mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010449 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | SCP ABCG - ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2020, M B A, représenté par Me Grébille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 30 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 30 août 2009, 28 janvier 2010, 26 juillet 2012, 3 août 2013, 27 août 2015, 18 février 2018, 6 mai 2018, 3 décembre 2019, 22 janvier 2019, et 10 janvier 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant le capital de points correspondant aux décisions annulées, sous huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les informations requises par l'article L. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement aux décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 avril 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions relatives aux décisions de retrait de point consécutives aux infractions commises les 2 avril 2006, 15 juin 2008, 14 juin 2009, 30 août 2009, 28 janvier 2010, 3 août 2013 et 27 août 2015 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que les points retirés à la suite des infractions commises les 2 avril 2006, 15 juin 2008, 14 juin 2009, 30 août 2009, 28 janvier 2010, 3 août 2013 et 27 août 2015 ont été restitués et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 5 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions relatives aux infractions des 15 février 2018 et 3 décembre 2019 sont devenues sans objet dès lors qu'il ressort du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur que les points retirés à la suite de ces infractions ont été restitués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 30 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a récapitulé les différentes décisions de retraits de points retirés du permis de conduire de M. A, a constaté un solde de points nul et la perte pour M. A du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. M. A demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de point mentionnées dans cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Aucune des conclusions de la requête n'est dirigée contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 2 avril 2006, 15 juin 2008 et 14 juin 2009 qui ne sont pas visées par la décision 48 SI du 30 octobre 2020 attaquée. Par suite l'exception
de non-lieu à statuer relatives à ces décisions, soulevée par le ministre de l'intérieur, ne peut qu'être écartée.
3. En revanche, il résulte du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A édité le 18 avril 2021 et produit par le ministre de l'intérieur que les points retirés à la suite des infractions des 30 août 2009, 28 janvier 2010, 3 août 2013 et 27 août 2015 ont été recrédités sur le permis de conduire de ce dernier. Par suite, il y a lieu d'accueillir l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions.
4. Par ailleurs, il résulte également du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A édité le 15 avril 2021 et produit par le ministre de l'intérieur que les points retirés à la suite des infractions des 18 février 2018 et 3 décembre 2019 ont été recrédités sur le permis de conduire de ce dernier. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur les autres conclusions :
5. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
En ce qui concerne les décisions de retrait de point consécutives aux infractions commises les 6 mai 2018, 22 janvier 2019 et 10 janvier 2020 :
6. Le paiement, par le contrevenant, de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement que le contrevenant a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration était revêtu de mentions qui permettaient au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il serait procédé au retrait de points et qui portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Par suite, et dès lors qu'il résulte de l'instruction et notamment du bordereau de situation de la trésorerie de Seine-et-Marne du 11mars 2021 et de la trésorerie du Val-de-Marne du 8 mars 2021 versés aux débats que le requérant s'est partiellement acquitté des amendes forfaitaires majorées mises à sa charge au titre des infractions constatées le 6 mai 2018,
le 22 janvier 2019 et le 10 janvier 2020, le moyen tiré de ce que l'intéressé, qui ne conteste pas ces éléments et ne démontre pas que les avis d'amende forfaitaire majorée qu'il a reçus auraient été inexacts ou incomplets, n'a pas bénéficié des informations requises pour ces infractions n'est pas fondé.
En ce qui concerne l'infraction commise le 26 juillet 2012 :
4. Lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire donne lieu au paiement immédiat de l'amende entre les mains de l'agent verbalisateur, le contrevenant se voit remettre, en application de l'article R. 49-2 du code de procédure pénale, une quittance de paiement. Si le modèle de cette quittance comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui doit être regardée comme ayant été délivrée préalablement au paiement de l'amende dès lors que le contrevenant conserve la faculté de renoncer à la modalité du paiement immédiat de l'amende avant de procéder à la signature de la quittance ou, le cas échéant, d'inscrire sur celle-ci une réserve sur les modalités selon lesquelles l'information lui avait été délivrée, il incombe toutefois à l'administration d'apporter la preuve, par la production de la souche de la quittance dépourvue de réserve sur la délivrance de l'information, que celle-ci est bien intervenue préalablement au paiement. La mention, au système national des permis de conduire, du paiement immédiat de l'amende forfaitaire au titre d'une infraction relevée avec interception du véhicule n'est pas, à elle seule, de nature à établir que le titulaire du permis a été destinataire de l'information requise.
8. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral que M. A a fait l'objet
le 26 juillet 2012 d'une verbalisation après interception du véhicule. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral du requérant que ce dernier s'est acquitté le même jour du paiement des amendes forfaitaires relatives à cette infraction. Le ministre de l'intérieur n'apporte toutefois pas la preuve de la délivrance des informations requises lors de ce paiement en se bornant à verser à l'instance des spécimens de quittance et de carte de paiement et d'avis de contravention. Il s'ensuit que la décision de retrait de points afférente à cette infraction est entachée d'un vice substantiel.
9. Il résulte de tout ce qui précède que seule la décision de retrait de deux points consécutives à l'infraction relevée le 26 juillet 2012 doit être annulée. Au vu du relevé d'information versé à l'instance, cette annulation conduit à constater que le solde de points affecté au permis de conduire du requérant n'était pas nul. Il y a donc lieu d'annuler la décision
du 30 octobre 2020 portant invalidation du permis de conduire de M. A.
10. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points prises à la suite de la commission d'autres infractions routières, et que le ministre de l'intérieur prenne toutes mesures utiles pour que le titre de conduite du requérant lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné des retraits de points non pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, faisant obstacle à cette restitution. Il y a donc lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à ces mesures dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que le requérant présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 30 août 2009, 28 janvier 2010, 3 août 2013, 27 août 2015, 18 février 2018 et 3 décembre 2019.
Article 2 : La décision de retrait de point consécutive à l'infraction constatée le 26 juillet 2012 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. A les points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points prises à la suite de la commission d'autres infractions routières et de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite du requérant lui soit restitué, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné des retraits de points non pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, faisant obstacle à cette restitution, le tout dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente du tribunal,
C. CLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026