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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2009225

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2009225

lundi 19 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2009225
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre, JU
Avocat requérantFRANCK COHEN AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 novembre 2020, M. B C, représenté par

Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions référencées " 48 " par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 7 août 2011 à 20h04 à Villiers-sous-Grez (trois points), 6 juillet 2012 à 11h22 à Mitry Mory (deux points) et 6 mai 2013 à 16h51 à Villepinte (trois points) ;

2°) d'annuler la décision ministérielle " 48SI " du 24 juillet 2015 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours exercé le 17 janvier 2020 devant le ministre de l'intérieur ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté d'un solde de points résultant de la restitution des points illégalement retirés sur son permis de conduire consécutivement aux infractions constatées les 7 août 2011, 6 juillet 2012 et 6 mai 2013;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les décisions référencées " 48 " :

- les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 6 mai 2013,

6 juillet 2012 et 7 août 2011 sont entachées d'un défaut d'information préalable en violation des articles L.223-3 et R. 223-3 du code de la route ; M. C conteste avoir reçu l'avis de contravention ou une information préalable au retrait de points concernant ces infractions ; ces infractions ont donné lieu à une interception du véhicule de M. C qui conteste s'être vu remettre les avis de contravention correspondant aux infractions susmentionnées, la mention " amende forfaitaire majorée " figurant sur le relevé d'information intégral démontrant que les contraventions n'ont jamais été payées ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie en ce qui concerne les infractions en date des 6 mai 2013, 6 juillet 2012 et 7 août 2011 ; elles ont donné lieu à interception de véhicule alors qu'il ne s'est jamais vu remettre ces avis de contravention, qu'il ne s'est jamais acquitté des amendes forfaitaires ; seules des consignations ont été versées pour les infractions susmentionnées ; aucune quittance ne lui a été remise ; s'agissant en particulier de l'infraction du 6 mai 2013, l'amende relative à l'infraction n'a jamais été acquittée jusqu'à ce jour et il a adressé une réclamation contentieuse selon la procédure prévue aux articles 529, 530 et suivants du code de procédure pénale, ce qui prive l'infraction de son caractère définitif.

En ce qui concerne l'attribution de points suite à un stage de sensibilisation :

- l'intéressé a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 16 et 17 mars 2015 ; en l'absence de notification de la décision " 48SI " et même si lors du stage son solde était égal à 0, il pouvait effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière en acquérant les quatre points ;

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée

" 48SI " du 24 juillet 2015 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- que la décision " 48SI " a été supprimée de son dossier de permis de conduire ;

- le stage effectué les 16 et 17 mars 2015 a bien été enregistré dans son dossier de permis de conduire ; le requérant a bénéficié d'un ajout de quatre points sur le solde de points affecté à son permis de conduire ;

- le requérant a bénéficié le 6 septembre 2016 d'une reconstitution totale du nombre de points initial ; le solde afférent à son permis de conduire étant de douze points depuis le

6 septembre 2016.

Par une ordonnance du 8 janvier 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mai 2021 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 25 juin 2010 à 16h56 (un point), 7 août 2011 à 20h04 (trois points), 6 juillet 2012 à 11h22 (deux points), 6 mai 2013 à 16h51 (trois points). Par une décision référencée " 48SI " du 24 juillet 2015, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Après avoir consulté son relevé d'information intégral édité le 20 décembre 2019, M. C a observé qu'une décision référencée " 48SI " lui aurait été notifiée le 8 août 2015, ce qu'il conteste. Par une lettre du 17 janvier 2020, réceptionnée par l'administration le 20 janvier 2020, M. C demande au ministre de l'intérieur l'annulation de la décision du 24 juillet 2015 ainsi que la restitution sur le solde afférent à son permis de conduire des huit points retirés consécutivement aux infractions relevées les 7 août 2011, 6 juillet 2012 et 6 mai 2013. Le silence conservé par l'administration pendant une durée de deux mois à compter de la réception de cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par une décision du 14 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a expressément rejeté la demande de M. C, cette décision se substituant à la décision implicite de rejet antérieure. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision ministérielle référencée " 48SI " du 24 juillet 2015, les décisions ministérielles référencées " 48 " portant retrait de points consécutives aux infractions des 7 août 2011, 6 juillet 2012 et 6 mai 2013, ainsi que la décision du 14 octobre 2020 rejetant expressément le recours exercé le 17 janvier 2020 par le requérant.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur en défense :

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral édité le 20 décembre 2019, versé au débat par M. C que par une lettre avec accusé de réception n° 2C 0816 0281 741 une décision d'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul lui aurait été notifié le 8 août 2015. Toutefois, il ressort du relevé d'information intégral édité le 7 mai 2021, et versé au débat par le ministre de l'intérieur, que contrairement à son édition du 20 décembre 2019, la mention de cette lettre n'y figure plus, alors même qu'y figure une décision référencée " 98 " enregistrée le 7 mai 2021 dans le Fichier National des Permis de Conduire par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a attribué quatre points au titre du suivi d'un stage de formation à la sécurité routière. Par suite, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision référencée " 48SI " du 24 juillet 2015. Ce retrait étant devenu définitif, les conclusions tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu, dès lors, d'y statuer.

3. En deuxième lieu, s'il résulte du relevé d'information intégral édité le 7 mai 2021 que des décisions de retrait de 3 points, 2 points et 3 points consécutives aux infractions relevées les 7 août 2011, 6 juillet 2012 et 6 mai 2013 à l'encontre de M. C ont été successivement enregistrées au sein du Fichier National des Permis de Conduire les 26 mars 2012, 30 septembre 2013 et 17 juillet 2015, il résulte de ce même relevé que le requérant a bénéficié, avec effet au

6 septembre 2016, d'une reconstitution du nombre de points initial affecté à son permis de conduire pour un total de douze points. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions référencées " 48 " portant retrait de points consécutivement aux infractions relevées les 7 août 2011, 6 juillet 2012 et 6 mai 2013 à l'encontre de M. C et les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de procéder à la restitution des points retirés à la suite de ces infractions au solde afférent au permis de conduire du requérant sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. En troisième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux énoncés au point précédent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du

14 octobre 2020 rejetant expressément le recours exercé le 17 janvier 2020 par M. C.

Sur le surplus des conclusions :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation "

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E ;

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction présentées par M. C.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. C une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

S. A

La greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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