jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009607 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 novembre 2020 et 5 juin 2023, la société Drouet (SAS), représentée par Me Guillaumin, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2010 au 30 avril 2013, à hauteur de la somme de 697 988 euros demeurant à sa charge.
Elle soutient que :
- elle est fondée à obtenir la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée dès lors que ces rappels ont pour origine l'escroquerie dont elle a été victime et les agissements de son ancien directeur administratif et financier ;
- ce dernier a été condamné par le tribunal correctionnel de Meaux pour des faits de blanchiment et d'escroquerie en bande organisée et condamné à lui verser des dommages-intérêts au titre du préjudice matériel subi ; ces sommes ne lui ont toutefois pas été versées ;
- l'absence de paiement de la taxe sur la valeur ajoutée relève d'un cas de force majeure ;
- elle n'a jamais appréhendé la taxe collectée en raison de la fraude commise ;
- elle se trouve dans l'incapacité financière de payer les rappels de taxe réclamés.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 3 mai 2021 et 12 juin 2023, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (SAS) Drouet, qui exerce une activité de travaux de maçonnerie générale et de gros-œuvre de bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2012, étendue jusqu'au 30 avril 2013 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue des opérations de contrôle, l'administration lui a notifié, selon la procédure de rectification contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée assortis des intérêts de retard et de la majoration pour manquement délibéré de l'article 1729 du code général des impôts, par une proposition de rectification du 17 décembre 2013. La société a formulé ses observations par un courrier du 14 février 2014, dans lequel elle a expressément accepté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui avaient été notifiés, et sollicité un entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur. Ce dernier a conclu, le 5 juin 2014, au maintien des rehaussements proposés en droits et abandonné la majoration de 40% pour manquement délibéré. La société a ensuite sollicité un entretien avec l'interlocuteur départemental, qui a maintenu les rectifications proposées, le 24 septembre 2014. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis en recouvrement le 16 décembre 2016, à hauteur des sommes de 1 009 049 euros et 117 902 euros en pénalités. Par une décision du 13 novembre 2018, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement des intérêts de retard. Puis, faisant une " application mesurée de la loi fiscale ", elle a diminué les montants de taxe sur la valeur ajoutée, et prononcé un dégrèvement à hauteur de la somme de 311 061 euros, par une décision du 21 janvier 2019. Par la requête susvisée, la société Drouet demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2010 au 30 avril 2013, à hauteur de la somme de 697 988 euros demeurant à sa charge.
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ". Il résulte de l'instruction qu'en réponse à la proposition de rectification en date du 17 décembre 2013, la société Drouet a formulé des observations par un courrier en date du 14 février 2014 dans lequel elle a expressément accepté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui avaient été notifiés. Par suite, la requérante supporte la charge de la preuve du caractère exagéré de ces impositions, en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales.
3. L'administration a soumis à la taxe sur la valeur ajoutée le montant résultant de la discordance relevée, au titre de la période litigieuse, entre les montants mentionnés sur les déclarations CA3 de la société requérante et les sommes encaissées de ses clients apparaissant au crédit de ses comptes bancaires. En se bornant à soutenir qu'elle n'a jamais appréhendé les montants rappelés de taxe sur la valeur ajoutée collectée en raison de la fraude commise par son ancien directeur administratif et financier, ensuite condamné, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que cette circonstance constituerait un cas de force majeure, la société Drouet n'apporte pas la preuve de l'exagération des rappels de taxe sur la valeur ajoutée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence / 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives () ".
5. La société Drouet se prévaut, dans ses écritures, de ses difficultés financières et le détournement de fonds dont elle a victime. Si elle peut être regardée, à ce titre, comme demandant la remise gracieuse des rappels contestés, il n'appartient pas au juge de l'impôt de lui-même prononcer de telles mesures gracieuses. En tout état de cause, à supposer que la société ait entendu sollicité de l'administration, dans sa réclamation, une remise gracieuse des impositions demeurant à sa charge, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration fiscale aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder la remise gracieuse de la totalité de sa dette fiscale.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Drouet doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Drouet est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Drouet (SAS) et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé : M. VAN DAËLE
La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026