jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009979 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CRECY NICOLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 décembre 2020, 8 mars 2021 et 7 février 2022, M. B A, représenté par Me Crécy, demande au tribunal en l'état de ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré six points de son permis de conduire à la suite d'une infraction relevée le 15 novembre 2017 sur le territoire de la commune de Veigne ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer ces six points ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en l'état de ses dernières écritures, que l'infraction commise le 15 novembre 2017 à Veigne ne pouvait donner lieu à une décision de retrait de points dès lors que la condamnation rendue par le tribunal de police de Meaux n'est pas devenue définitive.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 mars 2021 et 4 février 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente du tribunal a désigné M. L'hirondel, vice-président, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'hirondel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis les 11 juin 2012, 13 mai 2012, 25 mai 2014, 12 septembre 2015, 15 novembre 2017, 30 mars 2018 et 19 novembre 2019 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de seize points sur son permis de conduire. A la suite d'une nouvelle infraction commise le 23 novembre 2019, le ministre de l'intérieur, par une décision référencée " 48 SI " du 6 novembre 2020, a retiré quatre nouveaux points puis, après avoir récapitulé les décisions de retraits de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans la présente instance, M. A a demandé au tribunal d'annuler la décision référencée " 48 SI " et d'enjoindre au ministre de lui restituer dix points correspondant aux retraits effectués à la suite des infractions relevées les 15 novembre 2017 et 23 novembre 2019. Par un mémoire enregistré le 4 février 2022, le ministre de l'intérieur a informé le tribunal, ainsi qu'il résultait du relevé d'information intégral de l'intéressé, que la mention relative à l'infraction du 23 novembre 2019 avait été enlevée de ce relevé, de sorte qu'aucun point ne lui a été retiré pour cette infraction, et que le permis de conduire du requérant disposait ainsi d'un crédit de huit points. Il précisait également que la mention de la décision référencée " 48 SI " du 6 novembre 2020 avait aussi été supprimée, de sorte que cette décision devait être regardée comme également retirée. Dans ces conditions, et en l'état de ses dernières écritures, M. A demande au tribunal d'annuler la seule décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de six points de son permis de conduire consécutivement à l'infraction commise le 15 novembre 2017 à Veigne.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue ". Le quatrième alinéa du même article précise que : " La réalité d'une infraction entraînant retraits de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
3. Il résulte de ces dispositions que la réalité d'une infraction entraînant retraits de points est établie notamment par une condamnation devenue définitive. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral de l'intéressé édité le 3 février 2022, que M. A s'est vu retirer six points de son permis de conduire à la suite d'une condamnation rendue par le tribunal de grande instance de Meaux le 10 septembre 2019 pour excès de vitesse d'au moins 50 km/h. Toutefois, M. A a formé opposition à cette ordonnance pénale le 10 septembre 2019. Si par un jugement rendu le 4 mars 2021, le tribunal de police de Meaux a condamné M. A à une amende de cent euros pour l'infraction commise le 15 novembre 2017, il résulte toutefois des mentions manuscrites de ce jugement produit en défense par le ministre qu'un appel a été interjeté par déclaration au greffe le 5 mars 2021 et qu'un appel incident a été formé le 9 mars 2021. Dans ces conditions, en l'état des pièces du dossier, cette condamnation ne peut être regardée comme définitive, de sorte que la réalité de l'infraction ne peut être établie.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que la décision de retrait consécutif à l'infraction du 15 novembre 2017 qui lui est reprochée est entachée d'illégalité et qu'elle doit, par suite, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'annulation de la décision prise à la suite de l'infraction commise par M. A le 15 novembre 2017 implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de 12 points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer qu'il rétablisse les six points retirés à la suite de cette infraction dans la limite maximum du capital de points égal à douze, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Pour l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de six points sur le permis de conduite de M. A à la suite à l'infraction relevée le 15 novembre 2017 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les six points illégalement retirés par la décision annulée à l'article 1er, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de 1'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
M. L'HIRONDEL
La greffière,
G. AUMOND
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2009979
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026