Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100410

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2100410
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET NATAF & PLANCHAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus de l’administration fiscale de lui accorder un dégrèvement d’office sur le fondement de l’article R. 211-1 du livre des procédures fiscales. Le tribunal a jugé que cette décision de refus, prise dans le cadre d’un pouvoir purement gracieux, est insusceptible de recours contentieux, rendant la requête irrecevable. Les conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais de justice ont été rejetées par voie de conséquence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2021, M. A B, représenté par Me Planchat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté sa demande en date du 20 novembre 2020 tendant au dégrèvement d'office des rappels de taxe sur les métaux précieux mis à sa charge et de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2011 et des pénalités correspondantes ;

2°) d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de 30 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les poursuites pénales ont succombé devant la Cour d'appel de Reims par arrêt

du 10 décembre 2015 ;

- la décision attaquée méconnaît le principe constitutionnel d'égalité devant les charges publiques.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par courrier du 10 juillet 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de tiré de l'irrecevabilité de la requête en tant que celle-ci est dirigée contre une décision refusant d'accorder un dégrèvement sur le fondement de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales, laquelle est insusceptible de recours.

Par ordonnance du 10 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jean,

- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, à l'issue de laquelle ont été mis à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2013 et de taxe sur les métaux précieux au titre des années 2011, 2012 et 2013, ainsi qu'une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2011. Par deux jugements du 7 décembre 2017 et du 8 février 2018, confirmés par un arrêt du 20 juin 2018 de la cour administrative d'appel de Paris, le tribunal administratif de Melun a rejeté ses demandes tendant à la décharge de ces impositions. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 13 janvier 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de dégrèvement d'office fondée sur l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales.

2. Aux termes de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " La direction générale des finances publiques ou la direction générale des douanes et droits indirects selon le cas, peut prononcer d'office le dégrèvement ou la restitution d'impositions qui n'étaient pas dues, jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle le délai de réclamation a pris fin, ou, en cas d'instance devant les tribunaux, celle au cours de laquelle la décision intervenue a été notifiée () ". La décision de l'administration de faire usage du pouvoir que lui confèrent les dispositions précitées de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales revêt un caractère purement gracieux. Il en résulte que le refus d'accorder un dégrèvement sur le fondement de ces dispositions est insusceptible de recours. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également les conclusions du requérant à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé : A. Jean Le président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,