mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010747 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 décembre 2020 et 8 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes correspondant à la perte de dix trimestres supplémentaires de ses droits à pensions, à sa perte de chance de promotion à la première classe et à la somme de 2 000 euros correspondant aux troubles subis dans ses conditions d'existence et son préjudice moral, avec intérêts de droit capitalisés à compter de la date d'enregistrement de la requête ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il est fondé à solliciter la réparation de son préjudice résultant de l'illégalité du rejet de sa demande de prolongation d'activité compte tenu de l'illégalité de la décision du 11 juillet 2016, de rejet de sa demande de prolongation d'activité ;
- cette illégalité l'a privé d'une chance sérieuse d'obtenir son maintien en activité pendant dix trimestres, il a été privé de la rémunération qu'il aurait perçue pendant sa période de prolongation d'activité, la liquidation anticipée de sa pension de retraite, lui a fait perdre les droits qu'il aurait acquis s'il avait accompli dix trimestres d'activité supplémentaires ;
- cette illégalité lui a causé des troubles dans les conditions d'existence et un préjudice moral d'un montant de 2 000 euros ;
- l'exception de chose jugée s'oppose à ce que l'administration sollicite une substitution de motif quant à la légalité de la décision du 23 juillet 2014.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 septembre et 10 novembre 2021, le Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 décembre 2021 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 modifiée relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- et les conclusions de M. Lacote, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, personnel de direction de l'éducation nationale, est né le 5 août 1947. Par un arrêté ministériel du 27 juin 2012, il a bénéficié d'une prolongation d'activité jusqu'au 6 août 2014, du fait qu'il avait deux enfants mineurs à charge. Il a été placé en congé longue maladie du 31 mai 2011 au 30 mai 2012, puis en congé de longue durée du 31 mai 2012 au 2 mars 2013, ce dernier congé étant prolongé une première fois du 3 mars 2013 au 2 mars 2014, et une seconde fois du 3 mars au 5 août 2014. Le 7 mai 2014, il a sollicité une prolongation d'activité de dix trimestres. Par une décision du 23 juillet 2014, cette demande a été rejetée. Par un jugement du 11 juillet 2016 du tribunal administratif de Melun, la décision du 23 juillet 2014 a été annulée. Par un courrier du 17 novembre 2020, M. B a sollicité la réparation des préjudices qu'il estime avoir subi en raison du refus illégal de sa demande de prolongation d'activité. Par une décision du 21 avril 2021, cette demande a été rejetée. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat en réparation des préjudices qu'il estime avoir subi.
Sur la responsabilité de l'administration :
2. M. B soutient que l'illégalité de la décision du 23 juillet 2014 a été constatée par un jugement, revêtu de l'autorité de chose jugée, du 11 juillet 2016 du tribunal administratif de Melun. Toutefois une telle illégalité ne constitue pas une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, en présence d'un motif, soulevé par l'administration en défense, susceptible de régulariser l'acte, dont la légalité est contestée, et par suite de rompre le lien de causalité entre l'illégalité commise et les préjudices invoqués.
3. Aux termes de l'article 1er -1 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984, issu de l'article 69 de la loi du 21 août 2003 : " Sous réserve des droits au recul des limites d'âge reconnus au titre des dispositions de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, les fonctionnaires dont la durée des services liquidables est inférieure à celle définie à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, lorsqu'ils atteignent les limites d'âge applicables aux corps auxquels ils appartiennent, sur leur demande, sous réserve de l'intérêt du service et de leur aptitude physique, être maintenus en activité. / La prolongation d'activité prévue à l'alinéa précédent ne peut avoir pour effet de maintenir le fonctionnaire concerné en activité au-delà de la durée des services liquidables prévue à l'article L. 13 du même code ni au-delà d'une durée de dix trimestres. / Cette prolongation d'activité est prise en compte au titre de la constitution et de la liquidation du droit à pension ".
4. Il résulte de ces dispositions que le maintien en activité du fonctionnaire au-delà de la limite d'âge du corps auquel il appartient, sur le fondement des dispositions alors en vigueur, ne constitue pas un droit mais une simple faculté laissée à l'appréciation de l'autorité administrative, qui détermine sa position en fonction de l'intérêt du service, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qui exerce sur ce point un contrôle restreint à l'erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de l'instruction que le ministre de l'éducation nationale a demandé à ce que soit substitué au motif initial de sa décision, le motif tiré de l'intérêt du service. Par un arrêté ministériel du 27 juin 2012, M. B a bénéficié d'une prolongation d'activité jusqu'au 6 août 2014. Il ne conteste pas que lors de cette période, il a été placé en congé longue maladie du 31 mai 2011 au 30 mai 2012, puis en congé longue durée du 31 mai 2012 au 2 mars 2014, enfin en congé maladie ordinaire du 3 mars 2014 au 5 août 2014. Si le requérant soutient que ces congés sont la conséquence d'un accident imputable au service, il n'apporte toutefois aucun élément permettant d'étayer cette allégation. En tout état de cause, à supposer même que ces congés soient imputables au service, une telle qualification est sans incidence sur l'appréciation par l'administration du manque de disponibilité du requérant et de l'intérêt du service. Il résulte de l'instruction, qu'à la veille de son départ à la retraite le 6 août 2014, les jours de congé maladie du requérant s'élevaient à 1 150 jours sur la période du 31 mai 2011 au 5 août 2014. Dans ces conditions, l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'une prolongation de l'activité du requérant était contraire à l'intérêt du service, compte tenu de son manque de disponibilité.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 23 juillet 2014 n'est pas entachée d'une illégalité, il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026