jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009570 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 novembre 2020, 1er octobre 2022 et 23 octobre 2022, Mme B C, représentée par Me Rousseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2020 par laquelle le président du syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique a refusé de l'indemniser au titre de ses jours de congés restant à prendre et des heures supplémentaires effectuées et non encore rémunérées ;
2°) de condamner le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce que le syndicat se fonde sur le décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires, applicable aux seuls agents de la fonction publique de l'Etat ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que les nombreuses missions qui lui étaient confiées ainsi que le manque d'effectifs l'ont conduit nécessairement, et même sans demande en ce sens, à effectuer des heures supplémentaires pour remplir ses missions ;
- elle est fondée à obtenir réparation de ses préjudices patrimonial, à hauteur de 4 000 euros, et moral, à hauteur de 1 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 mars 2021 et 22 octobre 2022, le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique, représenté par son président en exercice et par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les jours de congés restant à prendre lui ayant été accordés, il n'y a plus lieu de statuer sur cette décision ;
- les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture d'instruction a été reportée au 25 novembre 2022 à 12 h 00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2100231 du tribunal administratif de Melun du 26 janvier 2021.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ;
- le décret n° 2016-201 du 26 février 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour Mme C a été enregistrée le 23 avril 2023.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Millet, substituant Me Rousseau, représentant Mme C, et de Me Bertrand, représentant le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, agent non titulaire, a été recrutée à compter du 10 octobre 2017 par le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique, sous couvert d'un contrat à durée déterminée de trois ans, sur un poste d'ingénieur, dans le cadre des travaux de déploiement de la fibre optique dans le département de Seine-et-Marne. Au terme de son contrat, le 13 août 2020, Mme C a refusé la proposition de son renouvellement, adressée par le syndicat mixte le 3 août précédent. Par un courrier du 31 août 2020, Mme C a sollicité de la part du syndicat mixte l'indemnisation de ses jours de congés restant à prendre ainsi que des heures supplémentaires effectuées. Par une décision du 22 septembre 2020, le syndicat mixte a fait droit à la première et rejeté sa demande tendant à l'indemnisation des heures supplémentaires effectuées.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Au regard des moyens invoqués et des considérations qu'elle fait valoir, Mme C doit être regardée comme sollicitant l'annulation de la décision du 22 décembre 2020 en tant uniquement que le président du syndicat mixte a rejeté sa demande d'indemnisation des heures supplémentaires effectuées.
3. Par conséquent, et alors même qu'il est constant que par le courrier précité, le président du syndicat mixte n'a pas, par la décision litigieuse, opposé de refus à la demande de Mme C tendant à la pose de son reliquat de jours de congés avant son départ, cette circonstance n'a pas eu pour effet de priver d'objet le présent litige, portant sur la demande de Mme C d'indemnisation d'heures supplémentaires. Au surplus, la circonstance, alléguée par Mme C, que le retard pris par son responsable hiérarchique dans la validation de ses jours de congés a entraîné la perte du bénéfice d'une journée est sans incidence sur le bien-fondé de sa demande. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu opposée par le syndicat mixte doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Il résulte de ses termes mêmes que la décision attaquée mentionne les textes applicables à la situation de Mme C, notamment ainsi que l'ensemble des considérations de fait, permettant d'en comprendre les fondements. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail applicables aux agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant sont déterminées dans les conditions prévues par le décret du 25 août 2000 () ". Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires : " Les personnels civils de l'Etat et de leurs établissements publics à caractère administratif peuvent percevoir des indemnités horaires pour travaux supplémentaires dans les conditions et suivant les modalités fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " I. - 1° Les indemnités horaires pour travaux supplémentaires peuvent être versées, dès lors qu'ils exercent des fonctions ou appartiennent à des corps, grades ou emplois dont les missions impliquent la réalisation effective d'heures supplémentaires, aux fonctionnaires de catégorie C et aux fonctionnaires de catégorie B. / () ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Pour l'application du présent décret et conformément aux dispositions du décret du 25 août 2000 susvisé, sont considérées comme heures supplémentaires les heures effectuées à la demande du chef de service dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1er du décret du 26 février 2016 portant statut particulier du cadre d'emploi des ingénieurs territoriaux : " Les ingénieurs territoriaux constituent un cadre d'emplois scientifique et technique de catégorie A au sens de l'article 5 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. / () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que les dispositions précitées du décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires ont été rendues applicables aux agents territoriaux du syndicat mixte, eu égard aux dispositions issues du point 3 du règlement intérieur du temps de travail et des congés du personnel du syndicat mixte, versé aux débats, lesquelles en reprennent la teneur en ce qui concerne les heures supplémentaires. Il résulte toutefois de la lecture combinée des dispositions de l'article 2 du décret du 14 janvier 2002 précité et de l'article 1er du décret du 26 février 2016 précité, et ainsi que le fait valoir le syndicat mixte dans la décision attaquée et dans ses écritures, que Mme C, recrutée sur un poste relevant d'un cadre d'emploi de catégorie A, n'entrait pas dans le champ d'application du décret du 14 janvier 2002 ouvrant droit à indemnisation des heures supplémentaires effectuées. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le président du syndicat mixte n'a pas commis d'erreur de droit.
9. En dernier lieu, la circulaire de la ministre de la fonction publique du 31 mars 2017 relative à l'application des règles en matière de temps de travail dans les trois versants de la fonction publique précise, dans son point 1.4, que " " 1.4 Les heures supplémentaires / Sont considérées comme des heures supplémentaires celles effectuées, à la demande du chef de service, en dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. / Il est rappelé que les heures supplémentaires ne peuvent être déclenchées que sur demande du supérieur hiérarchique et dans le respect de la réglementation nationale et européenne sur la durée maximale du travail. / Il appartient au chef de service de formaliser sa demande auprès de chacun de ses collaborateurs pour que les heures effectuées soient considérées comme des heures supplémentaires et de veiller au décompte des horaires des agents ".
10. Si Mme C fait valoir le dépassement des plages horaires à hauteur de 163,39 heures, résultant de la charge de travail excessive et des objectifs irréalistes pesant sur elle, elle ne précise pas le fondement juridique de sa demande et, en tout état de cause, ne produit au débat aucun justificatif permettant d'établir que les heures supplémentaires en cause auraient résulté des nécessités du service, notamment d'une demande de ses responsables hiérarchiques ou de leur validation. Par conséquent, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision contestée doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. En l'absence de toute illégalité fautive entachant la décision attaquée, la responsabilité du syndicat mixte ne saurait être engagée à l'égard de Mme C, de sorte que l'ensemble de ses conclusions indemnitaires ne peut qu'être rejeté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions présentées par Mme C doit être rejeté ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme C, partie perdante, une somme de 50 euros au titre des frais exposés par le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera au syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique une somme de 50 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 mai 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026