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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2009316

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2009316

lundi 19 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2009316
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre, JU
Avocat requérantCABINET DE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 novembre 2020 et

26 janvier 2021, M. A C, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 24 avril 2017,

17 août 2014, 18 juillet 2018, 2 août 2018, 18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020 et 13 juin 2020 ;

2°) d'annuler la décision référencée " 48SI " en date du 9 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté d'un solde de points résultant de la restitution des points illégalement retirés sur son permis de conduire consécutivement aux infractions constatées, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

5°) de rejeter la demande de l'État présentée au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :

S'agissant de l'ensemble des décisions :

- les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 24 avril 2017, 18 juillet 2018, 2 août 2018, 18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020 et

13 juin 2020 sont intervenuse à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité dès lors qu'il n'a pas reçu préalablement l'information prévue aux articles L.223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- le procès-verbal électronique n'est pas conforme aux exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; le paiement de l'amende forfaitaire est sans incidence sur le droit à l'information du justiciable ; les mentions du relevé d'information intégral ne sont pas suffisantes ; l'émission du titre exécutoire en matière d'amende forfaitaire majorée est sans incidence sur le droit à l'information ;

S'agissant en particulier de la décision consécutive à l'infraction du 17 août 2014 :

- la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 17 août 2014 a été prise alors que la réalité de cette infraction n'est pas établie ; aucune condamnation ne peut devenir définitive le jour de la commission de l'infraction ;

- la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 17 août 2014 n'est pas suffisamment motivée ;

- la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 17 août 2014 a été prise au terme d'une procédure judiciaire dont la régularité n'est pas attestée ;

En ce qui concerne la décision référencée " 48SI " :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ; elle ne porte aucune précision concernant le caractère définitif du jugement du 17 août 2014 ; elle ne contient pas l'énoncé des éléments du raisonnement de son auteur permettant de passer des considérations de fait et de droit à la décision finale en ce qui concerne l'intervention du jugement et son caractère définitif ;

- la décision attaquée est illégale, dès lors que la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 17 août 2014 est elle-même illégale en ce qu'elle se fonde sur un " jugement du 17/08/2014 " ; aucune condamnation ne peut devenir définitive le jour même de sa commission en droit français ; une condamnation concernant une infraction de 5ème classe survient nécessairement à l'issue d'un jugement contradictoire, d'une décision prise sous forme d'une ordonnance pénale, ou d'un jugement rendu, par défaut, à l'occasion d'une audience de police qui ne pouvait pas se tenir le jour même de l'infraction.

Par mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de M. C et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :

S'agissant de l'ensemble des décisions :

- aucun défaut d'information préalable aux retraits de points ne saurait être reproché à l'administration ;

- s'agissant de l'infraction commise le 24 avril 2017, dans le cas d'une infraction constatée sur un outil dédié (type PDA ou tablette) et ayant fait l'objet du paiement différé d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention de ce paiement sur le relevé intégral ;

- s'agissant des infractions commises les 18 juillet 2018, 2 août 2018, 18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020 et 13 juin 2020, il ressort du relevé d'information intégral que, pour ces infractions, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale ;

- la réalité des infractions reprochées est bien établie par les mentions " AF " et " 72 " figurant sur le relevé d'information intégral de M. C ;

S'agissant en particulier de la décision consécutive à l'infraction du 17 août 2014 :

- les mentions probantes du relevé d'information intégral " décision 72 suspension du permis de conduire " font apparaître que M. C a fait l'objet d'une condamnation pénale prononcée le 17 août 2017 par le tribunal de police de Tours, devenue définitive.

Par une ordonnance du 8 janvier 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mai 2021 à 12 heures.

Par une lettre du 21 novembre 2022, le tribunal a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation d'une décision de retrait de points suite à une infraction du 20 juillet 2017 en qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 17 août 2014 à 10 h35 (six points), 24 avril 2017 à 10h51 (trois points), 18 juillet 2018 à 19 h08 (un point), 2 août 2018 à 20h50 (un point), 18 août 2018 à 13h20 (un point), 9 mars 2019 à 17h59 (un point), 2 mars 2020 à 17 h39 (un point), 14 avril 2020 à 20h03 (un point), et 13 juin 2020 à 23 h15 (un point). Par une décision référencée " 48SI " en date du 9 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête,

M. C demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions relevées les 17 août 2014, 24 avril 2017, 2 août 2018, 18 août 2018, 18 juillet 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020, 13 juin 2020 ainsi que la décision référencée " 48SI " en date du 9 octobre 2020 portant invalidation de son permis de conduire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :

S'agissant des décisions consécutives aux infractions relevées les 18 juillet 2018, 2 août 2018, 18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020, 13 juin 2020 constatées par radar automatique et faisant l'objet d'une amende forfaitaire :

2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

3. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".

4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

5. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 29 décembre 2020 concernant la situation de M. C que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant aux infractions d'excès de vitesse commises les 18 juillet 2018, 2 août 2018,

18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020 et 13 juin 2020 et constatées par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 18 juillet 2018,

2 août 2018, 18 août 2018, 9 mars 2019, 2 mars 2020, 14 avril 2020 et 13 juin 2020.

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 24 avril 2017 constatée par procès-verbal électronique et faisant l'objet d'une amende forfaitaire :

7. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

8. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que l'intéressé s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire afférente à l'infraction commise le 24 avril 2017, laquelle a été relevée par procès-verbal électronique. Il s'en infère que M. C a nécessairement reçu à son domicile l'avis de contravention afférent à cette infraction. Dans ces conditions, alors que l'intéressé n'a pas produit cet avis ni par conséquent démontré son caractère éventuellement inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision consécutive à l'infraction constatée le 24 avril 2017.

S'agissant de la décision consécutive à l'infraction du 17 août 2014 ayant donné lieu à une condamnation judiciaire par le Tribunal de Tours :

10. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

11. D'une part, il n'est pas contesté que les lettres qui avisent les contrevenants qui ont fait l'objet d'une condamnation définitive par une autorité judiciaire au titre d'une infraction au code de la route impliquant un retrait de points sont établies sur un formulaire type qui comporte systématiquement les considérations de droit et de fait constitutives du fondement du retrait de points opérés par l'administration sur son permis de conduire. En outre, les mentions probantes du relevé d'information intégral afférent à la situation de M. C " 72 suspension du permis de conduire ", font apparaître que l'intéressé a fait l'objet d'une condamnation pénale prononcée le 17 août 2014 par le tribunal de police de Tours qui a acquis un caractère définitif le 24 février 2015. Enfin, la décision référencée " 48SI " vise notamment les articles L. 223-1 et L.223-3, dont elle fait application, récapitule l'ensemble des infractions ayant conduit aux retraits successifs de points sur le permis de conduite du requérant, dont l'infraction ayant donné lieu à la décision de retrait en litige. Cette décision référencée " 48 SI " précise la date du jugement ayant condamné M. C à une peine de suspension du permis de conduire pour l'infraction ayant donné lieu à la décision en litige ainsi que la date, l'heure et le lieu où cette infraction a été commise. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant retrait de points concernant l'infraction du 17 août 2014 à 10h35 sur le territoire de la commune de Reugny ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, lorsque l'existence de l'infraction et l'identité de son auteur n'ont été établies que postérieurement à la commission de ladite infraction, par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a pu les contester devant ledit juge, l'omission de la formalité susvisée est sans incidence sur la procédure suivie dès lors que la condamnation pénale implique nécessairement qu'un retrait de points soit effectué. En tout état de cause, l'information préalable donnée au contrevenant a pour objet notamment de lui permettre de mesurer au regard de la procédure de retraits de points, l'intérêt d'une éventuelle contestation de la matérialité de l'infraction. Dès lors que le contrevenant a pu se défendre dans le cadre d'une procédure judiciaire contradictoire, il n'a été privé d'aucune garantie substantielle. Par suite, la décision administrative de retrait de points prise à l'encontre d'un contrevenant qui n'a pas reçu préalablement à la décision de l'autorité judiciaire les informations prévues par les dispositions précitées du code de la route, ne peut être regardée comme intervenue au terme d'une procédure irrégulière.

13. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral établi le 29 décembre 2020 versé par le ministre de l'intérieur en défense, que par une décision judiciaire rendue le 17 août 2014 par le tribunal de police de Tour, M. C a été condamné pour avoir commis une infraction d'excès de vitesse d'au moins 50 km/h sur le territoire de la commune de Reugny. Si M. C conteste l'autorité attachée à ce jugement en tentant d'instiller un doute quant à son existence même dans la mesure où aucune procédure judiciaire de droit français ne permettrait à un juge judiciaire de prononcer une condamnation le jour même de la commission de l'infraction, il ne conteste pas l'existence de cette infraction, ni même l'existence d'un jugement le condamnant à ce titre. Ainsi, le ministre de l'intérieur, constatant que la réalité de l'infraction reprochée à l'intéressé était établie par cette condamnation pénale, a pu légalement retirer six du nombre de points affectés au permis de conduire du requérant, nonobstant la circonstance à la supposer même établie que le requérant n'aurait pas bénéficié de l'exécution par l'administration de son obligation d'information tirée des dispositions des articles L. 223-3 et

R. 223-3 du code de la route. Par suite, les moyens tirés du défaut d'établissement de cette infraction et du défaut d'information préalable au retrait de points ne peuvent qu'être écartés.

14. En troisième lieu, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité d'un jugement émanant de l'autorité judiciaire. Par suite, le moyen tiré ce que la régularité de la procédure suivie devant le tribunal de Tours et ayant donné lieu à la condamnation de M. C ne peut qu'être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision consécutive à l'infraction du 17 août 2017 ayant fait l'objet d'une condamnation judiciaire.

16. En dernier lieu, il ressort des écritures de M. C que ce dernier a invoqué à la page 39 de sa requête un moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas bénéficié de l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à une décision de retrait de points consécutive à une infraction qui aurait été relevée le 20 juillet 2017. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant versé à l'instance, que ce dernier aurait fait l'objet d'une telle décision suite à l'infraction invoquée. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision référencée " 48SI " portant invalidation du permis de conduire :

17. En premier lieu, après avoir constaté que l'information requise par le code de la route a été délivrée au contrevenant et que la réalité de l'infraction est établie, le ministre de l'intérieur se trouve en situation de compétence liée lorsqu'il procède au retrait de points prévu par l'article R. 223-3 du code de la route et constate que ce retrait aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire. Dès lors, M. C ne peut utilement invoquer le moyen tiré de l'insuffisance de motivation à l'encontre de la décision en litige. En tout état de cause, la décision référencée " 48SI " attaquée, qui mentionne les articles L. 223-1, L. 223-3, L. 223-5-I, R. 223-3 du code de la route, rappelle les dates et les lieux des infractions commises par M. C, ainsi que les sanctions auxquelles elles ont donné lieu et le nombre de points retirés à la suite de chacune d'elles, énonce ainsi les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle est fondée et est par suite suffisamment motivée.

18. En second lieu, la décision de retrait de six points relative à l'infraction du 17 août 2014 pour laquelle M. C a été condamné par le tribunal de police de Tour n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégale, le requérant n'est pas fondé à invoquer le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision référencée " 48SI " portant invalidation de son permis de conduire.

19. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48SI " en date du 9 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de

M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

22. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. C la somme de 2 000 euros qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

23. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant aux rejets de conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute pour cette autorité ministérielle d'avoir présenté de telles conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

S. B

La greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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