mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100679 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARENTS-TRENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2021, M. B C, représenté par la SCP Arents, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 octobre 2020 par laquelle la présidente de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a rejeté son recours dirigé contre l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 10 613,16 euros pour la période de janvier 2017 à janvier 2020 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme ;
- les sommes réclamées sont prescrites ;
- la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors qu'il n'a commis aucune fraude ;
- il occupait bien le logement en question contrairement à ce qu'a retenu la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2021, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Le 27 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en ce que c'est le directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne et non la commission de recours amiable qui devait prendre la décision attaquée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme A a été entendu et les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est allocataire de l'aide personnalisée au logement. A la suite de la transmission par le commissariat de Villeparisis d'un procès-verbal en date du
27 septembre 2019 dans lequel la personne interrogée précise qu'elle sous-loue l'appartement de M. C et que celui-ci n'y réside pas depuis six ans, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a procédé à la régularisation du dossier allocataire de ce dernier et lui a notifié un indu de 10 613,16 euros au titre de la période de janvier 2017 à janvier 2020. L'intéressé a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté le 7 octobre 2020 par la présidente de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne après avis de la commission de recours amiable du 1er octobre 2020. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 7 octobre 2020.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la caisse d'allocations familiales de
Seine-et-Marne :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il résulte de la combinaison de l'article 38, du premier alinéa de l'article 56 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et du deuxième alinéa de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle.
4. La caisse d'allocation familiale de Seine-et-Marne fait valoir que la décision attaquée a été notifiée le 16 octobre 2020 et ce dernier avait jusqu'au 17 décembre 2020 pour introduire son recours. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C a introduit une demande d'aide juridictionnelle le 29 octobre 2020. Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 novembre 2020. La requête ayant été introduite le 22 janvier 2021, soit dans les délais mentionnés ci-dessus, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir soulevée par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne et tirée de la tardivité de la requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Il résulte de ces dispositions que le directeur de l'organisme payeur est seul compétent pour statuer sur les contestations des décisions prises au titre de l'aide personnalisée au logement, même s'il est tenu de saisir préalablement pour avis la commission de recours amiable.
6. En l'espèce, la décision du 7 octobre 2020 de la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne mentionne que : " L'autorité compétente, conformément à l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation, après examen de votre dossier et avis de la commission de recours amiable réunie le 01/10/2020, vous notifie la décision ci-jointe ". Le document joint à cette décision constitue l'avis défavorable de la commission de recours amiable.
7. En se bornant ainsi à renvoyer à l'analyse faite par la commission de recours amiable, sans s'en approprier les termes et sans avoir procédé elle-même à un examen de la situation de M. C, la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne n'a pas exercé la compétence qu'elle tient des dispositions précitées de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation. La décision attaquée a donc été prise par une autorité incompétente pour en connaître.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur les moyens de la requête au demeurant non fondés, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a rejeté son recours daté du 2 juin 2020 présenté contre la décision de récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant total de 10 613 euros pour la période de janvier 2017 à janvier 2020.
9. En revanche, en l'absence de titre exécutoire émis à l'encontre du requérant, ce dernier n'est pas fondé à demander la décharge de l'obligation de payer l'indu d'aide personnalisée au logement qui lui a été réclamé.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 octobre 2020 de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre délégué à la ville et au logement.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La rapporteure,
M. Potin
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
A. Starzynski
La République mande et ordonne au ministre délégué à la ville et au logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026