alors en vigueur prévoyait que : " La notification de l'option prévue à l'article 239 du code général des impôts est adressée au service des impôts du lieu du principal établissement de la société qui souhaite exercer cette option. La notification indique la désignation de la société et l'adresse du siège social les nom prénoms et adresse de chacun des associés ou participants ainsi que la répartition du capital social entre ces derniers. Elle est signée dans les conditions prévues par les statuts ou, à défaut, par tous les associés ou participants. Il en est délivré récépissé. L'option ainsi exercée est irrévocable () ".

3. En application de ces dispositions, pour exercer valablement leur option pour l'imposition selon le régime propre aux sociétés de capitaux, les sociétés de personnes doivent notifier cette option au service des impôts du lieu de leur principal établissement, conformément aux prescriptions de l'article 239 du code général des impôts et de l'article 22 de l'annexe IV à ce code, manifestant ainsi sans ambiguïté l'exercice de leur option.

4. La société requérante soutient que c'est à tort qu'elle a été assujettie à l'impôt sur les sociétés dès lors que la lettre du 24 octobre 2003 par laquelle elle a opté pour l'assujettissement à cet impôt ne répond pas aux conditions de forme prévues par les dispositions précitées de l'article 22 de l'annexe IV au code général des impôts. Toutefois, cette lettre, si elle ne mentionnait pas l'identité de chacun des associés ni la répartition du capital social de la société requérante, était signée par Mme A, sa gérante, qui avait qualité pour " accomplir tous les actes de gestion que demande l'intérêt de la société " en vertu de l'article 16 de ses statuts. Dans ces conditions, et alors par ailleurs qu'elle a souscrit ses déclarations n° 2065 de résultat imposable à l'impôt sur les sociétés au titre des exercices 2015 et 2016 respectivement les 11 mai 2016 et 21 juin 2017, ainsi qu'il ressort des mentions de la proposition de rectification, qu'elle n'établit pas ni même n'allègue que ses associés auraient déclaré à l'impôt sur le revenu les bénéfices réalisés par cette société au titre des mêmes exercices, et que l'acte de vente du 9 décembre 2016 du bien immobilier en litige, enregistré auprès du service de publicité foncière de Créteil le 27 décembre suivant, mentionne expressément son assujettissement au régime de l'impôt sur les sociétés, la SCI 38 rue d'Arcueil doit être regardée comme ayant manifesté sans ambiguïté l'exercice de son option pour l'assujettissement à cet impôt.

5. En second lieu, la requérante soutient, à titre subsidiaire que le calcul de la plus-value réalisée lors de la cession de son ensemble immobilier intervenue le 9 décembre 2016 est erroné dès lors que le prix d'acquisition a été retenu pour un montant de 381 122 euros " alors que l'actif du bilan faisait apparaître à la clôture de l'exercice précédent une somme équivalente en immobilisation incorporelle ne pouvant se rattacher qu'au bien exclusif ainsi vendu par la société ". Toutefois, c'est sans commettre d'erreur que le service a pris en compte, pour le calcul de la plus-value immobilière, le prix de cession de 1 350 000 euros auquel a été retranché sa valeur nette comptable à la date de sa cession correspondant à son prix d'acquisition minoré des amortissements pratiqués, soit 148 164 euros. Dans ces conditions, l'argumentation de la société est inopérante quant au calcul ainsi déterminé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'imposition en cause doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI 38 rue d'Arcueil est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière 38 rue d'Arcueil et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le rapporteur,

Signé : P. Meyrignac Le président,

Signé : N. Le Broussois

Le greffier,

Signé : G. Ngassaki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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