mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009978 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 décembre 2020 et 28 décembre 2021, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 30 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points, mentionnées sur cette décision 48 SI, intervenues à la suite des infractions constatées les 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 10 septembre 2007, 17 juin 2009, 28 septembre 2009, 21 juillet 2010, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 21 février 2014, 30 mars 2014, 26 février 2015, 31 mars 2015, 29 janvier 2015, 14 septembre 2015, 28 juillet 2016, 17 février 2018, 17 mars 2019, 26 mai 2020, 6 août 2020 et 11 janvier 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5°) de rejeter la demande de l'Etat présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les informations requises par l'article L. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement aux décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les points retirés consécutivement aux infractions relevées les 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 17 juin 2009, 28 septembre 2009, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 30 mars 2014 et 31 mars 2015 ont été restitués au requérant ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a commis les 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 10 septembre 2007, 17 juin 2009, 28 septembre 2009, 21 juillet 2010, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 21 février 2014, 30 mars 2014, 26 février 2015, 31 mars 2015, 29 janvier 2015, 14 septembre 2015, 28 juillet 2016, 17 février 2018, 17 mars 2019, 26 mai 2020, 6 août 2020 et 11 janvier 2020, différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de quarante-deux points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " en date du 30 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points consécutives à ces infractions, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. M. A demande l'annulation
de cette décision 48 SI ainsi que des décisions de retrait de point mentionnées dans cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte des pièces du dossier, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de l'intéressé édité le 18 août 2021, que les points retirés à la suite des infractions constatées les 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 10 septembre 2007, 17 juin 2009, 28 septembre 2009, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 30 mars 2014,
31 mars 2015 ont été recrédités sur le permis de conduire de M. A. Par suite, les conclusions relatives à ces retraits de points sont devenues sans objet et il n y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Sur le surplus des conclusions :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
En ce qui concerne les infractions constatées les 26 février 2015, 17 mars 2019, 26 mai 2020 et 6 août 2020 :
4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un outil dédié ou par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
5. Il ressort des mentions " AF " portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A, que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant aux infractions constatées les 17 mars 2019, 26 mai 2020 et 6 août 2020
par procès-verbaux électroniques et le 26 février 2015 par radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de ces infractions doit être écarté.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 21 févier 2014 :
6. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. En outre, qu'avant même que ces mentions aient été rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
7. Le ministre de l'intérieur produit une attestation du trésorier principal du contrôle automatisé relative à l'encaissement le 12 juin 2015 de l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction du 21 février 2014 relevée par radar automatique. Dans ces conditions, M. A ne peut qu'avoir été rendu destinataire de l'avis d'amende forfaitaire majorée préalablement au paiement de cette amende. Il s'ensuit que l'administration justifie, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis à cette occasion, que celui-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, avoir satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement au paiement de cette amende.
En ce qui concerne les infractions relevées les 14 septembre 2015, 17 février 2018 et 11 janvier 2020 :
8. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté
du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3
et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
10. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que les infractions des 17 février 2018 et 11 janvier 2020 ont été constatées au moyen de procès-verbaux électroniques dématérialisés et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur, d'une part, que le requérant a refusé de signer les procès-verbaux électroniques relatifs à ces deux infractions qui, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, précisent que les contraventions relevées entraînent retrait de points et comportent l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de telles pièces suffit donc à établir que l'intéressé a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 17 février 2018 et 11 janvier 2020 doit être écarté.
11. Par ailleurs, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, que l'infraction du 14 septembre 2015 a été relevée par procès-verbal électronique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Si le procès-verbal électronique versé au dossier par l'administration n'est pas signé par le requérant et ne mentionne pas qu'il aurait refusé de signer, le ministre produit également un bordereau de paiement établi le 24 février 2018 laissant apparaître que l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 14 septembre 2015 a été payée le 16 mars 2016. Il résulte de ce paiement que M. A a été rendu destinataire d'un document l'invitant à régler cette amende forfaitaire majorée. A défaut pour lui de produire le document qui lui a été remis à cette occasion permettant d'établir que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des informations exigées, l'administration doit être regardée comme ayant satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement au paiement de cette amende.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 21 juillet 2010 :
12. Il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles de ses articles A. 37 à A. 37-4, que lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est relevée avec interception du véhicule mais sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, ce dernier utilise un formulaire réunissant, en une même liasse autocopiante, le procès-verbal conservé par le service verbalisateur, une carte de paiement matériellement indispensable pour procéder au règlement de l'amende et l'avis de contravention, également remis au contrevenant pour servir de justificatif du paiement ultérieur, qui comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
13. Dès lors que le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un formulaire conforme à ce modèle et dont il est établi, notamment par les mentions portées sur le relevé d'information intégral, qu'il a payé l'amende forfaitaire correspondant à cette infraction a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
14. En l'espèce, M. A soutient sans être contredit que l'infraction du 21 juillet 2010 a été verbalisée après interception du véhicule. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégrale du requérant que ce dernier s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire relative à cette infraction le 10 décembre 2010. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme ayant nécessairement été destinataire des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure ayant entaché les décisions de retraits de points consécutif à ces infractions doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions relevées les 29 janvier 2015 et 28 juillet 2016 :
15. Il résulte du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A que les infractions du 29 janvier 2015 et du 28 juillet 2016 ont été relevées par radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. L'administration n'apporte aucun élément de nature à justifier que M. A se serait acquitté de ces deux amendes forfaitaires majorées ou se serait vu régulièrement notifier, à l'occasion de la commission de chacune des infractions en cause, un avis de contravention ou un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des mentions requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre fait valoir que l'excès de vitesse inférieur à 20 km/h constaté le 29 janvier 2015 et le non-respect d'un feu rouge fixe ou clignotant commis le 28 juillet 2016 sont de même nature que de précédentes infractions à l'occasion desquelles le requérant doit être regardé comme ayant reçu l'intégralité des informations préalables requises, il est constant, ainsi qu'il vient d'être dit qu'aucune preuve n'est apportée devant le tribunal de ce que les informations mentionnées au point 1, notamment celles relatives à la qualification des infractions constatées, ont été portées à la connaissance de M. A lors de la constatation, en dehors de sa présence, des infractions des 29 janvier 2015 et 28 juillet 2016. Par suite, même s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé doit être regardé comme ayant bénéficié, à l'occasion d'autres infractions récentes de même nature, des informations légalement requises, M. A a été privé de la garantie prévue par la loi et les retraits de points afférent aux deux infractions en litige sont entachés d'illégalité, faute que soit établie la délivrance de l'information légalement requise sur la qualification de ces deux infractions.
16. Il résulte de tout ce qui précède que seules les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 29 janvier 2015 et 28 juillet 2016 doivent être annulées. Compte tenu des points relatifs aux infractions des 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 10 septembre 2007, 17 juin 2006, 28 septembre 2009, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 30 mars 2014, 31 mars 2015, qui ont été recrédités sur le permis de conduire de M. A et des points affectés à la suite de stages de récupération de points, le capital de points du permis de conduire de M. A n'était pas nul à la date de la décision 48 SI du 30 octobre 2020 invalidant le permis de conduire du requérant, qui doit par suite être également annulée. Ces annulations impliquent nécessairement, d'une part, que l'administration reconnaisse à M. A le bénéfice des points illégalement retirés dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières, d'autre part que le ministre de l'intérieur et des outre-mer prenne toutes mesures utiles pour que le titre de conduite de M. A lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à ces mesures dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que M. A demande au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative. Le ministre de l'intérieur n'a par ailleurs présenté aucune demande sur ce même fondement de sorte que les conclusions de la requête qui tendant au rejet d'une telle demande ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 25 février 2005, 8 décembre 2006, 9 mai 2008, 10 septembre 2007, 17 juin 2006, 28 septembre 2009, 20 décembre 2011, 23 septembre 2012, 30 mars 2014, 31 mars 2015 ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Article 2 : Les décisions de retrait de points prises consécutivement aux infractions relevées
les 29 janvier 2015 et 28 juillet 2016 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, d'une part, de restituer à M. A les points illégalement retirés par les décisions annulées par l'article 2 ci-dessus, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières, d'autre part, de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite de M. A lui soit restitué, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution, le tout dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente du tribunal,
C. CLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026