jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN & LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Lefebvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015, 13 juillet 2015, 5 février 2016, 14 janvier 2016, 25 mars 2016, 2 mai 2018, 18 juillet 2017, 26 mars 2019, 7 août 2018 et 18 août 2019 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points correspondants aux infractions commises sur le capital affectant son permis de conduire et de retirer la décision référencée " 48SI " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points qu'il conteste ne lui ont jamais été notifiées avant le
16 septembre 2020 ; le 4 septembre 2020, date à laquelle le ministre de l'intérieur a cru devoir prononcer l'invalidation de son permis de conduire, les pertes de points, qui ne lui avaient pas été notifiées, ne lui étaient pas opposables ; de sorte que le ministre de l'intérieur n'a pu prendre une décision " 48SI " portant invalidation de son permis de conduire ;
- les amendes forfaitaires, qu'il entendait par ailleurs contester, afférentes aux différentes pertes de points qui lui sont reprochées n'ont pas été payées à défaut d'avoir reçu ces verbalisations ;
- il n'a jamais été informé, au moment de sa verbalisation lors de la constatation de l'infraction, dans les conditions fixées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; il n'a, en outre, pas reçu le double du procès-verbal de constatation des infractions qui lui sont reprochées ; la seule circonstance que le relevé d'information intégral révèle que les infractions auraient été immédiatement acquittées n'est pas suffisante pour établir que les informations exigées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aient été bien respectées.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 750 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 janvier 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mai 2021 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait de points consécutivement à l'infraction commise le 26 mars 2019 dès lors que le point retiré a été restitué à M. B antérieurement à l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015, 13 juillet 2005, 5 février 2016, 14 janvier 2016, 25 mars 2016, 2 mai 2018, 18 juillet 2017, 26 mars 2019, 7 août 2018 et 18 août 2019 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de
vingt-cinq points sur son permis de conduire. M. B demande l'annulation des décisions de retrait de points afférentes à ces infractions ainsi que celle de la décision " 48SI " ayant invalidé son permis de conduire.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la décision portant retrait de points consécutivement à l'infraction commise le 26 mars 2019:
2. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral du dossier de permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021 que le point retiré sur son permis de conduire consécutivement à l'infraction commise le 26 mars 2019 lui a été restitué le 3 novembre 2019, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de la requête de M. B dirigées contre la décision procédant au retrait de ce point est irrecevable et doit, pour ce motif, être rejetée ainsi que les parties en ont été informées par lettre du 19 octobre 2022.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le défaut de notification :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. M. B ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire.
En ce qui concerne la réalité des infractions commises :
4. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
S'agissant de la réalité des infractions commises les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015, 13 juillet 2015, 5 février 2016, 14 janvier 2016, 25 mars 2016, 2 mai 2018, 18 juillet 2017 et 7 août 2018 :
5. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
7. Eu égard aux mentions du relevé intégral d'information du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021 et versé au dossier par le ministre de l'intérieur, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute leur exactitude, il doit être tenu pour établi que le requérant a acquitté les amendes forfaitaires pour les infractions commises les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015, 13 juillet 2015, 5 février 2016, 14 janvier 2016, 25 mars 2016 et 2 mai 2018. Compte tenu des mentions figurant au relevé d'information intégral relatif à la situation de son permis de conduire, l'intéressé ne peut, dès lors, utilement les contredire en se bornant à affirmer qu'il n'a pas payé les amendes forfaitaires enregistrées comme payées. S'il soutient " qu'il entendait par ailleurs [les] contester ", il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait présenté des requêtes en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation des infractions ou de l'envoi de l'avis de contravention. Ainsi, le moyen tiré de ce que la réalité de ces infractions ne serait pas établie doit être écarté.
8. Il résulte, par ailleurs, de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que les infractions contestées et commises les 18 juillet 2017 et 7 août 2018 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant a formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires de l'amende forfaitaire majorée alors, notamment, qu'il résulte de l'instruction qu'il a patiellement payée l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction du 7 août 2018. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article
L. 223-1 du code de la route. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la réalité des infractions n'est pas établie doit être écarté.
S'agissant de la réalité de l'infraction commise le 18 août 2019 :
9. L'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ". En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 225-1 du code de la route, sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique.
10. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive.
11. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que l'infraction commise le 18 août 2019 a donné lieu, ainsi que cela ressort de la mention " 7C ", d'une composition pénale prononcée par le tribunal de grande instance (TGI) de Fontainebleau et exécutée le 30 juin 2020. M. B ne justifiant pas avoir introduit un recours contre cette sanction judicaire ni par ailleurs avoir sollicité la suspension de ses effets, la décision rendue par le TGI de Fontainebleau doit être regardée comme étant définitive. Il suit de là que la réalité de l'infraction du 18 août 2019 est établie en vertu des dispositions précitées du code de la route. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information préalable à la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le
18 août 2019 ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
12. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant des infractions commises les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015,
13 juillet 2015, 14 janvier 2016, 2 mai 2018 :
13. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un outil dédié ou par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
14. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que les infractions commises les 25 mars 2015, 8 juin 2015, 1er juillet 2015, 13 juillet 2015, 14 janvier 2016 et 2 mai 2018 ont été constatées par radar automatique et, qu'ainsi qu'il a été dit au point 7. du présent jugement, elles doivent être regardées comme ayant été acquittées par le requérant. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de ces infractions doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 5 février 2016 et 25 mars 2016 :
15. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que les infractions commises les 5 février 2016 et 25 mars 2016 ont été relevées par procès-verbal électronique et ont donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire par M. B postérieurement à la date de constatation de l'infraction. Par suite, dès lors que M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer que les avis de contravention qu'il a nécessairement reçus ne contenaient par l'intégralité des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route, il doit être regardé comme ayant été destinataire de ces informations et n'est par suite pas fondé à soutenir que les décisions de retrait de point consécutives à ces infractions auraient été prises à l'issue d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 18 juillet 2017 :
16. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
17. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que l'infraction commise le 18 juillet 2017 a été constatée au moyen d'un procès-verbal électronique, que l'intéressé a signé, puis à l'émission d'une amende forfaitaire majorée. La signature de M. B établit que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lui ont été délivrées. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure s'agissant de cette infraction, qui manque en fait, doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 7 août 2018 :
18. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que l'infraction commise le 7 août 2018 a été constatée au moyen d'un radar automatique ainsi qu'en atteste la mention " CNT-CSA " et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit l'attestation du trésorier principal du contrôle automatisé relative à l'encaissement partiel du montant de l'amende forfaitaire majorée afférente à cette contravention. Ce paiement permet d'établir que M. B a reçu l'avis d'amende forfaitaire dont le formulaire reprend l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il n'établit pas que l'avis reçu n'aurait pas comporté cette information. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'information doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 18 août 2019 :
19. Il résulte de l'instruction et, notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 23 février 2021, que l'infraction commise le 18 août 2019 a donné lieu, ainsi que cela ressort de la mention " 7C ", d'une composition pénale prononcée par le tribunal de grande instance (TGI) de Fontainebleau et exécutée le 30 juin 2020. Si, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité de l'infraction est établie, l'existence toutefois de cette composition pénale ne dispense pas l'administration de procéder à l'information préalable du contrevenant en application des dispositions précitées de l'article L. 223-3. Le ministre de l'intérieur produit l'ordonnance de validation de composition pénale et le procès-verbal de proposition de composition pénale qui ne comportent pas, contrairement à ce qu'il fait valoir, les informations devant être portées à la connaissance du contrevenant. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le retrait de points consécutif à l'infraction commise le 18 août 2019 l'a été en méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait de six points consécutivement à l'infraction commise le 18 août 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
21. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital du permis de conduire de M. B et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 18 août 2019. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, de faire droit aux conclusions présentées par le ministre de l'intérieur, qui n'avait au demeurant, pas eu recours au ministère d'un avocat, sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant retrait de points consécutivement à l'infraction commise le
18 août 2019 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les points illégalement retirés à la suite de l'infraction du 18 août 2019, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis de conduire et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B la somme de 800 (huit cents) euros au titre de 1'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par le ministre de l'intérieur au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. C
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026